RACHITISME
Enfin il existe des nodosités ou nouures à Timion des côtes et des cartilages costaux [chapelet costal).
Os du bassin. — Le bassin est souvent rétréci et présente dans ses diamètres des inodilicalions qui persistent à l'âge adulte et seront chez la femme une cause importante de dystocie.
Os des membres. — Ils présentent des tuméfactions épipliysaires ou nouures (enfants noués), surtout apparentes aux poignets, aux genoux, aux cous-de-[)ied, et des courbures anormales.
Aux membres supérieurs, il y a, chez les enfants qui se traînent sur les mains, exagération de la torsion humérale, incurvation des os de Tavant-bras à concavité antérieure.
Aux membres inférieurs, les fémurs, les os des jambes présentent une convexité antérieure, le tibia a la forme d'une lame de sabre. 11 y a genu vanim ou genu valgum.
Les déformations racliiti<|ues peuvent atteindre des degrés variables. On distingue lia])ituellement : \° un rachitisme léger, caractérisé par le retard de la marche, de Téruption dentaire, de la fermeture des fontanelles, le chapelet costal; 'i" un rachitisme moyen, qui présente les mêmes symptômes et de plus des nouures et des déformations des os des membres; 3" un rachitisme grave, dans lequel les déformations sont très marquées et déterminent une véritable impotence (rachitisme chirurgical).
Troubles généraux et organiques. — Les déformations du squelette ne constituent pas tout le rachitisme. 11 s'y associe des troubles de la nutrition et du fonctionnement des principaux organes.
Suivant les cas. les troubles de nutrition conduisent à Tamaigrissement ou à Tobésité : rachitiques maigres, rachititpies gras.
Il y a des troubles gastro-intestinaux : appétit irrégulier, augmenté ou diminué; constipation avec selles blanches, fétides, mastic, ou diarrhée rebelle, l'une et lautre alternant souvent. Le ventre est gros, mou, pâteux ou météorisé. Le foie est souvent tuméfié et son activité est amoindrie, comme le montre la fréquence de la glycosurie alimentaire (Nobécourt).
Les enfants sont faibli's. jieu actifs, souvent maussades. Leur intelligence est normale.
Les poumons conqtrimés peuvent être gênés dans leur fonctionnement, d'où la fréquence de la bronchite chronique (]). 301), de l'emphysème ("p. 348) et de la dilatation du cœur droit (p. 398).
NoBKCouRT — Précis fie méderinc infantile. 35
L anémie est fréquente (p. 486) et jteut saccompagner de splénomégalie (p. 490'.
Terminaisons. — Le rachitisme dans ses formes légères peut guérir; du fait de la croissance les déformations se corrigent plus ou moins. Dans les formes moyennes et giaves, les déformations persistent indélîniment .
Complications. — Le rachilique est expo.sé aux infections broncho-pulinonaires, à la tuberculose, aux troubles cardiaques (asyslolie).
On a noté la fréquence des convulsions et du laryugospasme (p. 296). Les rapports avec la tétanie sont discutés (p. 632).
Enfin, au niveau des os, il peut se produire des fractures ou des décollements épiphysaires, cause des pseudo-paralysies rachitiques.
Formes rares. — On a décrit un rachitisme aigu ou hémorrat/iguc. qui n'est autre que le scorbut infantile (p. 50oi, un rarhitisme intra-utérin ou congénital.
Quant au rachitisme tardif., rachitisme des adolescents, il réalise des déviations vertébrales (scoliose des adolescents) ou des genoux genuvalgum).
Anatomie pathologique. — Lésions des os. — Au niveau des épipliyses des os longs, qui sont volumineuses, le cartilage juxtaépiphysaire est augmenté de hauteur: il reste à Tétat de tissu cliondroïde et de tissu spongoïde, sans aboutir au tissu osseux définitif. Au niveau de la diaphyse, le canal médullaire est rétréci, le tissu ostéoïde sous-périostique est épaissi vers la convexité de Tos incurvé.
Les sels de chaux constituent 20 0/0 de Tos, au lieu de 60 0/0.
Lésions des organes. — Elles dépendent des maladies causales; ce sont en particulier celles que Ton trouve dans les formes subaiguës et chroniques des dyspepsies et toxi-infeclions des nourrissons; elle portent sur le tube digestif, le foie, les reins, le pancréas (p. 124 et 125), la rate, la moelle osseuse.
Diagnostic. — Le diagnostic s'impose généralement par le seul examen de l'enfant ; il peut être délicat dans les formes b'gères et au dt-but.
On ne confondra jia.N lagibbu^ilc racliiti(iue à grand rayon avec la gibbosité anguleuse du mal de Pott, le rachitisme crânien avec riivdro<('plialie (p. 601). l'i'ii^riiililc des déforiiiatioiis avecraclHindinplasif (p. oal), etc.
RHUMATISME AKTICULAIRE CHRONIQL'E PROGRESSIF 547
Chez quel(iiies enfants, on sera amené, par lexislence de certains s\ n)[(tômes. à reconnaître la coexistence de rhérédo-syjihilis.
Traitement. — La prophylaxie consistera dans une alimentation régulière et le traitement des troubles gastro-intestinaux.
Le traitement comiirendra des règles d'hygiène générale ; une alimentation appropriée à Tàge de lenfant, riche en phosphates (haricots, lentilles, etc.); le séjour prolongé au bord de la mer et la thalassothéra[iie (bains d'eau de mer chauds, jiuis tièdes. et, après 0 ans, bains dans la mer), dont Taction est remarquable: les cures theimales aux eaux chlorurées sodiques (Salies-de-Béarn, Salins-du-Jura, etc.). A défaut, ou prescrira les bains salés, les lotions froides, les frictions, etc.
Comme médicaments, ou conseillera l'huile de foie de morue, le phosphate de chaux sous ses différentes formes, la lécithine, le phosphore (Kassowitz), ce dernier peu employé en France.
Enfin, ou pourra avoir recours, pour modifier les déformations osseuses trop accentuées, aux interventions chirurgicales.
lit. — RHUMATISME ARTICULAIRE CHRONIQUE PROGRESSIF
Le rhumatisme articulaire chronique progressif on rhumatisme noueux, bien qu'il s'observe surtout chez l'adulte et le vieillard, est loin d'être exceptionnel chez l'enfant.
Étiologie. — Il n'existe pas avant "i ans et est surtout fréquent après 10 ans. Comme à Tàge adulte, il atteint plus souvent le sexe féminin.
Parfois on note l'hérédité similaire ou dissemblable : celle-ci est riiérédité neuro-arthritique et peut être plus encore l'hérédité tuberculeuse.
Ha])ituellemenl il s'agit d'enfants de la classe pauvre soumis à de mauvaises conditions hygiéniques, habitant des logements humides, mal aérés.
Gomme causes déterminantes, dont le rôle est encore mal élucidé, on peut invoquci' :
1" Les INFECTIONS : la scarlatine, peut-être la blennorrhagie, surtout la tuberculose. Le rôle de la tuberculose parait devoir être spécialement mis en relief, bien que les faits observés l'aient été princi|)alement chez l'adulte : la tuberculose est un facteur plus
important que Tarthritisme (Charcot, Bouchard, Guéneau de Mussy) ; il uesl jias rare de noter la coexistence de manifestations tuberculeuses, adénopathies, tumeur blanche (Charcot); le rhumatisme tuberculeux pt'iit lovrlii- les caractères du rhumatisme noueux (Poucet i.
2° Les AUTO-INTOXICATIONS. — Daus certains cas on ne trouve d'autre cause que la dilatation de restomac, la dyspepsie gastrointestinale chronique (Hutinel).
Anatomie pathologique. — Elle a été peu étudiée. Dans un cas Delcûurt les cartilages étaient sains, la capsule articulaire, les tissus péri-articulaires, les épiphyses étaient épaissis. La radiograpliif a établi dans quelques cas Tétat normal des épiphyses.
Symptômes. — Le début est insidieux, progressif, entrecoupé de poussées aiguës passagères; l'enfant accuse des douleurs vagues, de la raideur dans les arficulafions. qui se déforment peu à peu.
Le processus envahit successivement et dune façon symétrique les petites articulations des doigts, des orteils, de la main, du pied, du poignet, puis celles du genou, des coudes, etc., parfois les articulations de la colonne cervicale.
Les déformations sont celles décrites par Charcot chez l'adulte. Les doigts paraissent effilés par suite de Félargissement des articula tions. particulièrement des articulations phalango-phalangiennes ; leur axe est dévié suivant le tvjie d'extension ou celui de tlexion (main en griffe). Dans les grosses articulations, celles des genoux notamment, on note souvent de Ihydarthrose. En même temps les articulations fleviennent raides, il se produit des rétractions temlineuses, des atrophies musculaires. Finalement, dans les cas extrêmes, l'enfant ne i)eut plus marcher ni se servir de ses mains. Cependant l'évolution n'est pas toujours aussi fatalement progressive: la maladie peut s'arrêter ou régresser.
Diagnostic. — Le diagnostic s'impose au bout d'un certain temjis.
Pronostic. — Il est sérieux à cause des conséquences de l'affeclinii au point de vue lonctinnnel et ilu peu delticacité du IraiteiiH'iit.
Traitement. — • On suiimctlra rcalant a une bonne hygiène et à une alimentation reconstituante; on tiendra compte de l'état du tube digestif, dans les cas où celui-ci est malade.
On |irescrira l'huile de biif de morue (irancher). les iodiires.
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l'iode. Tarsenic, pondant longliMiips et en alternant ces. divers médicaments.
On ordonnera la révulsion locale avec la teinture d'iode ou les pointes de l'eu, le massage et l'éleclrisation des muscles.
On pourra employer les bains d'arséniale de potasse (Guéneau de Mussy), les bains salés.
On enverra les malades aux stations thermales chaudes, chlorurées, sulfureuses, arsenicales iBourboune, Bourbon-Lancy, Aix, Ludion, Barèges, etc.).