I. — IDIOTIE
L'idiotie est caractérisée par un développement psychique inférieur à la normale, qui peut se présenter à des degrés variables. Elle constitue, non pas une maladie, mais un symptôme, lié à des altérations variables de Tencéphale, qui n'ont rien de pathognomonique. Elle a donné lieu à de nombreux travaux, notamment de la part de Bourneville et de ses élèves, de Sollier, de J. Voisin, de Schiile, de Griesinger, etc.
Anatomie pathologique. Étiologie. — Les lésions constatées aux autojjsies sont complexes et généralement associées. Ce sont : Vhyperlrophie du cerveau, qui est rare, des arrêts de développement plus ou moins étendus, atteignant principalement les circonvolutions frontales et occipitales, des scléroses cérébrales tubéreuses ou atrophiques (p, 584), des kystes, de la porencéphalie (p. 586), de \ hydrocéphalie (p. 600), de la méningite chronique.
Les causes sont toutes celles capables de déterminer ces altérations anatomiques. Ce sont notamment : {"hérédité nerveuse (folie, hystérie, épilepsie, paralysie générale, etc., des ascendants), Vhérédité alcoolique, notée dans environ 50 p. lOt) des cas, Vhérédité syphilitique; les traumatismes^ les émotions, les maladies de la mère pendant la grossesse ; V accouchement anormal (longueur de raccouchement, application du forceps, etc.); — les coups et chutes sur la tète, les maladies infectieuses de l'enfant, les altérations du corps thyroïde.
Les garçons sont plus souvent atteints d'idiotie que les filles.
Symptômes. — L'idiotie se traduit par des troubles psychiques et par des troubles somatiquos. Les uns et les autres sont éminemment variables et par leur grou[iement contribuent à réaliser un certain nombre de types cliniques.
A. Troubles psychiquks. — Les troubles psychiques constituent la caractéristique dé l'idiotie. Ils se manifestent dès les premiers temps de la vie, au cas d'idiotie congénitale, plus ou moins tardivement, quand elle résulte de lésions acquises : l'enfant tête mal, pousse des cris persistants sans cause appréciable, ne s'intéresse pas au monde extérieur, semble ne pas voir et ne pas entendre, reste inerte. Ils s'accusent avec Tàge, et l'arrêt de développement
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de rintelligence devient de plus en plus manifeste. Ils sont plus ou moins profonds et, suivant leur intensité, on peut distinguer cliuiquenient 3 degrés principaux, présentant d'ailleurs entre eux des transitions insensibles : 1° Tidiotie proprement dite; 2° Timbécillité; 3° la débilité mentale.
1° Idiotie proprement dite. — Elle présente des degrés dans larrét du développement psychique. Avec Dagonet, J. Voisin. Chaslin et Rousseau, on peut distinguer :
a. V idiotie complète, absolue, incurable, qui est congénitale ou acquise.
a. Dans l'idiotie conrjénilale., à son degré le plus extrême, Tenfant ne possède même pas l'instinct de la conservation, ne sait ni téter ni manger, n'éprouve ni faim ni soif, reste immobile, plongé dans la torpeur, gâte sous lui. A un degré un peu moindre, l'instinct de la conservation existe dans une certaine mesure; Tenfant crie quand il a faim ou soif, reconnaît les aliments, mange avec voracité, éprouve le sentiment de la crainte, présente parfois quebjue émotivité, peut marcher, mais est incapable de se diriger.
^, Dans l'idiotie acquise., due à un arrêt de développement survenu entre 1 et 2 ans, il existe généralement quelques sentiments affectifs et un certain degré d'instinct de la conservation. Les enfants contrastent avec les précédents par leur physionomie parfois agréable et par leur bon état de santé apparent; mais ils sont souvent paralysés ou gâteux.
h. Dans ïidiot'œ incomplète, susceptible d'éducation, qui peut être également congénitale ou acquise, l'enfant manifeste quelques sentiments, la joie, la crainte, laffection pour les personnes de son entourage. 11 peut marcher, fixer son attention, apprendre à lire et à écrire. Son caractère est tantôt doux, tantôt méchant.
2° Imbécillité. — Elle peut être congénitale ou acquise. Elle est caractérisée par Texistence rudimentaire et souvent jiar la perversion des facultés intellectuelles, instinctives ou morales. Schiile ihstingue jikisieurs types d'imbéciles : l'imbécile ordinaire, l'imbécile vaniteux, l'imbécile agité et instal)le.
3° Débilité mentale. — Elle est caractérisée par la faiblesse et le défaut d't'quilibrc des facultés, et présente tous les degrés intermédiaires avec l'état normal.
Les imbéciles et les débiles présentent parfois 1 anèl do développeuient ou la perversion du sentiment altruiste.
B. TiioiMu.Es soMATiQUES. — Ils cousistfnl t'ii amiiiialies de déve-