HYDROCÉPHALIE
Les unes, extra-ventriculaires, interviennent en gênant la circulation dans les sinus veineux, le sinus droit surtout, ou la grande veine de Galien.
Les autres, inlra-ventriculaires, agissent soit en oblitérant les voies de communication entre le liquide venfriculaire et le liquide sous-arachnoïdien. soit et plus haltituellemenf en troublant le ronctiounemenl des plexus cboroïdes, qui sécrètent le liquide intra-vcnlriculaire.
Symptômes. — Le début est généralement insidieux ; il est marqué par raccroisseineut jjrogressif du volume du crâne, précédé parfois par Télat spastique des muscles des extrémités ou par des convulsions.
La maladie constituée est caractérisée par les symptômes suivants.
Augmentation du volume du cuANii. — Elle porte sur tous les diamètres : le Iront est saillant et large, les pariétaux sont rejetés en dehors; la grande circonférence horizontale, qui normalement est de 0 m. 38 à 3 mois, 0 m. 45 à 6 mois, 0 m. 4o à 1 an, 0 m. 49 à 0 ans, 0 m. 51 à 10 ans (Bonifay), atteint 0 m. 60 et i)lus; les fontanelles et les sutures sont élargies, quelquefois fluctuantes. Les veines sous-culanées sont souvent dilatées. Le volume du crâne contraste avec celui de la face resté normal. Les yeux sont rejtoussés en bas par la voûte sus-orbitaire et Tiris est plus ou moins caché derrière la paupière inférieure.
Symptômes nerveux. — Ce sont des convulsions, qui surviennent isolément ou par crises, au moment de poussées aiguës; des contractures des extrémités généralement peu marquées; des paralysies incomplètes et j)artielles, suffisantes cependant pour empêcher la marche, l'hémiplégie, la diplégie; des troubles de la vice, myopie, cécité par névrite optique, strabisme; des troubles de V intelligence, qui varient depuis un simple retard dans le développement jusqu'à Tidiotie.
Symptômes généraux. — La nutrition est souvent mauvaise, la température au-dessous de la normale.
Évolution. — Lhydrocéphalie une fois installée évolue progressivement. Souvent la mort survient dans les premières années du fait d'une maladie intercurrente ou au milieu de crises convulsives. Cependant les hydrocéphales atteignent parfois l'adolescence et l'âge adulte. 11 peut d'ailleurs y avoir arrêt dans le développement de l'hydrocéphalie et soudure des sutures et des fonlanellesi
Formes cliniques. — Vlujdrocéphalie congénitale peut exister à la naissance et être une cause de dystocie; plus souvent elle ne se manifeste qu'après plusieurs semaines ou plusieurs mois. Elle coexiste parfois avec la spina-hifida et peut même n'apparaître qu'après Topération de ce dernier. Elle n'est pas incompatible avec une longue survie.
Les hydrocéphalies aigurs se confondent avec les méningites aiguës ventriculaires. Elles se terminent généralement par la mort, mais peuvent passer à Télat subaigu ou chronique.
Les hydrocéphalies chroniques symptomatiques empruntent une partie de leurs symptômes aux affections dont elles relèvent : tumeurs cérébrales, etc.
Diagnostic. — Le diagnostic de Y hydrocéphalie aiguë est à faire avec la méningite tuberculeuse, l'hémorragie méningée, la }»ldébile des sinus.
Les hydrocéphalies chroniques se reconnaissent à l'augmentation de volume du crâne, facile à différencier de la pseudomacroréphalie rachitique (p. 543), avec ses bosses aplaties; plus difliciie à ne pas se confon(h"e avec Vhypertrophie du cerveau, d'ailleurs exceptionnelle. 11 faut de jdus faire un diagnostic éliologique.
Traitement. — On instituera le traitement de la maladie causale : infections gastro-intestinales, syphilis, etc.
On a conseillé la compression du crâne avec des bandelettes d'emplâtre de Yigo, le calomel, etc. (Gœlis).
La ponction lombaire répétée peut avoir quelques effets favorables, si les ventricules communiquent avec les espaces arachno'idiens. La ponction crânienne au niveau de la grande fontanelle est indiquée au cas de distension extrême ; elle sera pratiquée avec un trocart capillaire.
Le drainage ventriculaire doit être rejeté.