V. — TUMEURS CÉRÉBRALES
Les tumeurs cérélirales sont des ]»roduits pathologiques d'un certain vohime cpii se développent dans l'intérieur de la cavité crànieiiut', qu'elles aient ou non leur origine dans le cerveau. Elles s'observent au moins aussi souvent chez lenlant (|ue chez l'adulte.
TUMEURS GIÎREBRALES 603
Étiologie. Anatomie pathologique. — On i»eiit rencontrer chez reniant toutes les variétés de tumeur observées chez Tadulte, mais avec une fréquence varial)le.
1° Tumeurs neuro-épithéliales. — Ce senties cérébromes, les gliomes, les épithéliomas ectodei-miques, ces derniers exceptionnels à cette période de la vie.
Les cérébromes et les r/linmes sont fréquents dans Fenfance et s'observent même cbez les nouveau-nés. Ce sont des tumeurs congénitales, développées aux dépens des neuroblastes primitifs, qui peuvent rester latentes et n'être découvertes qu'à un âge avancé. On rencontre le plus souvent les cérébromes à cellules nerveuses et les gliomes purs; les cérébromes myéliniques, les cérébromes névrogliques ou neurogliomes, les glio-sarcomes, etc., sont plus rares. Les gliomes purs peuvent siéger dans toutes les parties de l'encéphale, sont uniques ou multiples, ont le volume d'une noisette, d'un œuf de poule, sont de couleur rosée, de consistance molle, très vasculaires, difficilement énucléables; liistologiquement, ils sont constitués jtar des cellules et un réseau de fibrilles névrogliques.
2° Tumeurs conjonctivo-vasculaires. — Elles comprennent les sarcomes, qui sont assez fréquents dans Fenfance, comme les sarcomes en général, les endothéliomes, les lipomes, les myxomes, les fibromes, les angiomes, les oslromes.
3° Tumeurs infectieuses. — Ce sont les abcès enkystés, les gommes syphilitiques, rares dans Fenfance, où elles sont dues à l'hérédo-syphilis, les tubercules.
Les tubercules constituent les plus fréquentes des tumeurs cérébrales chez les enfants à partir de 2 ans. Ils peuvent siéger dans toutes les régions de Fencéphale, soit dans la substance blanche, soit dans la substance grise, mais ont une prédilection très marcjuée pour le cervelet (Rilliet et Rarthez) et ensuite pour les pédoncules cérébraux. Ils ont le volume d'une noisette, d'un œuf, d'une mandarine; ils sont arrondis, à surface lisse ou bosselée, généralement entourés d'une capsule fibreuse; ils sont de coloration grise, jaunâtre et surtout verdàtre, secs, friables, quebjuefois ramollis au centre. On en compte liabituellement un, deux ou trois, souvent plus, jusqu'à quinze ou vingt (Rilliet et Barthez). Les bacilles de Koch sont rares et difficiles à déceler ; on voit des cellules géantes dans les zones péripbériques; les vaisseaux ne pénètrent pas dans leur intérieur. Quand ils sont superficiels, il
peut exister des granulations méningées à leur niveau. Ces tubercules sont souvent primitifs clinifjuement, secondaires en fait à luie tuberculose du [)Oumon ou des ganglions traehéo-broncbiques.
4° Tumeurs kystiques. — Ce sont des kystes dermoides, des kijsles séreux, des /n/stes hémorragiques ^ etc. Les kystes hydatiques, exceptionnels en France, ne sont pas rares en Australie et dans lAmérique du Sud i^Morquio).
5° Tumeurs anévrysmales. — Elles sont très rares dans Tenfance.
6° Tumeurs secondaires à un cancer, à un sarcome d'un autre organe.
Les tumeurs cérébrales déterminent : 1° des compressions et des destructions locales ; â° de la stase veineuse, de Thydrocéplialie (celle-ci particulièrement fréquente chez Tenfant), qui provoque de la compression générale du cerveau; 3" des réactions intlammatoires du voisinage. Ces différents facteurs interviennent dans la pathogénie des symptômes.
Symptômes. — L Symptômes communs aux tumeurs cérébrales EN GÉNÉRAL. — Le Symptôme le plus précoce et le plus constant est la céphalalgie; d'intensité progressivement croissante, elle devient intolérable; elle apparaît par accès, dont le point de départ est en rapport avec le siège de la tumeur; elle s'accompagne en ce même point de douleur à la pression et à la percussion du crâne. Aux accès de céphalalgie s'associent souvent des vertiges, avec ou sans perte de connaissance, des vomissements, se faisant sans efforts, sans troubles digestifs.
On peut observer des attaques convulsives à forme d'épilepsie généralisée ou d'épilepsie jacksonnienne; une hémiplégie ou une monoplégie progressives, d'abord spasmodiques, puis flasques.
Les troubles sensitifs sont fréquents. Ils consistent en hyperesthésies et paresthésies, en troubles de l'odorat (anosmie), de l'ouïe (sifflements, vertiges, surdité), de l'œil. Ces derniers, les plus importants, sont la diplopie passagère, les scotomes, la cécité, surtout la stase papillaire et la papillite œdémateuse, coustatables à rophtalmoscope, et pouvant amener latrophie du nerf optique.
Assez souvent il existe des troubles psychiques : perte de la mémoire, inattention au travail, hébétude, indilTéreuce, torpeur, atonie du regard.
L'hydrocéphalie est fréquente.