VI. — PARALYSIE GENERALE
Je ne iliiai que peu de chose de la paralysie générale chez l'enlant. Bien quelle puisse s'observer dans le jeune âge, c'est en effet surtout une maladie de Tadidle. Cependant, iTaprès Moussons, elle serait plus fréquente ipi'on ne le pense, et le serait davantage, si on lui rattachait, contrairement à Topinion de Bourneville. iKuidire de laits étiquetés méningo-encé[»halites chroniques.
Étiologie. — La paralysie générale n'existe pas avant six ans el se rencontre surtout de rlix à quinze ans : sur 40 cas relevés par Moussons, 5 ont été observés avant dix ans, 3o de dix à quinze ans. Elle frappe également filles et garçons.
Dans les circonstances étiologiques, il faut relever :
1° Uhérédilé nerveuse cl arthritique : hérédité similaire (quelques faits de paralysie gén<,'rale et de tabès chez les ascendants ou chez plusieurs frères el sœurs) et hérédité de transformation (névroses, vésanies, alcoolisme, manifestations arlbrilifjues diez les |tarents).
2° La si/philis, exceptionnellement acquise, habituellement héréditaire : existence de la syphilis chez les ascendants, plui imortalité des enfants, stigmates hérédo-syphilitiques.
Anatomie pathologique. — Les lésions macroscopiques sont les lésions haltituelles de la [lériencéphalo-méniugite chronique diffuse. Il en est de même pour les lésions histologiques, éluiliées dans quelques rares cas.
Symptômes. — Il n'y a pas lieu de distinguer, comme on la fait, une forme infantile et une for)ne juvénile, dont les sym[)tônies se confondent (Moussons). Dans le jeune âge. la maladie revêt certaines particularités.
La jp'riode prodromique ne jirésenle jias les conceptions dédiiaiili'> (délire des grandeurs, délire de persécution, etc.), si caracléristiipies chez l'adulte. On ne note que des modificatims du caractère et de Cintellirjence; l'enfant devient taciturne, inatlentif. perd la uiéuioire; il a de la céphalalgie, de linsomuie. 1) auhes fois le début est brusipie, pai" une uttiiqur épilepli forme nu tij)optlpili forme .
608 MALADIES DE L ENCEPHALE
A la période délai, les Iroubles psi/chiijnes consisleiil en une Jéineuce simple, progressive, avec perte de la mémoire des faits récents et des lieux, qui aboutit à la déchéance intellectuelle complète, sans phénomènes d'excitation. Quant aux signes somaliques, ce peuvent être tous ceux observés chez l'adulte : troubles de la molilité (diminution de la force musculaire, incertitude de la marche, incoordination motrice, tremblement des muscles de la face, des lèvres, de la langue, troubles de la parole et de Técriture) ; troubles des réflexes, qui sont généralement exagérés; troubles oculaires (inégalité et déformation pupillaire, myosis ou mydriase, paresse des réflexes pupillaires, etc.): troubles de la sensibilité difficilement appréciables; vertiges, attaques ai)oj»lectiformes ou épileittiformes. etc.
Il faut noter en outre, comme spéciaux à Tenfauce, Varrêt du développement physique^ le non-développement des organes sexuels.
Terminaison. — La paralysie générale infantile a une évolution progressive, sans rémissions; elle aboutit à la démence complète et à la paralysie. La mort est le fait d'une complication ou de la cachexie. La durée moyenne est de 3 à o ans.
Diagnostic. — Le diagnostic est toujours diflicile. S'il s'agit d'un enfant dégénéré et arriéré, on pense à Vidiotie. Si la maladie survient chez un enfant normal, on la confond habituellement, au début tout au moins, avec Vépilepsie, les tumeurs cérébrales, les méningites, la sgphilis cérébrale.
Traitement. — Les règles générales du traitement de la paralysie générale sont les mêmes chez l'enfant que chez l'adulte. Le rôle de riiérédo-*s\']diilis dans son étiologie légitime rem}doi du traitement mercuriel et ioduré; il ne faudra cependant [)as prolonger trop longtemps, s'il paraît inefficace.