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ANGINES AIGLES NON DIPHTERIQUES

avant 6 ans NicoUe et Héhert . Elles ont une évolution aiguë, subaiguë ou chronique. La lièvre est j)eu intense. Sur les amygdales on voit des membranes ténues, peu étendues. Leur durée est de o à 7 jours.

1° Angines à bacilles fusiformes et à spirilles (Angine de Vincent). — Elles sont assez fréquentes chez lenfant. surtout de 6 à 1:2 ans. Elles correspondent à Tangine ulcéro-membraneuse décrite plus haut fp. 64 1, mais peuvent revêtir la forme membraneuse.

7" Angines à colibacilles, angines à Leptotbrix H. Meunier et Bertherand , angines dues au muguet. — Ce sont des variétés excejttionnelles.

Complications. — Le plus souvent les angines aiguës sont liénignes et évoluent sans complications. Celles-ci cependant ne sont pas rares: elles résultent de la propagation des germes par contiguïté ou par voie lympliatique. de leur dissémination par la voie sanguine, ou de l'action à distance de leurs toxines.

1° La proparjalion de Vinfcction aux muqueuses vohiues détermine des rhinites (p. 40), des otites avec leurs complications fmastoïdites, thrombo-phlébites des sinus de la ilure-mère, méningites), quanti le naso-pharynx est intéressé: des laryngites, des trachéites, des lironchites, des broncho-pneumonies. La laryngite aiguë comphque quelquefois les amygdalites aiguës; on peut observer également l'œdème des replis ary-épiglottiques, ou l'extension des membranes au larynx: il existe un croup non diphtérique à pneumocoques (Netler). à microcoques L. Martin . à staphylocoques et surtout à streptocoques.

La propagation aux voies digestives ou la déglutition des germes avec les sécrétions pharyngées causent des gastrites, des entérites, des ap]iendicites.

'1° L'infectinn des voies li/mphaliques peut aboutir à la suppuration des ganglions, à des adéno-phlegmons sous-maxillaires et cervicaux, rétro- et latéro-pharyugiens. surtout dans les angines à streptocoques et en particulier dans celles de la scarlatine. Les ailéno-phlegmons cervicaux peuvent s'ouvrir au dehors, ulcérer les carotides, provoquer la phlébite jugulaire. Les adéno-phlegmons juxta-pharyngiens. à cause de leur importance, sont étudiés à part (p. 96).

H" La disséminado't des ijermes par la voie sanguine et la toxèmie i)çuvenl causer des endocardites et des péricardites^ ce

qui est rare; Valbumiiiurie, symptôme fréquent au cours des angines comme des autres infections, et des néphrites nettement caractérisées aigus^s ou subaiguës, le plus souvent dues au streptocoque, se rapprochant de celles de la scarlatine et de Térysipèle ; des méningites, des pleurésies, des péritonites, des arthropathies réalisant les différents types des pseudo-rhumatismes infectieux, des érythèmes infectieux, du purpura, parfois des orchites chez les enfants de plu^ de 10 ans.

On peut même voir des paralysies, atteignant isolément ou simultanément les muscles du voile du palais, de Tûeil, des membres inférieurs: mais elles sont infiniment plus rares que dans les angines diphtériques.

Pronostic. — De l'étude des angines aiguës découle un pronostic, qui, iiour être souvent bénin, n'est pas sans comporter une certaine gravité dans nombre de cas. Ce pronostic varie avec les formes cliniques, les germes dont elles relèvent, les complications.

Diagnostic. — 1° Le diagnostic d'angine aiguë est facile; il suffit pour le faire de regarder le pharynx de l'enfant : c'est là une exploration qu'il convient de pratiquer méthodiquement, car les jeunes enfants ne se plaignent pas de leur gorge. Il faut aussi penser à l'existence possible d'une infection localisée au nasopharynx : on la reconnaîtra aux signes énumérés plus haut. Cette dernière, par le peu dintensité des signes locaux, peut embarrasser le médecin, surtout dans les formes prolongées, et faire croire à une fièvre typhoïde, à la tuberculose.

2° En posant le diagnostic d'angine, on fera en même temps le diagnostic de la variété : angine érythémateuse et pultacée, angine membraneuse, etc.

3° Le diagnostic étiologl'jue sera plus difficile. En présence d'une angine érythémateuse, on recherchera si elle est simple ou symptomatique d'une scarlatine, d'une rougeole, etc. En présence d'une angine membraneuse, la question importante est de savoir si elle est ou non diphtérique (p. 89), et parfois si elle ne s'est pas développée sur une lésion syphili[i([ue.

4° Quant au diagnostic de la variété microbienne, il ne peut être établi avec certitude que par l'examen bactériologique.

Prophylaxie. Traitement. — Chez les sujets prédisposés aux angines aiguës, on évitera leur répétition jiar le traitement de l'état général et de l'hypertrophie chronique du tissu lympho'ide

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(lu iihaivnx. qui en est la cause prédisposante habituelle (p. 61).

Quant au traitement curatif. il consiste à faire des lavages de la gorge à leau bouillie ou à leau boriquée : chez les grands enfants, ou pourra au besoin remplacer les lavages par des gargarismes au chlorate de potasse, au borate de soude, au salicylate de soude. Dans tous les cas, et surtout dans les infections du nasopharynx, on fera Tantisepsie de celui-ci (p. 61).

Comme moyens adjuvants, il pourra être utile de prescrire la quinine, un purgatif salin et au besoin un voniilif; des applications chaudes et humides sur le devant du cou.

Certaines variétés d'angines comjiortent, en plus de ces indications générales, une thérapeutique spéciale. Dans l'angine ulcéro-membraneuse, ce sera l'ajqjlication locale dhypochlorite de chaux ou de bleu de méthylène ; dans Tangine gangreneuse, ce seront les attouchements à Teau oxygénée. Dans l'angine phlegmoneuse, l'incision de l'abcès, habituellement inutile, aura parfois ses indications.

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