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II. — VOMISSEMENTS CYCLIQUES, PÉRIODIQUES

RÉCURRENTS, A RÉPÉTITION;

VOMISSEMENTS AVEC ACÉTONÉMIE

Les vomissements cycliques ou périodiques consistent en des crises de vomissements, à début brusque et de durée variable, qui reviennent à intervalles plus ou moins longs pendant lenfance du malade.

Observés pour la première fois en France par Gruère (1841), et plus tard bien décrits par Lombard (1861, ces vomissements ont surtout été étudiés par les médecins américains : Gee 1882), Snow (1893), Holt (1897;, Racbford ,1897], Witbney /1898), Griffith 1900), etc. En France, ils ont donné lieu aux travaux de Comby (1899, de Solélis 1899, de Marfan (1901!, qui les décrit sous le nom de votnissemeuts avec acélonémie, de Lamacq- Dorraoy (1903). etc.

Actuellement leurs caractères cliniques sont bien fixés; mais leur étiologie et leur patbogénie ne sont pas encore complètement élucidées.

Symptômes. — Le début des vomissements est brusque, en pleine santé, ou précédé de prodromes, constipation, malaise, lassitude, inappétence, cépbalée, changement de caractère, odeur acétonique de Ihaleine. qui durent quelques heures ou 1-2-3 jours.

Les vomissements constituent le symptôme prédominant. Ils sont plus ou moins pénibles, quelquefois constitués par de simples régurgitations, et se reproduisent à intervalles variables, plusieurs fois |iar heure au début, sans cause occasionnelle, ou provoqués par l'ingestion de liquide, les changements de position. D'abord alimentaires, ils sont ensuite constitués par du mucus incolore ou teinté de bile, quelquefois de sang; leur réaction est acide; ils contiennent ou non de l'acide chlorhydrique libre.

L'haleine du malade a l'odeur d'acétone ; elle rappelle le chloroforme mélangé d'un peu d'acide acétique ; elle sent l'aigre Marfan'. L'enfant refuse tout aliment et même toute boisson, malgré la soif, de crainte de vomir. La langue se dessèche et se dépouille. Le ventre est létracté, creusé en bateau, mais n'est pas doulou-

reiix. L'estomac est parfois dilaté : le l'oie est généralement normal, quelquefois un peu gros. La constipation est opiniâtre ; les selles peuvent être grisâtres, fétides.

Les urines sont pâles et diminuées de quantité ; elles ont souvent Todeur acétonique; elles renferment de Tacétone (réaction de Lieben^ en quantité notable' Griffith. Valagussa. Marfan). de Tacide diacétique réaction de Gerhardt : elles ne contiennent ni sucre ni albumine; l'albuminurie cependant, de même que lindicanurie. ont été notées dans certains cas.

Les traits du malade sont tirés, les yeux cerclés de noir. L'amaigrissement est rapide. L'enfant est dai« un étal de prostration, de stupeur plus ou moins marquées. La température rectale reste normale ou s'élève à 38"-39°. Le pouls a une fréquence variable; an bout de quelque temps, il devient faible et irrégulier. La respiration est souvent irrégulière, entrecoupée de grands soupirs, quelquefois ralentie.

Parfois il existe des symptômes qui indiquent un trouble des fonctions bépatiques Gilbert et Lereboullet. Lamacq-Dormoy, Ricbardièrc' : teinte cbolémique sans subictère des conjonctives, vomissements bilieux, pigments biliaires dajis l'urine, augmentation de volume du foie et douleur bépatique à la pression : même on peut voir un ictère catarrhal à la suite de la crise (Richardièrei. Mais la fréquence de ces troubles est diversement appréciée : tandis que les médecins que nous venons de citer les considèrent comme fréquents, tout au moins Ibépatomégalie, d'autres, au contraire (Marfan. Comby , ne les ont rencontrés que rarement.

Chez certains enfants, les troubles nerveux sont plus accusés. 11 y a de l'irritahilité, de l'agitation, de la céphalée, de l'iusonmie, des cauchemars, des troubles vaso-moteurs (refroidissement des extrémités , etc., qui peuvent faire j)enser à une méningite.

Évolution. — L'accès peut ne durer que quelques heures ou persister 3-S-6 jours, quelquefois lo-:20 jours; quand il seprolonge, il entranie des troubles profonds de la nutrition, un amaigrissement marqué, une faiblesse extrême.

La lerwinaiso» de l'accès est généralement brus(|ue. Les vomissements cessent, l'estomac redevient tolérant. La convalescence se fait rapidement, et en deux ou trois jours la guérison survient.

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