VI. — CIRRHOSES ALCOOLIQUES
Les cirrhoses alcooliques, si fréquentes chez l'adulte, sont rares dans l'enfance, et la seule variété, qui ait été observée, est la cirrhose atrojtliique de Laennec. L'alcoolisme ne peut être incriminé que dans un dixième des cas de cirrhose, d'après la pkijiart des statistiques (Hutinel et Auscherj ; Gilbert et Siirmont admettent cependant la |iroportion de 15 à 16 p. 100.
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Étiologie. — La IVéquence des cirrhoses alcooliques infanliles varit' suivant les pays. Rares en France, sauf en Normandie et en Flandre, elles s'observent surtout en Angleterre. Dans ce jiays ellns |ieuvt'nl tMrt' altribuci'S pins s|M''(;ialeiiii-iit. coiunic chez laduUt'. ù l'usage du gin (alcodl de gcnièvrcj. plus rarement à celui dt's bières alcoolisées (pale aie, porter). D'une façon gén»'rale on incrimine les dilTt-rcnts alcools et le vin.
Daprt's certains auteurs, mais non })Our tous, la cirrhose alcoolique est plus fréquente chez les garçons que chez les fdles. Elle s'observe surtout de cinq à quatorze ans, rarement au-dessous de cinq ans; elle a été vue cependant chez des nourrissons et attribuée alors à l'alcoolisme de la nourrice, fait qui ne repose sur aucune observation précise (Hulinel et Auscher).
Je ne discuterai pas ici la part exacte qui revient à l'alcool dans la production de la cirrhose. Peut-être faut-il faire jouer un rôle aux dyspepsies et toxi-infections digestives relevant des causes haltituelles chez l'enfant ou de l'usage de l'alcool; il faut cependant remarquer que ces maladies digestives à elles seules ne conduisent pas à la cirrhose. Plus importante semble l'intervention de la tuberculose, dont la coexistence a été notée dans des cas assez noml)reux.
Ânatomie pathologique. — Les lésions n'ont rien de spécial à l'enfance. Il y a de l'ascite, de la périhépatite et de la péritonite chronique diffuse. Le foie est atrophié, déformé, dur. de coloration brun roux, granuleux; sa capsule est épaissie; sur la coupe il y a des granulations jaunâtres entourées d'un anneau fibreux. Les voies biliaires sont libres. La rate est hypertrophiée.
Au microscope, on constate une sclérose annulaire, biveineuse. à petites ou à grosses granulations : il y a endo-péri-phlébite des rameaux de la veine porte et de la veine sus-hépatique. Les canalicules biliaires sont normaux ; souvent il y a des néo-canalicules. Les cellules hépatiques ne sont plus ordonnées en trabécules, sont déformées et présentent de l'atrophie pigmentaire, de la stéato-e.
Symptômes. — Ils sont les mêmes que ceux observés chez l'adulte.
1° Période imtiai.e ou pké.vscitique. — Elle est très insidieuse. On note, en les cherchant, des troubles digestifs : inappétence, nausées, vomissements, |)ituites, constipation et crises diarrhéiques: — de l'amaigrissement, une coloration jaunâtre des téguments, des hémorragies (hématémèses, épistaxis, mela?na,
purpura) ; des urines rares, colorées, riches en urobiline ; — (la méléorisme abdominal, sans modifications apiaéciahles du loie. mais avec spléuoinégalie précoce, etc.
ll'^ Pkiuode d'état. piJ:tiioDE AsciTiQiE. — Lcs mêmes trnuldes saccentuent, en même temps quapparait une ascite abondante, nécessitant généralement des ponctions successives, et que se développe une circulation abdominale sous-cutanée supplémentaire. Le foie est atrophié, caché derrière les côtes; la rate est hypertrophiée. Il y a souvent de la congestion des bases pulmonaires, de Toedème des membres inférieurs.
3° Période terminale ou cachectique. — L'enfant s'affaiblit de |)lus en plus et finit par mourir dans le marasme, si une comlilication n'a pas hâté la fin : ictère grave, hémorragie gastrointestinale, broncho-pneumonie, érysipèle, fièvre éruptive, etc.
La cirihose atrophique a chez Tenfant une évolution subaiguë. plus rapide que chez ladulle. Assez souvent il y a des poussées aiguës avec fièvre, augmentation de l'ascite, douleurs abdominales, parfois mela'na et hémalémèses. La durée est généralement lie ijuelques mois. Le pronostic est très grave; il n'y a pas de cas de guérison avérée.
Diagnostic. — A la période pré-ascitique, il ne peut être que soupçon né en raison des habitudes alcooliques de l'enfant. Plus [ard, il est à faire avec la péritonite tuberculeuse, qui est beaucoup i)lus fréquente et à laquelle lascite fait penser tout d'abord (p. 278).
En dehors de la cirrhose alcoolique, il n'y a pas chez l'enfant d'autre affection donnant lieu à l'atrophie du foie avec ascite et splénomégalie, sans ictère. La maladie de Banti, rare en France même chez l'adulte, n'a jamais été vue chez l'enfant (Hutinel et Auscher).
Traitement. — Le traitement sera conforme à celui des afff(ii(iiis hépatiques en général. On supprimera l'alcool et on prescrira le régime lacté, les laxatifs et les antiseptiques intestinaux, sp(''(ialement le calomel à doses réfractées, le bicarbonate de soude, les lavements froids. La paracentèse abdominale sera })ratiquée plus ou moins souvent suivant les indications. Le traitement chirurgical (omentopoxie) n"a pas encore fourni ses ]>reuves chez I enfant.
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