I. — TRACHÉO-BRONCHITES AIGUËS
Chez leufaut, les Iraoliéo-broncliiles aigm-s. tniit en ri'levaiil des mêmes conditions étiologiques que chez Tadulte, reconnaissent cependant des causes qui interviennent dune façon plus spéciale. D'autre i»art, chez iesjejines sujets, le peu d'activité des processus défensifs des voies respiratoires (p. 28:2) fait que lintlaunnation se propage facilement des grosses bronches aux [letites bronches et aux lobules puhnonaires, et aboutit souvent à la bronchite capillaire et à la broncho-pneumonie; par suite, la bronchite aiguë comporte dans bien des cas, au-dessous de deux ans tout au moins, un pronostic sérieux; sous ce rapport les périodes extrêmes de la vie, Tenfance et la vieillesse, [trésentent une grande analogie.
Étiologie. Bactériologie. — Les trachéo-bronchites aiguës sont surtout fréquentes de six mois à trois ans. Elles sont le résultat (Tune infection exogène ou endogène par des germes spécifuiues ou vulgaires, dont les causes sont nombreuses.
1" Tkachéo-bkonchites iNFECTUiusKS SPÉCIFIQUES. — Lcs principales sont celles de la rougeole^ de la coqueluche, de la grippe, de la fièvre typhoïde; elles sont à peu près constantes au début de ces maladies et dues à leurs germes connus ou ignorés. Plus rare est la hronchile diphtérique, qui donne lieu à une variété de bronchite membraneuse (p. 291 ).
2" TiiACHÉo-uiioNCHrriis iNFixriiasEs non si'ÉcU'iyUES. — Elles
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relèvent de germes vulgaires, la iilu])art liûles hahiliu-ls des voies respiratoires : pneiimocoques, strepfoeoqnes, staphylocoques blancs et dorés, pneumohacille de Friedli'inder, etc. (les germes interviennent d'ailleurs secondairement dans les hrondiites spécifiques.
Les trachéo-bronchites non spécifiques sont généralement consécutives à une rhino-pharyngo-laryngite. Elles surviennent souvent à l'occasion d'un refroidissement [bronchite a frigore)^ quelquefois à Toccasion de révolution dentaire. Bien qu'elles puissent atteindre tous les enfants, certains y sont prédisposés et font facilement des bronchites à répétition ; suivant les cas la prédisposition est réalisée par le neuro-arthritisme, par le lymphatisme, plus souvent par l'infection chronique du nez et du pharynx, conséquence des végétations adénoïdes et de l'hypertiophie des amygdales pharyngées, par le rachitisme, les gibbosités, le mal de Pott, les déformations tboraciques, les cardiopathies chroniques, qui entretiennent des troubles de la circulation pulmonaire. Les troubles digestifs et les infections gastro-intestinales y jirédisposent également pour des raisons multij)les; en pareil cas on peut trouver le colibacille, sans qu'il soit nécessaire d'invoquer une infection hématogène.
A côté de ces bronchites, de nature manifestement infectieuse, il en est d'autres plus rares, dans lesquelles l'infection n'intervient pas ou n'intervient que secondairement. Ce sont les bronchites névrosiques, qui surviennent dans l'asthme, l'urticaire, la fièvre des foins; les bronchites toxiques, qui s'observent dans les néphrites, ou sont provoquées par l'iode, le brome, les vapeurs irritantes; les bronchites mécaniques consécutives aux corps étrangers des voies respiratoires.
Anatomie pathologique. — La trachée, les grosses et moyennes bronches contiennent un exsudât muqueux, muco-purulent ou purulent. La muqueuse est rouge, épaissie, dépolie, avec des arborisations vasculaires, des érosions et quelquefois des ulcérations. L'examen histologique montre que les cellules épithéliales perdent leurs cils, se gonflent et se transforment en cellules caliciformes, ou bien se détachent; que les cellules glandulaires présentent des altérations de même ordre; que les capillaires sanguins sont dilatés et entourés de manchons leucocytiques. Les autres tuniques bronchiques sont peu ou pas modifiées. Les ganglions trachéo-broncbiques sont tuméfiés et rouges.
Dans certains cas il y a do la bronchite capillaire et de la broncho-|in''iiiiionie.
Symptômes. — On jieut décrire une forme légère et une forme grave. L'une et l'autre sont généralement précédées pendant quelques jours par du coryza et de Tenrouement. ou succèdent à une laryngite aiguë catarrhale nettement caractérisée.
1° Forme légère. — L'enfant présente une fièvre modérée, de l'abattement, une respiration fréquente. Il a une toux d abord sèche, pénible, puis plus grasse; avant Tàge de cinq ou six ans cette toux ne s'accompagne pas d'expectoration; chez les enfants plus âgés l'expectoration, qui survient après deux ou trois jours, est d'abord muqueuse, puis muco-purulente, épaisse, jaunâtre . A l'auscultation, on entend, disséminés des deux cotés de la poitrine, des râles ronflants et sibilants et plus tard de gros râles muqueux et sous-crépitants ; ceux-ci manquent- s'il y a simplement de la trachéite.
Au bout de quelques jours, la fièvre tombe et les symptômes s'amendent. La guérison est rapide, s'il n'y a aucune cause de jirolongation.
2° Forme grave. — Elle se présente au début soit comme la forme précédente, soit d'emblée avec une température plus élevée, une respiration plus accélérée.
Tantôt, surtout chez les très jeunes enfants, l'infection gagne rapidement les petites bronches, donne lieu aux signes de la bronchite capillaire (p. 307) et provoque des phénomènes graves qui traduisent une véritable septicémie (P. Claisse).
Tantôt on observe l'apparition de phénomènes congestifs (Cadet de Gassicourt) : la température s'élève à 40°-i0°,5, la dyspnée est vive et s'accompagne d'agitation : l'examen de la poitrine, en plus des râles de bronchite, décèle aux bases une légère submatité, de la diminution du laurmure vésiculaire, du souffle, quelques râles crépitants ou sous-crépitants fins. Puis, suivant les cas, les symptômes s'aggravent et ou assiste au développement d'une broncho-pneumonie, ou bieu, au contraire, au bout de 24 à 48 heures, les symptômes s'amendent et la bronchite continue d'évoluer comme dans la forme précédente.
Pronostic. — La bronchite aiguë est généralement bénigne chez les enfants âgés de plus de 2 ans et demi à 3 ans; au-dessous de cet âge le pronostic doit toujours être réservé. Il faut tenir • ■iirii|it(' d'ailleurs, non senlcincut de l'âge de reniant, mais encore
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de son élal de santé antérieur, des conditions éliologiques et des complications possildes, telles que la bronchite capillaire et la bronclio-pneumonie.
Diagnostic. — Le diagnostic de bronchite aiguë se fait par Tauscultation et révolution de la maladie. L'examen attentif de la poitrine et Tétude des phénomènes généraux |)ermeltra de reconnaîti-e s'il s'agit d'une bronchite des grosses et moyennes bronches ou d'une bronchite capillaire, d'éliminer ou d'admettre une congestion pulmonaire ou une broncho-pneumonie concomitantes.
Le diagnostic différentiel doit être complété par le diagnostic étiologique. Les commémoratifs et l'examen de l'enfant y conduiront et permettront de reconnaître s'il s'agit d'une bronchite sim[ileou spécifique (bronchite de la rougeole notamment).
Traitement. — L'enfant sera maintenu au lit dans une cluunbre bien aérée, à une température de 16" à 18". On pratiquera rantisei)tie du nez et de la gorge, et des inhalations de vaiieuid'eau (p. 48).
Dans la forme légère, on appliquera sur la poitrine des cataplasmes simples ou sinapisés. Dans la forme grave on prescrira le maillot humide et frais, et, au besoin, s'il y a menace de bronchite capillaire ou de broncho-pneumonie, des bains chauds ou tièdes, simples ou sinapisés, toutes les quatre heures.
Si l'enfant est vigoureux et s'il y a de l'encombrement des bronches, on prescrira au début un vomitif (ipéca).
Gomme médication interne, on donnera des tisanes cliaudes, du benzoatc de soude, de l'acétate d'ammonia({ue, — de la quinine, si la température est élevée et surtout au cas de bronchite grippale.