BRONCHITE CAPILLAIRE. BRONCHO-PNEUMONIES AIGUËS
[ilus souvent iFinfeclions secondaires; dans la production de celles-ci interviennent les facteurs prédisposants tenant au terrain, au milieu et à la constitution saisonnière. Ces broncho-pneumonies compliquent la rougeole, à toutes ses périodes, avant, pendant et après l'éruption; — la coqueluche, plus rarement, généralement dans les 3'-' et 4'' semaines; — la grippe, qui s'associe parfois aux maladies précédentes déterminant alors des épidémies particulièrement meurtrières ; — la diphtérie, surtout la diphtérie laryngée; — plus rarement la fièvie typhoïde, Térysipèle, etc.
Les broncho-pneumonies sur\ iennent encore au cours des infections yastro-intestinales des nourrissons; elles relèvent généralement d'une infection respiratoire, plus rarement dune infection hématogène.
Bactériologie. — On trouve dans les broncho-pneumunies les germes habituels des infections respiratoires, isolés ou associés; les associations, qui existent dans 1/3 ou 1/^ des cas (Netter), sont d'autant plus fréquentes que la maladie a une durée jdus longue. Ce sont les pneumocoques, les streptocoques, ceux-ci plus fréquemment chez l'enfant que chez l'adulte (Netter), les pueumobacilles de Friedlander, les staphylocoques dorés ou blancs, les colibacilles (Lesagei. le bacille de Pfeiffer (H. .Meunier, Rosentiial, Nobécourt et Paisseau), et, dans des cas particuliers, le bacille de Lceftler. généralement associé au streptocoque (p. 7:2), le bacille d'Eberth.
Anatomie pathologique. — I. Étude mackoscopique. — Les lésions varient suivant la rajiidité et l'étendue du processus infectieux.
Dans les cas où la mort est survenue très rapidement [calarrhe snIfocantTbronchite capillaire), le poumon est le siège d'une congestion intense, les bronches et les broncliioles sont remplies de pus.
Quand l'évolution a été plus \oi\^VLe[hroncho- pneumonie). ,\t^ poumons ne s'affaissent pas, par suite de Yemphi/sème des parties antéro-supérieures. Dans les régions latérales et antérieures on trouve des territoires bleuâtres légèrement déprimés [alélfctasie]. Les parties postérieures et inférieures, généralement des deux côtés, sont rouges, violacées; elles présentent des parties plus foncées, légèrement saillantes, d'où le nom de broncho-pneumonie niamelonni'e (Barrieri, correspondant à des noyaux résistants au toucher, du volume d'un grain de ciiènevis à un œuf de pigeon, et souvent
NoBÊcouRT. — Précis de médecine infantile. 20
des petites saillies grosses comme une tète d'épingle, une lentille, un pois, arrondies ou ovoïdes, jaunes [g rai m jaunies de Fauvel). Sur les coupes on retrouve le même aspect et ou voit la section des bronches dilatées remplies de pus. Les parties malades ne crépitent pas. tombent au fond de Teau. Suivant que les noyaux de broncho-pneumonie sont espacés ou continents, on a soit la forme lobulaire partielle ou disséminée, soit la forme lobulaire généralisée, dite encore broncho-pneumonie pseudo-lobaire.
La forme disséminée est due princii>alement au streptocoque, la forme pseudo-lol)aire au pneumocoque Mosnv . parfois au bacille de Pi'eiffer; mais la distinction n'est pas absolue.
IL Étlde insTOLOGiQiE. — Les lésions sont essentielles ou accessoires.
A. Les lésions essentielles portent sur les bronches extra-lobulaires, particulièrement sur les bronches sus-lobulaires. et sur les lobules pulmonaires. Ceux-ci présentent des altérations de la bronche inlra-lobulaire. presque exclusives dans la broncliite capillaire, et des alvéoles voisins.
a. Autour de la bronche est le nodule péribronchique ou zone d'hépalisation (Charcot). On y trouve la bronche intra-lobulaire dilatée, remplie de pus, avec répitliéliuin altéré et le chorion infiltré de leucocytes; — Tartère [tulmonaire normale ou atteinte de périartérite ; — les alvéoles pulmonaires remplis dun exsudât fibrineux fibrillaire ou en blocs homogènes, de globules rouges et blancs, de cellules épithéliales desquamées, disposés en croissant autour de la bronche, les parties les plus malades touchant à la bronche, les moins malades à Tartère.
b. Autour de la zone précédente est la zone dp s/jléni.salian Charcot . où les capillaires alvéolaires sont dilatés et les cellules
de lépithélium alvéolaire tuméfiées et en voie de prolifération (pneumonie épithéliale ou desquamative de Buhl).
Les lésions se terminent de façon variable : i" i)ar résolution; 2" par hépatisation grise ou formation d'un abcès péri-bronchique (ce sont les grains jaunes) ; 3" par transformation scléreuse (broncho-pneumonie chronique avec dilatation des bronches, p. 31 6) .
B. Lésions accessoires. — - Au niveau des j)Oumons, on noie Vatélectasie (Jœrg) ou état fœtal (Legendre et Bailly). sur la |)athogénie de laquelb' on a émisdes théories divcrsi^s. et Vemphysème.
Les ganglions trachcn-bronchiques sont rouges et tuméfiés.
BRONCHITE CAPILLAIRE. BROXCHO-PNEUMOXIES AIGUËS 307
Il existe fiéquemment de la pleurésie sèche ou suppurée, souvent interlobaire ; des lésions infectieuses du foie (p. "lil). des reins, des méninges (méningite séreuse ou suppurée), des péricardites. etc.
Symptômes. — Les broncho-pneumonies infantiles se présentent en clinique sous des modalités très diverses.
I. Catarrhe su/focanl (Laëunec), bronchite capillaire (Fauvelj. forme suffocante suraigué (Rilliet et Barthez). forme aiguë diffuse (Netter). — Au cours d'une bronchite apparaît brusquement une dyspnée intense avec orthopnée, cyanose, anxiété, battement
Fi?. 31.
Broncho-pneumonie (enfant de 13 mois .
des narines, agitation, toux fréquente. La flèvre est vive, le pouls très rapide {180-200 pulsations). La poitrine est remplie de râles sonores et sous-crépitanls gros et fins, surtout aux bases (bruit de tempête de Récamier). L'évolution est rapide: lasphyxie s'accentue, le corps est couvert de sueurs visqueuses, les extrémités se refroidissent; puis la respiration s'affaiblit, le pouls devient irrégulier et la mort survient en 2 ou 3 jours, souvent avec des convulsions. La guérison est rare.
IL Broncho-pneumonie proprement dite. — Début. — Il est tant»ît bruyant, tantôt insidieux : dans le premier cas, la fièvre s'élève à 39*^-40", la respiration s'accélère, la toux augmente: dans 1(' seconti, il n'y a que peu ou pas de fièvre, de toux, de dyspnée, et l'auscultation seule, pratiquée systématiquement, décèle l'affection.
Période d'état. — Le teint est généralement jjùle : il y a ten-
Fig. 3-2. — Broncliite, puis broncho-pneumonie (enfant de -21 mois .
(lance à la cyanose des lèvres, du nez, des oreilles. La dyspnée est plus ou moins vive et va jusqu à rorthopnée ; les ailes du nez battent, la respiration atteint 40 à 80 par minute et s'accompagne de
tirage sous-sternal et sus-sternal. La toux est d'aboi-d pénible, quinteuse, sècbe ou grasse; elle diminue quand la maladie s'aggrave ; il n'y a pas d'expectoration chez l'enfant au-dessous de 6 à 7 ans. La voix est généralement respectée.
Le pouls est
petit, régulier, bat à
i40-lo0.
La fièvre [leut manquer chez les cachectiques et les atbrepsi-
ques: chez les nouveau-nés débiles, il peut même v avoir de
l'hypothermie. Généralement la lempérature est élevée, à 39°-40°
ou 41°; sa courbe n'a aucune régularité ; lascension est brusque ou plus souvent se fait en plusieurs temps ; puis il y a une ])ériode de plateau avec oscillations et une descente en lysis ; généralement il y a des différences de 1° à 3'^ dans les 24 heures.
L'enfant est agité, anxieux. 11 y a de la diarrhée ou de la constipation. Les urines sont rares, colorées, souvent albumineuscs. L'amaigrissement est rapide.
Les sif/nes physir/ues i^onl multiidos, comj)b'xes, mobiles. L'inspection du thorax décèle la dyspnée et le tirage. La percussion,
Jours 1
tr 5
Fi£