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EXPLORATION DES VEINES

une résistance plus ou moins prononcée. Lorsqu'une veine comprimée s’affaisse trésfacilement, le sang n’a pas beaucoup de consistance. Au contraire, la compression trouvant une résistance assez forte, il est au moins probable que le sang est assez riche en fibrine ; mais ce caractère n’en est point un signe certain , car la résistance peut être due également au gonflement de la veine, consécutif à quelque obstacle mécanique.

Il n’est pas toujours difficile de distinguer cette double cause de résistance. Pour effacer la résistance produite par un obstacle mécanique, il suffit quelquefois de mettre le membre dans une position favorable à la circulation, de changer la direction ascendante de celle-ci en une direction opposée; tandis que la résistance due à la distension des veines par un sang abondant et d’une bonne consistance, persistera plus ou moins, quelle que soit la position donnée au membre. Enfin, pour obtenir des résultats plus positifs à cet égard , il sera bon de répéter le même examen sur Îes veines de différentes parties. La répétition des mêmes caractères sur les veines de plusieurs régions, parlera en faveur de l’état général du sang, et éloignera l'idée de circonstances locales.

Quelquefois, en palpant les veines , il nous arrive de ressentir, dans leur trajet, une dureté suivant absolument la direction des troncs de ces vaisseaux : parfois même on y sent des nodosités ; ces deux caractères réunis dénotent l'existence de concrétions fibrineuses qui obstruent le canal veineux , et gênent plus ou moins la circulation.

Dans d’autres cas, on observe sur la peau une rougeur suiyant exactement le trajet d’un tronc veineux, dont la compression manifeste, dans tout ce trajet, une dureté analogue à celle que produirait le contact d’une corde. Ces caractères dénotent alors une phlébite.

Toutes les fois que l’exhalation et la résorption restent dans l'équilibre nécessaire à la santé, les dépressions faites avec les doigts sur les différentes parties sunerficieiles, s'effacent avec la plus grande facilité. 1} n’en est pas de méme lorsque, par l'absence de cet équilibre, le tissu cellulaire contieni une quantité plus ou moins considérable de sérosité, au milieu de ses cellules. Les dépressions faites alors avec les extrémités des doigts persistent pendant un temps

plus ou moins long, et ne s’effacent que lentement. C’est ce

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qu’on observe toutes les fois qu'il existe un œdème du tissu cellulaire. Dans l’anasarque , les dépressions sont accompagnées d’un craquement dû au déplacement d’air extravasé dans le tissu cellulaire sous-cutané.

Enfin, en pinçant la peau à l’état normal, son élasticité fait disparaître rapidement les plis aussitôt qu’on lève les doigts. Dans le choléra, au contraire , la peau perd en grande partie son élasticité, et a quelque UE avec la peau cadavérique. Les plis que l’on fait en la pinçant persistent plus ou moins , et ils ne s’effacent que graduellement.

Il est impossible de distinguer au moyen de la palpation le trajet des vaisseaux lymphatiques : mais les ganglions lymphatiques, quoique inappréciables à l’état normal, acquiérent quelquefois un volume assez considérable, et se laissent reconnaître par la palpation. Les régions où s’observent le plus souvent ces ganglions développés, sont précisément celles où ils se trouvent déjà en plus grande quantité à l’état normal.

D’après les recherches de quelques pathologistes modernes, et surtout d’après celles de M. Velpeau, il est extrémement rare de voir l’engorgement des ganglions lymphatiques sans une plaie, l’ulcération ou l’excoriation simple des parties ayec lesquelles communiquent les glandes engorgées au moyen dés vaisseaux lymphatiques.

Dans beaucoup de cas, nous avons eu occasion de confirmer les assertions du professeur de la Charité, toutes les fois qu'on voit des ganglions lymphatiques engorgés au-dessous, ou derrière les oreilles, on doit procéder attentivement à l'examen de la tête ou de la gorge. La présence de ganglions lÿmphatiques autour des jugulaires doit engager à bien examiner les voies respiratoires. Le plus souvent on y reconnaitra alors les traces d’une inflammalion de la trachée ou des bronches supérieures, affection qui, d’abord légère, PORTE se changer en maladie tuberculeuse si elle était négligée. Combien de tubercules n’ont d’abord présenté d'autres symptômes que l’engorgement des glandes dont nous parlons ! Les ganglions de l’aisselle se développent moins souvent, et leur présence doit engager le médecin à examiner attentivement les membres supérieurs. Quelquefois 4ne piqüre au doigt à laquelle on ne faisait aucune attention, tant était légère la douleur qu’elle produi-

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sait , n’a été ainsi découverte que par suite de l'examen du médecin, consulté pour une adénite axillaire. La région des aines est certes une des régions où les adénites s’observent le plus souvent. Les affections syphilitiques leur donnent fréquemment naissance. Cependant chaque ganglion inguinal engorgé est loin d'être une preuve de l'infection syphilitique. Une écorchure aux pieds, une fatigue prolongée, des piqûres de sangsues, surtout au périnée, ou l'application d’un emplâtre irritant, peuvent également donner lieu à cet engorgement. Cependant la fréquence de ces engorgemens est proportionnellement si grande après les maladies syphilitiques développées primitivement dans l'urêtre, sur le prépuce ou sur les grandes lèvres, que s'il n’en existe aucune autre cause apparente, on peut de suite supposer l'infection syphilitique , qui ne manque pas, le plus souvent alors, de laisser des traces sur les organes que nous avons indiqués.

Les cas d'adénite syphilitique sans symptômes primitifs, tels que le chancre ou une blennorrhagie, ou ce qu’on appelle des bubons d'emblée, sont très rares, quoiqu'il soit impossible de contester plus long-temps leur existence. Quelques médecins ont voulu déterminer le siége des affections primitives par le siége des bubons. D'aprés Hunter, ies chancres situés à la partie supérieure du pudendum, près du méat urinaire, du clitoris, sur les grandes lévres, ou sur'le mont de Vénus, donnent lieu aux bubons au-dessus du plis de l’aine; il croit que ces bubons sont le résultat, non de Flinflammation des ganglions, mais de l’inflammation des vaisseaux absorhants qui accompagnent les ligaments ronds, dans l’épaisseur desquels il se développe quelquefois de petits foyers, Surtout vers le point où ils sortent de l'abdomen.

Les ganglions de la région moyenne de l'aine sont attribués par Hunter aux ulcères situés plus prés du périnée. Si nos souvenirs ne nous trompent point, c’est aussi la maniére de voir de M. Ricord; il distingue en outre les bubons cruraurx situés au-dessous du pli de laine, et qu’il attribue à l'irritation des extrémités inférieures.

Cependant, comme le remarque M. Lagneau (Répert. gén. des sciences médicales), cette distinction est plutôt le fruit d’un raisonnement théorique spécieux que d’une observation rigoureuse ; elle a été suggérée à Hunter par la séduc-

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