FLUCTUATION
M. Tarral, médecin anglais de beaucoup de mérite, a proposé un procédé différent de celui dont nous venons de parler.
Ce procédé, qu’il a appelé fuctuation Périphérique, et que nous aimerions mieux appeler sphérique, pour la distinguer de la fluctuation pariétale ou périphérique, consiste dans l'application d'une main à peu prés au point où nous avons conseillé de l'appliquer dans le procédé ancien. Avec les doigts de l’autre main placée du même côté, mais plus bas, on donne des coups secs aux parois abdominales pour projeter le liquide, s’il en existe, contre ia main placée plus haut, et qui re manque jamais, alors, de ressentir le déplacement du liquide. Dans le temps où nous avions peu l'habilude de nous servir de ce procédé, nous l'avons cru beaucoup inférieur au procédé de fluctuation ordinaire. Aujourd’hui que nous l'avons appliqué en nombreuses occasions, nous sommes certains qu’il ne lui est jamais inférieur, et que, souvent, la fluctuation obtenue de cette manière devient moins douteuse.
Cependant nous devons noter une circonstance qui s’est offerte derniérement à notre attention; c’est que, dans un cas où il n'existait que l’œdéme du tissu cellulaire des parois abdominales, nous avons cru d’abord à la présence d’un épanchement péritonéal, en nots guidant d’a prés les résultats fournis par la fluctuation de M. Tarral., La percussion et la fluctuation ordinaire nous ont démontré l'absence complète de liquides. D’après cette observation il paraît que si la fluctuation sphérique a l'avantage sur la fluctuation ordinaire dans les épanchements abdominaux, par la facilité plus grande avec laquelle les oscillations du liquide se communiquent de bas en haut, la méme facilité devient cause d'erreur de diagnostic, dans le cas d’œdème du tissu cellulaire. Cette particularité doit engager tout médecin qui voudra se servir de ce procédé, à chercher la confirmation de ces résultats par ceux de la percussion, |
Dans quelques cas où nous avons essayé l'application de ce procédé au diagnostic des épanchements pleurétiques, nous n'avons obtenu aucun résultat sensible; ce qui se conçoit assez facilement si l’on considére la trés petite dépressibilité des parois thoraciques.
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ARTICLE V. — Toucer.
Le toucher n’est qu’une modification du palper. L'un et l'autre concourent à reconnaître la consistance, la forme et l'étendue des organes ou de diverses tumeurs. Mais dans le palper, ce sont plusieurs doigts d’une main ou les deux mains appliquées simultanément sur les différentes parties de la circonférence de la tumeur qui jugent de sa forme, de son volume et de sa mobilité. |
Dans le toucher, au contraire, un seul doigt, rarement deux,
sont appelés à fournir les mêmes lumières. Le toucher n’est appliqué qu'à l'exploration des parties situées au fond des canaux étroits quine permettent pas l'introduction de la main entiére, tels que le vagin, le col de l'utérus, le rectum, etc. * L'introduction du doigt dans ces canaux avec le but d’explorer les parties qui s’y trouvent, constitue le toucher. Pour déterminer la résistance, la température et l’état hygrométrique de toutes ces parties, il suffit d’un simple contact du doigt. C’est ainsi que l'extrémité du doigt apprécie trés bienlla résistance du col de l’utérus, sa température, son humidité ou sa sécheresse.
” Les mêmes caractères, présents dans le vagin, peuvent être perçus par toute la circonférence du doigt: introduit dans le rectum, il peut aussi reconnaître la présence de corps étrangers, apprécier la largeur de l'intestin, sa température, etc. ; mais dans les deux cas, lorsqu'il s’agit de déterminer le volume des parties et leur forme, le doigt ne peut plus rester immobile; il est obligé d'examiner successivement toute leur circonférence. R Le toucher, parle vagin, intéresse le médecin sous plus d'un rapport. Celui qui se livre spécialement à la pratique de la médecine, n’est pas dispensé de certaines connaissances que fournit le toucher aux accoucheurs. S'il importe peu au médecin qui ne se livre jamais aux accouchements de savoir les signes par lesquels on peut reconnaître, au moyen du toucher, la position de la tête de l’enfant et la période du travail, il lui importe néanmoins de connaître les signes de la grossesse, vu que cette circonstance modifie considérable- ‘ ment, comme nous l'avons déjà dit dans nos considérations