PERCUSSION À L'ÉTAT ANORMAL
subir quelques modifications dans leur position, et donner
lieu, par conséquént, à des modifications dans la sonoréité du thorax, mais il n’y a rien de fixe à cet égard; elles sont toutes subordonnées au siége, à l'étendue et à la direction de la déviation de l’épine. C’est pourquoi nous nous abstenons d’en parler. 11 suffit d'en être prévenu, pour éviter les méprises du diagnostic, dans les cas où l’on aura à examiner un sujet difforme, et pour ne pas attribuer à l'affection des contenus, ce qui est le résultat de l'affection des contenants.
B. État anormal. — Le son clair des poumons dépend de la présence de l'air dans les vésicules pulmonaires. Toutes les fois qu’il y aura un obstacle à l'entrée de l'air dans les vésicules, ou que l’air y sera accumulé en plus grande quantité que ne l'exige l'exercice de la fonction, il y aura un état morbide manifeste à la percussion.
Plusieurs causes peuvent empêcher Pair d'entrer dans les vésicules ; telle sont :
4 Un épanchement de liquides entre les deux plévres, comprimant les parois des vésicules jusqu'à détruire leur cavité;
20 Une pneumonie au second ou troisième degré (hépatisation rouge ou grise des poumons) où les cavités des vésicules sont oblitérées, tant par l’engorgement de leurs parois, que par les concrétions de matière séro-sanguinolente ou purulente qu’elles contiennent ;
30 Les tubercules intra-vésiculaires et inter-lobulaires. Les premiers empéchent l'entrée de l'air, en remplissant les cavités vésiculaires; les derniers, en comprimant les parois extérieures des vésicules , entre lesquelles ils prennent naissance dans le tissu inter-lobulaire;
4o La dilatation des bronches qui refoulent les parois des | vésicules et les compriment;
5° Enfin, les différentes tumeurs développées dans la cavité thoracique, qui se bornent quelquefois à empécher, par leur | épaisseur, la communication des vibrations pariétales aux poumons, et qui peuvent, en outre, mettre obstacle à l'entrée de l'air dans les vésicules, en les comprimant de même que les tubercules inter-lobulaires.
Une autre fois, l'obstacle se borne à diminuer la quantité d'air quientre dansles vésicules,sansempéchercomplétemenf |
R MATITÉ ANORMALE. 0) son arrivée, comme le font, parexemple , des matières Sécré-
tées par les parois des bronches, dans le catarrhe, et par les.
parois des vésicules, dans la pneumonie au premier degré, où il n'y a qu’un simple engouement sans obstruction complète.
Dans tous ces états morbides, les parties correspondantes au siége des lésions énumérées donneront un son anormal qu'Avenbrugger a comparé à celui qui résulte de la percussion de la chair : si percussus thorax in loco alias sonoro, Carnis percussæ sonum ediderit.
La matité et la résistance seront variables, suivant l’épaisseur de la couche de poumon que l'air ne pourra pénétrer, et suivant la densité du corps étranger qui peut occuper la place de l'air dans les poumons.
Dans un épanchement, la matité varie de siége, selon le dé-.
placement du liquide, et est accompagnée d'une forte résistance. /
Dans un catarrhe, ou une pneumonie, au premier degré, la matité immobile sera encore moins prononcée, quelquefois insensible, et l’on n’éprouvera qu’une faible résistance aux doigts, tandis que, dans une pneumonie, au deuxiéme et au troisième degré, la matilé, bien plus manifeste, sera réunie à une résistance assez marquée, s’approchant de celle de la pleurésie avec épanchement
Si ce sont les tubercules qui empéchent l'air d’entrer dans les vésicules , la percussion des parois qui correspondent à leur siége donnera un son mat plus ou moins prononcé selon le développement de ceux-ci, et selon le degré d’hépatisation <hronique qui les accompagne ordinairement.
Quant aux différentes tumeurs qui se forment dans le thorax, elles donneront toujours le son mat, et une résistance aux doigts plus ou moins prononcée selon leur nature.
Corvisart a observé que la plèvre costale devient assez épaisse vers le quatrième jour de son inflammation pour donner lieu à la matité du son. Nous avons consigné, dans notre Manuel d'auscultation et de percussion , exemple d’un malade chez qui , dés le troisiéme jour aprés l'invasion d’un point pleurétique, nous avons constaté cette matité, dans une grande étendue de la face latérale gauche de la poitrine, avec des signes incontestables de fausses membranes et sans trace d’'épanchement pleurétique.
Il s’en faut pourtant de beaucoup que le même résultat se
Te
RSS CRE