RESPIRATION CAVERNEUSE
vieillards maigres, et chez lesquels on observe en même temps une dilatation des bronches et des vésicules.
5o Une autre fois la dilatation plus circonscrite forme une espèce de caverne dans le tuyau d’une bronche; et la destruction du parenchyme pulmonaire, ulcéré par la fonte tuberculeuse , l’abcés ou la gangrëne, peut aussi former une caverne complétement vide , qui communique au moyen des bronches, en haut avec la trachée , en bas avec le reste du : poumon. |
Dans ces deux cas, le passage de l’air dans la partie dilatée y offrira, pendant chaque inspiration et expiration, un retentissement plus considérable, PLOPAFUARNE à l'étendue de la caverne.
C’est à cette modification du bruit respiratoire qu’on a donné le nom de respiration caverneuse ou souffle caverneuz. |
Le souffle caverneux est d'autant plus prononcé, que la caverne est plus vaste et plus superficielle , et que ses parois sont plus dures.
6° Lorsque la capacité de la caverne est très grande, et qu'elle ne renferme toujours point de liquide, ou qu'elle en renferme trés peu, on entendra pendant la respiration une résonnance analogue à celle que l’on obtient lorsqu'on souffle dans une carafe en tenant la bouche un peu éloignée du goulot. C’est le même mécanisme dans les deux cas. Une ample caverne ressemble assez bien à une carafe, et la bronche à son goulot; c’est donc avec raison qu’on a donné à cette forme de la respiration caverneuse le nom de respiration amphorique.
Ce phénomène sera encore plus prononcé lersqu’il y aura communication du parenchyme pulmonaire avec la cavité de la plévre, ce qui s’observe dans les exemples de rupture d'une caverne dans cette cavité. Alors non seulement on distinguera à l'oreille que le retentissement de l'air a lieu dans une cavité trés spacieuse, mais encore chaque entrée de l'air pendant la respiration, comme pendant la toux, et la parole sera accompagnée d'un frémissement argentin assez analogue à celui que produit une mouche dans un vase en porcelaine, ou que l’on obtient facilement en frottant les bords d’un verre mince, en cristal, avec le doigt légèrement mouillé.
RESPIRATION BRONCHIQUE: n33
La causé de ce retentissement argentin auquel Laënnec a donné le nom de bourdonnement amphorique, consiste dans les vibrations que provoque l’air en entrant dans les parois membraneuses du thorax, tendues par l’élasticité de l'air qui remplit la cavité de la plèvre.
Nous avons dit, au commencement de ce chapitre, que l'air passe de la trachée dans les bronches, et des bronches dans les vésicules , et que son passage dans chacune de ces parties est accompagné d’un bruit particulier, dont le dernier, ou le bruit vésiculaire, plus répandu que les autres, constitue proprement le murmure respiratoire à l’état normal.
Nous avons vu successivement le bruit respiratoire s’exalter dans les vésicules, lorsque la couche vésiculaire devenait plus perméable, et retentir au contraire avec plus de force dans les tuyaux bronchiques dilatés, et dans une partie caverneuse des poumons, où l'air arrivait en plus grande abondance.
7o Mais si, par une cause quelconque, les cavités vésiculaires venaient à étre effacées sans que les voies bronchiques cessassent d’être normales, le murmure vésiculaire ne cesserait qu’en faisant place au souffle bronchique , autrement dit respiration bronchique ou tubaire.
Cé bruit, qui retentit dans les tubes d’un calibre normal, ne peut pas étre confondu avec le souffle bronchique diffus, qui se passe dans les bronches dilatées, et qui ne masque qu'incomplètement le murmure vésiculaire.
Le souffle bronchique est évidemment le résultat du passage de l'air par les tuyaux des bronches. On limite trés bien en pratiquant des expirations courtes et légères, dans le tube d'un stéthoscope dont l'extrémité opposée est bouchée. Dans cette expérience, les lévres doivent être à peu prés éloignées d’un pouce du pavillon de l'instrument (1).
(4) L'expérience que nous venons d'indiquer, et que tout le monde est à même de faire à tout instant, peut encore nous servir d’argument contre la fameuse théorie du bruit respiratoire normal : proposée par M. Beau. En effet, dans les causes du bruit que nous ébtiendrons en faisant l'expiration dans le tube du stéthoscope, il
y a deux éléments à envisager : 1° le passage de l'air entre les lè-
vres ; 2° son retentissement dans le tube, Mais le passage seul de l'air entre les lèvres ne produit qu'un
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Ainsi, lorsqu'un épanchement pleurétique comprime les parois des vésicules et efface leur cavité, la respiration se trouve limitée dans les bronches, et l’on entend le souffle bronchique au lieu du murmure vésiculaire.
Le même phénomène a lieu dans une pneumonie , au deuxième ou au troisiéme degré, où les vésicules pulmonaires n’appartiennent plus aux voies aériennes, non que leur imperméabilité résulte d’une compression concentrique , mais de l’engorgement de leurs paroïs, aux dépens de leur cavité, d’ailleurs obstruée par une matière séro-sanguinolente , ou purulente trés visqueuse et solidifiée,
bruit qui n’a pas d’analogie avec le souffle tubaire ou bronchique,
Et cependant plus l'expiration sera forte, plus sera prononcé le souffle dans l’intérieur du stéthoscope, vu que l'air sera alors poussé avec plus de force. Il en ést de même du bruit anormal de
la respiration, C’est par l’arrière-gorge que l’air doit passer avant. d'aller dans les poumons. L’isthme du gosier représente la fente des lèvres dans notre expérience. L'air, dans son passage, peut et doit même produire un bruit, car il passe d’un endroit plus
vaste par un canal assez étroit; mais ce bruit n’est en rapport avec
celui qui se passe ultérieurement dans les vésicules, qu'autant que
noùs avons vu être en rapport le souffle produit dans le tuyau d’un
stéthoscope avee le bruit de l'expiration qui lui envoie de l'air.
Plus le bruit de la gorge sera fort, et cette intensité correspond, au
moins dans beaucoup de cas, à la quantité d'air inspiré, plus le
bruit vésiculaire sera prononcé. Ainsi, en dernier résumé, il n’y a
entre ces deux bruits que les rapports anatomiques et physiolo-
giques; mais l’un d’eux n’est nullement le retentissement de l'autre.
L'isthme du gosier aurait beau changer un peu de diamètre, le
voïle du palais pourrait même être détruit, cela n’influerait en rien
sur le murmure vésiculaire, Nous en sommes convaincus, Toute la
différence pourra consister dans l'absence de quelques bruits acces-
soires qui, s'étant produits dans la gorge, peuvent se propager
aux poumons,
Nous demandons pardon au lecteur de revenir sur cette explis cation, qu'il croyait probablement, comme nous, déjà suffisamment réfutée. Cette petite digression n’est pas sans but, et elle ne sera pas peut-être sans fruit : ne servirait-elle qu’à inspirer aux jeunes gens de la retenue, la sévérité de la logique et la rigueur d'observations surtout lorsqu'il s’agit d’opposer quelques opinions à celles de maîtres reconnus par. tout le monde, nous serions déjà justifié
d’avoir ajouté cette note à ce que nous avons dit plus haut sux ce sujets ,