RALE GRÉPITANT SEC A GROSSES BULLES
la main, appliquée sur les parois de la poitrine, sentira des vi brations tout-à-fait semblables au frémissement cataire q\'on rencontre dans quelques lésions des valvules du cœur.
I nous est arrivé de voir des malades qui sentaient euxmêmes ce frottement, et qui nous précisaient bien son siége.
Le mécanisme de ce bruit est analogue à celui qui donne
lieu au frottement dans l’'emphysème. Il est prouvé par les expériences de MM. Reynaud , Andral, etc., qu’au moment où les côtes s’élévent , pendant l'inspiration, les poumons s’abaissent , et vice versé, de sorte qu’il y a toujours un frottement entre ces deux parties pendant l'inspiration et l'expiration. Or, à l’état normal, lorsque les deux plèvres sont humides, polies, lubrifiées, leur glissement réciproque ne donnera lieu à aucun bruit sensible. Cependant, si, par suite de l’inflammation, les plèvres donnent lieu à une exsudation plastique, se transformant bientôt en granulations, fausses membranes, ces productions détruisent le poli des plévres, ‘et deviennent cause du bruit pendant leur rapprochement. Il se fait dans cet exemple ce qui se fait entre deux lames de verre, qui, glissées l’une contre l’autre, lorsqu'elles sont enduites d'huile ne donneront lieu à aucun bruit, et dont le glissement sera au contraire accompagné d’un cri si on les saupoudre avec du sable.
Dans tous les cas que nous venons de citer, l'air pénétrait plus ou moins profondément dans les voies aériennes, mais il n’avait pas d'obstacles à vaincre sur son passage ; au contraire, dans les cas suivants, le passage du fluide éprouvera une difficulté plus ou moins marquée, et donnera lieu à de nouveaux bruits compris par Laënrec sous le nom commun de râles ou ronchus.
9o L'un d’eux, auquel nous avons fait allusion en parlant du bruit de frottement ascendant et descendant, est connu depuis Laënnec sous le nom de craquement , ou de râle crépi-
. tant sec à grosses bulles ; il a lieu lorsque, dans l'emphysème pulmonaire, la distension des voies aériennes augmentant de plus en plus, est suivie de la rupture des vésicules. L'air s’ouvrant alors un passage dans le tissu cellulaire interlobulaire, donne lieu à ce phénomène pendant l'inspiration.
Ce bruit s'entend non seulement pendant la respiration,
.mais encore pendant les efferts de la toux : il ressemble à