‹ Précis pratique et raisonné du diagnosticChapitre 166 sur 240 · THÉORIE DE M. ROUANET · texte numérisé non relu

THÉORIE DE M. ROUANET

Sirième théorie. — Une sixième théorie a été proposée par M. le docteur Rouanet.

Voici quels sont, d'aprés ce médecin, le rhythme et le mécanisme des battements du cœur (1).

Premier temps, contraction. — Aussitôt que le ventricule commence à se contracter, le sang pressé de toute part redresse les grandes valvules, qui se choquent par leur face opposée. (Le premier bruit est produit). Il soulève les valvules symoïdes, s'échappe dans les gros troncs artériels qu’il redresse , dans toutes les artères qu’il distend; de là le choc du cœur contre le thorax et le pouls. | - Deuxième temps , dilatation.— La contraction est à peine terminée que la dilatation commence; le vide tendant à se faire dans le ventricule, il y a aspiration sur les deux orifices; les artères distendues réagissent sur le sang qui revient brusquement contre les valvules sygmoïdes. (Le deuxième bruit est produit.)

Dans le même temps, les grandes valvules sont abaïssées par le sang des oreillettes. Le ventricule se remplit.

«Le premier bruit, dit M. Rouanet, se fait entendre au commencement de la contraction ventriculaire. C’est ce qui a fait croire que celle-ci en était la cause. Ce bruit est fort;il est en rapport avec l'énergie des ventricules; il est plus

sourd que le second; les valvules qui le produisent sont plus . | Jarges, les parois qui le reçoivent plus épaisses.

»Le second bruit est plus clair, parce que Îles valvules sont plus petites, plus minces, et fixées à des parois plus

sonores.

» Le choc, dans le sens qu’on l'entend ordinairement, et

qui résulte de la rencontre de deux corps, ne peut être, selon

M. Rouanet, la seule cause du bruit des valvules. Des expé-

riences nombreuses lui ont appris que toute membrane passant de la flaccidité à une distension subite, rend toujours un son qui varie selon les circonstances. Sa force est en raison de celles qui distendent la membrane, son éclat augmente avec la finesse et l’inextensibilité du tissu qui la compose; la largeur, l'épaisseur, l’extensibilité de la membrane, rendent le son plus sourd. Sous le rapport de leur lenteur et de leur.

(1) Analyse des bruits du cœur, thèse sontenne à la Faculté de

édecine de Paris; par M. Rouanct, en 1832, n° 252. P et,

CS

Page 1