AFEECTIONS ORGANIQUES DU COEUR. O
sang contient beaucoup de sérosité, chez qui cette sérosité pleut par les parois des vaisseaux, sous différentes formes (œdéme de tous les tissus, fleurs blanches), faut-il s'étonner que cette sérosité soit quelquefois plus appréciable dans les parties les plus déclives où elle se rassemble par son poids?
En outre, cette malade ne sentait jamais de douleurs dans Jarégion précordiale . les battementsétaient très superficiels: les bruits anormaux s’entendaient le mieux à la base du cœur, de sorte qu’on ne pouvait soupçonner la présence d'une
péricardite soit avec épanchement, soit avec de fausses membranes.
La constitution de la malade faisait assez deviner la composition du sang, pauvre en fibrine, pour qu’on ne püt croire à la présence de quelques caillots , opinion que repoussait
d'ailleurs la marche de la maladie.
On voit que c’est uniquement par voie d'exclusion qu’on a procédé au diagnostic et qu'on a dû pencher pour la chlo- | rose.
__ En conséquence, on prescrivil à la malade des toniques, et elle fut parfaitement guérie.
Mais sile malade qui présente un bruit de souffle est dans ja force de l'âge, s’il avait auparavant des rhumatismes arti-
culaires, ou sentait des douleurs dans la région précordiale, s'il éprouve beaucoup d'étouffement , si les membr:s sont œdématiés, etc., on aura des indices presque certains de quelque lésion des valvulés du cœur avec rétrécissement des orifices. Ils seraient encore plus certains si, au lieu du bruit de souffle, on entendait le b'uit de räpe.
Enfin, on reconnaîtra une hypertrophie avec dilatation des ventricules, sans aueune lésion des valvules, lorsqu’à des battements forts, à une matité plus étendue et à des bruits valvulaires forts, ne se joindront pas des hydropisies, ni une dyspnée considérable, et si la figure estplutôtrougeque livide.
Les affections organiques du cœur donnent souvent lieu consécutivement à un amas de sérosité dans les vésicules pulmonaires (œdème des poumons), aux épanchements dans les différentes cavités, au gonflement du foie, etc. Nous avons déjà indiqué les moyens de diagnostiquer les deux derniéres complications dans les chapitres particuliers.
Le liquide qui constitue | œdème des poumons sera déplacé à chaque inspiration, et donnera lieu au râle sous-crépilant.
84% PEAIES DU COEUR.
La disparition de bruit de souffle dans une affection aiguë da cœur, et surtout son remplacement parle fic-tac normal, nous prouvent la disparition des conditions nécessaires à la production de ce bruit et retour à l'état normal.
Outre les affections dont nous venons de parier, le cœur peut encore en présenter quelques autres: c'est ainsi qu'il peut être atteint de plaies, d’ulcérations; ses parois peu. vent contenir des abcés, des kystes, des tumeurs tuberculeuses, cancéreuses, etc.; être ramollies, ou présenter des poches anévrismales. Mais nous sommes encore loin de posséder les moyens de diagnostiquer toutes ces affections.
C. Si, à la suite d’une plaie pénétrante occupant la région du cœur, on trouve du côté de cet organe des battements tumultueux , ou d’autres signes indiquant les troubles dans la circulation, sans que l'excitation sympathique puisse nous en rendre comple, on aura le droit de présumer la lésion traumatique du cœur. Dans un cas de plaie pénétrante dans les cavhés du cœur, rapporté par M. Ferrus dans le Répertoire de physiologie pathologique et de chirurgie, tome}, et reproduit par M. Olivier dans le 8e volume da Répertoire des Sciences médicales, le stylet dont un aliéné s’est servi dans le but de se suicider, était resté fixé dans le cœur. On distinguait , dit M. Ferrus, pendant les mouvements du cœur, un bruissement particulier, une sorte &e crépitation onduleuse. Mais ce bruit était-il dû au Brisement des colonnes sanguines contre le corps étranger contenu dans les cavités du cœur, ou fut-il plutôt le résultat d’une péricardite consécutive avec de fausses membranes, dont M. Ferrus a noté l'existence? c’est ce qu’il nous est impossible de décider. II ne nous sera pas plus facile de distinguer des ulcérations , des abcès, des tumeurs, ou des kystes des parois du cœur. Dans tous les cas de ce genre observés par les auteurs, tout ce qu’il était pos: sible de reconnaître, c’étaient des complications telles que l’'endocardite , la péricardite, etc.
D. Il en est encore de même des anévrismes du cœur, « Le » diagnostic des tumeurs anévrismales du cœur est fort dif- » ficile à établir, » dit M. Brechet (Répert. génèr. d’anat. et de physiol. pathol., tome HK). Sur d x-sept cas de ce genre qui se trouvent consignés dans les fastes de la science , cette affection n’a pas été reconnue une seule fois pendant la vie,
‘ Le plus souvent no$ moyens ordinaires de diagnostic suffisent