PERSISTANCE DU TROU DE BOTAL
les deux masses de sang qui se heurtent ne doivent pas produire de bruit bien distinct.
Quelquefois on peut entendre, en appliquant l'oreille sur la région précordiale des malades de cette espèce, un bruissement particulier que MM. Ferrus et Guersent avaient trouvé analogue à celui que donne un anévrisme variqueux. Mais ce signe qui est loin d'être constant, ne pourrait-il pas plutôt tenir au passage du sang par l’orifice de l'artère pulmonaire, dont le rétrécissement a été constaté par M. Loup dans la moilié de cas de persistance du trou de Botal? Ceci nous paraît au moins trés probable, vu que partout où les sois se ressemblent, les instruments doivent avoir au moins une grande analogie.
H. Anévrisme de l'aorte. — Une grande incertitude régnait dans le diagnostic des anévrismes de l'aorte jusqu’à l’époque de Corvisart. Quoique ce dernier médecin ait fait à ce sujet des recherches fructueuses, il déclare lui-même que le diagnostic des anévrismes offre toujours une grande obscurité, quand la tumeur ne se prononce pas au dehors, et que l’anévrisme n’est évident que lorsque la tumeur est saillante ; assertions toutes deux fausses, car quelquefois une tumeur étrangére peut soulever les côtes comme l’a observé Laënnec, et propager les battements de l'aorte subjacente.
La plupart des signes donnés par Corvisart, comme les plus propres à régler la présence d’un anévrisme de l'aorte, tels que le sifflement de la voix, l'obscurité du son dans la partie supérieure et moyenne du sternum, la petitesse et l’irrégularité du pouls et son inégalité aux deux bras, peuvent appartenir aux différentes tumeurs qui compriment les bronches ou les troncs artériels.
Le bruissement sensible à la main au-dessus de la tumeur n’est pas toujours dans les affections organiques du centre circulatoire.
Laënnec avoue aussi que le diagnostic des anévrismes de l'aorte est souvent très difficile; cependant il avait reconnu quelquefois leur présence au moyen des battements simples entendus dans le trajet de l'aorte.
Les observations de M. Bouillaud ont fait ajouter encore plus d'importance à ce signe que ce praticien regarde comme an caractère certain de l’anévrisme.