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ANÉVRISME DE L'AORTE

-D'aprés M. Bouillaud, « lorsque l’anévrisme occupe l'aorte sous-sternale, les battements se font éntendre sous le sterpum et sous les cartilages des côtes, dans une étendue plus ou moins considérable, selon le voiume dela tumeur. Le battement simple deviendra d'autant plus évident que la tumeur sera plus volumineuse, etqu’elle sera plus en rapportavec des parties vibrantes.

» Les anévrismes de l'aorte pectorale descendante , et surtout ceux qui rongent la colonne vertébrale, manifesteront leur existence par des battements simples, correspondant aux vertébres corrodées, signe d'autant plus certain que, comme le fait remarquer Laënnec, les contractions doubles du cœur s'entendent très rarement dans le dos. »

Il est vrai que souvent on serait exposé à prendre les battements entendus au-dessus du sternum pour le retentissement du premier bruit du cœur; mais ce battement différe de celui du centre circulatoire par sa plus grande intensité. Il est également si éclatant que quelquelois il blesse l'oreille comme l’a observé M. Bouillaud.

En outre, iine sera pas difficile de reconnaître leur véritable point de départ en promenant successivement l'oreille, et surtout armée du stéthoscope, depuis le point où l'on entend

ce bruit jusqu’au cœur , et réciproquement. Si le battement

appartient à l’anévrisme de l'aorte, il va faiblir à mesure que lon s'approche du cœur, ef vice versa. Souvent on peut méme entendre les deux bruits sur la région correspondant à l'anévrisme à cause du retentissement du deuxième bruit du cœur : néanmoins, en faisant un peu d'attention, il ne sera pas difficile d'éviter l'erreur; car, comme leremarqueM.Hope, si les deux bruits que l'on entend émanent du cœur, ne doivent-ils pas éprouver , suivant que l'on s'approche ou que l’on s'éloigne de la région précordiale, les mêmes modifications quant à l'intensité; s'il est autrement , n'est-il point permis d'établir qu'ils prennent leur origine en des lieux différents (1) ? :

Outre l'impulsion, ou le battement, l'auscultalion traduit à l'oreille la présence de l’anévrisme par des bruits anormaux.

M. Hope donne pour signe de l'anévrisme un bruit sourd,

(1) Compendium de médecine pratique, deuxième livraison,

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profond, et de courte durée, généralement plus prononcé que celui du cœur, ressemblant au bruit que l’on entend par Paction de la râpe sur une planchette.

D'après MM. L, de La Berge et Ed, Monuerel, la sécheresse et l'intensité du bruit anévrismal de l’aorte est dû à son retentissement à l’intérieur de la poitrine , vu que ce phénomêne n’a jamais lieu lorsqu'il n'ya pas assez d'espace autour de la tumeur pour produire ce retentissement, C’est par ce motif, d'aprés ces médecins, que la même tumeur qui donne lieu à un bruit sourd, mais fort au-dessous des clavicules , nê donne lieu qu'à un sifflement cerriére le sternum où la tumeur touche cet os et propage le son directement à l'oreille: et

que le bruit de l’anévrisme des membres ou de la cavité

abdominale n’est accompagné que d’un faible retentissement.

Nos observations ne sont pas tout-à-fait d'accord avec celles du médecin anglais. Depuis la publication de notre Manuel d'auscultation et de percussion, nous avons eu l’occasion d'observer au moins d'x à douze cas d'anévrisme.

Toutes les fois que l’anévrisme occupait l'aorte ascendante, Gu la crosse de ce vaisseau, nous n’avons pas entendu un seul bruit, mais deux, dont le premier avait le caractère que lui assigne M. Hope, et le deuxième était toujours plus clair, plus analogue au souffle, mais plutôt à celui que l’on produit en aspirant l'air avec force et d'une maniére prolongée, qu'en l’expirant, Ce deuxième bruit ressemble encore assez bien à l'écho d’un coup d'arme à feu dans un boîs. C’est sur le stérnum que ce dernier bruit est toujours le plus prononcé.

Nous pensons qu'il n’est pas difficile de se rendre compte de la production de ces deux bruits ;ils doivent être dus à un mécanisme analogue à celui de tous les autres bruits anormaux. C’est donc le frottement qui doit par conséquent jouer le rôle prineipal dans leur production. Et, en effet, presque toujours on trouve dans les sacs des anévrismes des aspérités plus ou moins abondantes, éléments nécessaires pour obtepir ce résultat. Le premier bruit est done occasionné par Île frottement de la colonne sanguine , poussée énergiquement par les contractions du cœur contre les inégalités des parois artérielles. A cause de ia promptitude des contractions du cœur il n’ÿ a qu’une faible portion du sang qui pénêtre au

ANÉVRISME DE L'AORTE. 847 fond du sac; la plus grande partie de ce liquide se dirige jusqu'au-dessus de la poche avec le méme calibre à peu prés qu'elle avait en dessous; de maniëére qu'aussitôi que la contraction du cœur cesse, la colonne de sang située au-dessus de la poche n'étant pas suffisamment soutenue retombe dans la poche, et ,se brisant de nouveau contre ses aspérités, donne lieu au deuxième bruit.

C’est à l'absence de ces conditions, favorisant le reflux du sang par la direction ascendante de Partéère, que nous attribuons l'absence du deuxième bruit dans les anévrismes de Vaorte descendante et des artères des membres.

Quand l’anévrisme est borné à l’aorte ascendante, le bruit, Pimpulsion et le frémissement vibratoire sont plus prononcés, d’après M. Hope, vers la partie droite du cou; dans les anévrismes de la crosse, ou du commencement de l'aorte descendante, Fimpulsion comme le bruit sont plus forts à gauche et en haut: queiquefois même ils se propagent jusqu’à l'épaule correspondante.

Nous devons le dire, l'opinion de M. Hope, du siége, des bruits par rapport au siége de l'anévrisme, n’est applicable qu'à un certain nombre de cas. Quand même l'anévrisme n’occupait que la portion ascendante de l'aorte, nous avons vu le siége de trois phénomènes mentionnés ci-dessus varier, selon que la poché correspondait à tel ou tel autre point de la circonférence du vaisseau. C’est ainsi que, dans un cas d’anévrisme de l'aorte ascendante, nous avons observé une tumeur considérable, immédiatement au-dessus du cœur à gauche du sternum ; l'impulsion, le bruit et le frémissement vibratoire étaient trés sensibles sur ce point, et l'autopsie nous à offert une vaste dilatation anévrismale au dépens de la moitié gauche du vaisseau.

Une autre fois, nous avons observé une matité à droite du

sternum prés du mamelon droit, se confondant avec celle du cœur, et sur la même région , nous avons entendu tous les signes de l’'anévrisme de l'aorte ascendante, et nous avons fait, par conséquent, établir dans son sens notre diagnostic. Dans d'aatres cas, la tumeur n’était pas déjetée plutôt d'un côté que de l'autre, elle occupait le Figne méGiane, par conséqueut tous les signes de l’anéyrisme se scnt présentés derrière le stérnum.

L’anévrisme de l'aorte descendante thoracique sera facile-

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