‹ Précis pratique et raisonné du diagnosticChapitre 212 sur 240 · SES · texte numérisé non relu

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le nom des affections, on ne doit pas se contenter de ces réponses, mais leur faire décrire les symptômes qu’ils ont éprouvés; combien de fois les malades ne prennent-ils pas pour des inflammations de l'estomac des fluxions de poitrine, et vice versä !

On peut ensuite interroger le malade sur l’état sanitaire de sa famille, puis sur Ja cause occasionnelle de la maladie actuelle, en lui demandant : À quoi attribuez-vous la maladie d'aujourd'hui ? Ou encore plus simplement pour les intelligences très bornées: Qu'est-ce qui a fait que vous étes malade? La réponse satisfaisante à cette question ne s’obtient pas non plus toujours avec facilité. Ordinairement les ma- Jades de n'importe quelle classe sont imbus d'idées théoriques, se sont formés des systèmes sur la pathologie : lun va attribuer sa maladie aux nerfs, l’autre à la bile, l’autre au sang, ete.s mais alors il faut leur faire comprendre que ce n’était pas là le but de la question, et leur indiquer plusieurs causes, telles que l'excès de travail, la fatigue, une course, | l'excès de table, l'excès vénérien, le froid, ete.,et leur deman- | der laquelle de ces causes les à rendus malades. De cette

maniére, si dans votre énuméralion ne se trouve pas la cause

à laquelle le malade attribue son affection, vous lui faites au

moins bien comprendre ce que vous lui demandez.

Il faut, dans cet examen, procéder avec beaucoup de prudence, et si l’on veut, qu'on puisse attacher plus tard quelque importance au résumé tiré des rapports individuels des malades sur les causes de leurs affections, on ne doit jamais poser ces questions de maniére à préparer la réponse.

Immédiatement après, on doit procéder à l'étude des symptômes qui se sont présentés dès le début de la maladie. Cette partie de l’interrogatoire est extrêmement importante pour le diagnostic, car elle le prépare, comme nous avons dit plus haut.

Notre habitude est de demander au malade : Comment votre maladie a commencé? I faut surtout bien insister sur ce qui s’est montré en premier lieu, et ensuite Jaisser au Mma- Jade. raconter seul tous les symptômes qu’il a éprouvés sans troubler son récit en aucune maniére, si ce n’est lorsqu'il

.n’exposerail pas clairement quelques unes de ses idées. Une | fois qu’il a achevé son tableau, qui rarement est complet, le médecin peut déjà avoir quelque idée de l'affection ; dureste, jl doit compléter entièrement ce tableau par les différentes

quéstions qui doivent rouler sur toutes les fonctions : et supposons que le malade, après avoir fixé le début de la maladie, se contente de dire avoir éprouvé de la céphalalgie, des courbatures et du dévoiement , ces trois symptômes m'indiquent déjà que l'affection peut être l’entéro-mésentérite typhoïde ; mais, ni le tableau de cette affection, ni le tableau individuel ne sont complets. La digestion paraît présenter la lésion; c’est tout ce que nous avons appris, mais nous ne savons’ pas jusqu’à quel point, et nous ignorons si les autres fonctions s'exécutent bien ou non. Par conséquent nous insistons d’abord sur la digestion, et nous demandons au malade : Avezvous perdu l'appétit au commencement de votre maladie? votre soif est-elle devenue plus vive? Avez-vous éprouvé quelque goût particulier dans la bouche? Avez-vous vomi? Avezvous eu des envies de vomir? Avez-vous éprouvé des douteurs à l'estomac? et lui indiquer en même temps la région épigastrique. Avez-vous éprouvé quelques douleurs dans le ventre? Dans quel point ? Ces douleurs étaient-elles super-

ficielles, ou profondes, et à quoi les comparez-vous? Si”

vous avez eu le dévoiement dès le commencement de votre maladie, comme vous venez de le dire, combien de fois alliez-vous par jour, d’abord? Et plus tard? Alliez-vous sans douleurs , ou avec des coliques? Avez-vous souffert à g'anus en allant à la selle ? De quelle consistance, de quelle couleur, et de quelle odeur étaient les matières? Avez-vous rendu beaucoup de gaz? pas de vers?

Je suppose que nos présomptions sur le siége et la nature de la maladie se soient confirmées déjà par l'examen de l’appareil digestif, cette connaissance ne peut pas suffire pour le médecin, car la même personne peut avoir plusieurs maladies en même temps, et n’en indiquer pourtant qu'une à l'interrogation. « Si le médecin se contente, comme le dit trés bien M. Rostan, du diagnostic de cette premiére affection, il méconnaîtra complétement les autres, et pourra traiter son malade de la manière la plus nuisible ;'et si la mort enléve cet infortuné, il reconnaïitra, mais trop tard, son erreur funeste.» Pour éviter cet inconvénient, on doit examiner toutes les fonctions. |

C’est pourquoi, interrogeons le même malade sur d’autres fonctions, n'importe l’ordre; commençons par la respiration : Avez-vous toussé? AVEZ-VOUS respiré librement comme

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