MALADIES SIMULÉES
festant à vous par des signes physiques, la feinte sera facilément découverte. Les imposteurs le savent bien ; le bon sens leur indique déjà la prudence : c’est pourquoi il est rare que l’on voie quelqu'un simuler une pneumonie, ou une pleurésie. Mais il n’en est pas de même avec les affections dont les principaux symptômes sont exprimés par les sensations des
malades. Néanmoins, avec quelque circonspection, on pourra :
toujours distinguer la feinte de la vérité.
« Le médecin doué de sagacité, dit M. Rostan, posséde encore un assez grand nombre de moyens pour reconnaître la fourberie. Aprés s'être assuré de la possibilité de simuler la maladie qu’il observe, et le degré de facilité de cette feinte ,il faudra qu’il examine s’il existe des motifs assez puissants pour déterminer l'individu soupçonné à feindre cette maladie. Le degré d'intelligence de cet individu ne devra pas être négligé par le médecin. Il devra examiner si l'âge, le sexe, l’état extérieur, la constitution, le genre de vie, s'accordent avec la maladie simulée. Mais c’est surtout dans l’art avec lequel le médecin dirige ses questions qu'il trouve le moyen de reconnaître la vérité; il est rare que le malade connaisse assez les symptômes de sa maladie pour qu'il ne se trompe pas dans ses réponses. On a soin de lui adresser des questions insidieuses; on lui demande sit éprouve des accidents que ne comporte pas sa maladie : si celle-ci est réellement feinte , il est presque impossible que celui qui la simule ne fasse pas de réponses contradictoires, qu'il n’accuse pas des symptômes qui ne sauraient exister, qu’il n'oublie pas ceux qu'il aura accusés précédemment , etc. ; on le fait remonter aux causes de son affection et aux circonstances antécédentes, à l'effet des remèdes employés; c’est là surtout qu’on le voit s’embarrasser. On doit, dans tous les cas, observer une surveillance active et rigoureuse. Mais ce qui, selon nous, fournit le plus de Inmiéres, c'est l'examen des fonctions qui ne sont pas soumises à l'influence de la volonté. Dans les maladies qui doivent avoir une influence sur la circulation (et il en est peu qui en soient exemptes), l’état du pouls pourra singuliérement aider à reconnaître la supercherie. »
.… Prendre en note la réponse du malade à chaque question et l’état de tous ses organes et de toutes ses fonctions pendant tout le cours de la maladie, constitue ce qu’on appelle rédiger son observation,