‹ Précis pratique et raisonné du diagnosticChapitre 224 sur 240 · DOULEURS DES REINS · texte numérisé non relu

DOULEURS DES REINS

tenant aux organes sécréteurs de l'urine celles qui se présentent aux lombes dans une foule d’affections différentes. Mais on les distinguera d’abord des douleurs musculaires de cette région, parce que la douleur des reins n’augmente pas par la pression des masses des muscles lombaires; elle est au contraire éveillée par la dépression profonde de la paroi antérieure de l'abdomen sur la région correspondante à cet organe.

La douleur rénale, proprement dite, n’augmente pas par les mouvements de flexion et de redressement de l’épine, comme cela a lieu lorsqu’elle appartient aux muscles sacrolombaires, ni pendant la flexion de la cuisse sur le bassin, comme cela arrive lorsqu'il y a une rupture ou une distension du muscle psoas, ete.; ce sont plutôt les secousses du corps entier qui ont le plus d'influence sur l'augmentation des douleurs appartenant aux reins. Enfin nous devons ajouter que le plus souvent il y aura, en même temps, d’autres signes des maladies des reins, d'aprés lesquels il sera impossible de les méconnaître. Ge sont les urines qui en fourniront le plus grand nombre.

Les douleurs appartenant aux reins sont ordinairement profondes et sourdes, quelquefois cependant elles sont vives et déchirantes. Elles ont ce dernier caractère surtout dans la

néphrite caleuleuse donnant lieu à la formation des graviers à surface raboteuse. Il arrive quelquefois de voir des malades chez qui la douleur suit parfaitement le trajet des uretères lorsque les graviers descendent dans la vessie. Il est à noter que le volume des graviers n’influe pas sur la production des douleurs, que, souvent, on a vu les uretères distendues par les calculs volumineux, sans que les malades accusassent la douleur, tandis que de petits graviers à surface inégale font beaucoup souffrir les malades. C'est cette espèce de douleur qui constitue ce qu’on appelle la colique néphrétique; toutes les fois que celle-ci se présente chez un malade rendant du sable par l'urine , on peut diagnostiquer les graviers dans les reins.

La vessie ne donne lieu à aucune douleur à l’état normal, mais elle est excessivement irritable. On peut s’en convaincre en réfléchissant sur les douleurs que peut déjà occasionner J'éyection de l'urine après un temps assez long de sa rétention dans la vessie, et après la distensian de cel organe,

DOULEURS VÉSICALES. 909

Dans la distension de la vessie les malades éprouvent un sentiment qui peint bien cet état pathologique. C’est en méme temps un sentiment de pesanteur dans le bassin et des envies d’uriner.

Dans le catarrhe vésical on éprouve continuellement un ‘ sentiment pénible de contractions et de resserrements, et la sensibilité est souvent augmentée au point que la vessie ne peut même supporter une petite quantité d'urine.

Dans une cystite simple ou occasionnée par un calcul, les douleurs sont encore plus fortes. Dans le dernier cas elles sont surtout exaspérées par les secousses de la marche et encore plus par celles de la voiture.

Toutes ces douleurs augmentent lorsqu'on comprime la région hypogastrique. Les signes fournis en même temps par les urines serviront à les distinguer des douleurs appartenant

à l'utérus.

Queiquefois les douleurs ne s’éveillent que lorsqu'on à uriné : alors les malades ressentent une sensation ‘désagréablede constriction; ordinairement ilest difficile à ces malades de supporter long-temps le contaçt de l'urine dans la vessie , et aussitôt que le besoin de la rendre commence à se ‘faire sentir, ils ne peuvent pas résister, vaincus par un sentiment désagréable qu'ils éprouvent vers le col de la vessie, el qui leur fait sembler que du sable passe par ce canal. Ces symptômes appartiennent à l’inflammation du col de la vessie, et s’observent assez souvent à la fin des blennorrhagies chez l’homme.

Les douleurs de l'utérus, lorsqu'elles ne sont pas d'une grande intensité, se manifestent ordinairement aux lombes ou dans les reins comme on le dit vulgairement. Elles se propagent vers lhypogastre et ont souvent un caractère expulsif, comme cela s’observe au plus haut degré pendant le travail d'accouchement et à un degré plus faible avant, pendant, ou immédiatement aprés les régles chez quelques femmes, dans les cas où il y à des caillots renfermés dans la cavité utérine. Dans toutes ces circonstances , les douleurs sont intermittentes, et elles sont accompagnées d'une sensation de pesanteur sur le rectum, et ont en général une tendance à se propager vers les nerfs lombaires, Ccruraux ef sciatiques.

La méme chose arrive encore dans les différentes affec-

gro DOULEURS UTÉRINES.

tions de l'utérus, telles que les différentes espèces de l'engôrgement du col, des ulcères, etc.

Les douleurs des affections de l'utérus sont excitées par Je taucher et par la pression hypogastrique qui devient plus ou moins sensible; elle est ordinairement la plus douloureuse dans l’inflammation du tissu utérin. Cependant ce ca< ractére seul ne peut pas encore servir de guide dans le dia gnostic. On voit quelquefois des lésions peu prononcées dé l'utérus donner lieu à des douleurs tellement vives qu'on ne peut toucher au bas-ventre sans que la malade jette des cris pérçantis; souvent il suffit de toucher la peau environnante pour produire cet effet.

D'après ce que nous venons de dire, on est exposé à confondre ces douleurs avec celles de la péritonite. Cependant, dans les douleurs hystéropathiques, il y à une discordance entre leur intensité et les autres symplômes; c'est ainsi qué la figure est alors calme, et la fiévre trés peu sensible, s'il en existe, Du reste, le toucher peut éclairer beaucoup sur le vérilable siége de la douleur.

Les affections de l'utérus ne se bornent pas à produire des douleurs dans les régions indiquées; elles leur donnent sou: vent lieu sur d'autres parties; c’est ainsi qu'on les observe Souvent sur les bouts des seins, au sommet de la tête , aux dents. Toutes ces douleurs alternent avec celles de l'utérus, et ce n’est qu'en faisant attention à cet échange que l'on peut déterminer leur véritable nature.

Nous lerminons ici ce que nous avons eu à dire de la dou- Jeur, et nous passons à l'examen des autres sensations révélées par l'interrogation.

Anesthésie. Au lieu d'augmenter, la sensibilité peut quelquefois diminuer ou être complétement abolie dans certaines parties plus ou moins étendues. Quelquefois cette lésion coïncide dans les membres avee la paralysie de la locomotion, d’autres fois elle existe à elle seule , et on lui donne le nom d'anesthésie.

L'anesthésie n’occupe quelquefois qu'une portion très peu étendue. M. Andral cite dans sa Clinique médicale deux faits de ce genre : un de ces malades présentait plusieurs points insensibles, dont chacun avait à peu près l'étendue d'une piéce de cinq francs. Là , on pouvait le pincer sans qu'il res- senlit la moindre douleur, Ges abolitions partielles de la

ANESTHÉSTE | O1 sénsibilité n’existaient pas d'ailleurs constamment. Ün autre malade, cité par le même auteur, présentait une insens bilité complète sur la peau du côté gauche de la face, du cuir chevelu, du cou et de la nuque, depuis la ligne médiane jusqu’au niveau du moignon de l'épaule, parties qui, deux mois auparavant, avaient été atteintes d’un érysipéle. De ce méme côté, l’ouïe, la vue , l'odorat et le goût avaient aussi presque complétement disparu.

Nous devons à M. Thimothy O’Brien , médecin irlandais, une excellente thèse sur ce sujet. L'auteur rapporte quatorze observations qui comprennent des exemples d’anesthésie de différente étendue : l'une de ces observations appartient à Galien ; il y est question d’un malade qui perdit la sensibilité dans trois doigts après une chute sur la partie supérieure da dos. Lamothe rapporté un cas d’anesthésie du membre supérieur et inférieur, du même côté , aprés un coup de pied de cheval sur la tête : l'anesthésie était la plus prononcée aux extrémités des doigts: le malade, en touchant les objets, s'imagipait toujours qu’il y avait un corps interposé entre ses doigts et ce qu’il touchait. Ferdinando rapporte l'observation d'un malade cacochyme qui perdit la sensibilité sans aucune cause appréciable, dans toutes les parties, la tête entière

exceptée : au bout de vingt-el-un jours de traitement par les purgatifs, il fut guéri. Dans d'autres observations rapportées par différents auteurs, on trouve des exemples d’anesthésie bornée au membre thoracique droit, occasionnée par une chute sur le moignon de l’épaule correspondante; d’anesthésie envahissant successivement différentes parties du corps; la cause présumée fut, dans ce cas, une chute de cheval : d’apesthésie des membres supérieurs et inférieurs produite par le refroidissement rapide: d’insensibilité complète des mains et des pieds aprés l’éruption de phlyctènes sur ces parties, provoquée probablement par leur exposition au soleil: d'anesthésie seule, d’un côté, coïncidant avec la paralysie de l’autre, sans lésion de sensibilité, après wne chute sur le dos; insensibilité dela peau de tout le corps, précédée d'une sorte d'hébétude des sens et d'attaques épileptiques occasionnées par une grande frayeur : d'anesthésie du côté gauche, aprés une chute sur l'épaule et la hanche du côté droit, s étendant latéralement depuis le bord externe du muscle long du dos jusqu'à la ligne blanche, et de haut en bas, depuis Le rebord des pre=

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