‹ Précis pratique et raisonné du diagnosticChapitre 226 sur 240 · CÉCITÉ · texte numérisé non relu

CÉCITÉ

La perte de sensibilité dans un membre n’amêène pas son ätrophie; au contraire, souvent elle le rend plus gros. L’anesthésie n'empêche pas le développement de l'inflammation et . la cicatrisation des plaies.

Dans quelques cas, on rencontre chez les malades qui offrent les symptômes de l’anesthésie, quelques lésions dans les nerfs, le cerveau ou la moelle : mais ces lésions ne différent en rien, quant à leur nature, de celles qui donnent lieu aux troubles de la locomotion ou de l'intelligence. Dans la plupart des cas, comme dans toutes les affections nerveuses , la nature morte est muette pour expliquer les phénoménes de la nature vivante. (

L’induction des faits physiologiques et cliniques fait supposer que dans cette affection il ya un affaiblissement de l'irritabilité des différentes portions du système nervêéux. Il est important pour la thérapeutique de déterminer ces portions. Or, on y parviendra facilement dés que l’on saura quelles sont les parties insensibles , el quelles sont celles qui leur fournissent des nerfs.

La sensibilité spéciale de la vue, de louïe, de la langue, etc., peut également être affaiblie ou méme tout-à-fait abolie. La vue peut être quelquefois complétement paralysée, tantôt dans un seul œil, tantôt sur les deux yeux. Les affections qui le plus souvent donnent lieu à cette perte sont les hémorrhagies cérébrales. Quelquefois la cécité précède de quelque temps l'invasion de l’hémorrhagie cérébrale. Ainsi M. Andral cite plusieurs cas de ce genre, entre autres l'exemple d’un serrurier qui, ayant évrouvé des étourdissements pendant huit erdit la vue, tomba tout d’un coup paralysé du côté

issance revint bientôt, l’'hémiplégie persista; mais,chose remarquable, quelquetemps aprés son attaque, cet homme commença à recouvrer la vue. Le méme auteur rapporte un autre exemple d’un malade chez qui, pendant le mois qui précéda l'attaque de l’apoplexie, la vue se perdit à trois reprises, et la cécité n’a duré chaque fois que quarante-huit à soixante heures.

Une fois que l’hémorrhagie cérébrale survient, la vue peut tantôt aux deux yeux

ie est extrêmement étendue, tantôt sur:

osé à la lésion du cerveau ou du côté

jours P

un seul, du côté opp

correspondant.

x] NS

9i surDITÉ. 7

En apprenant qu'il y a cécité chez un malade atteint de l'hémorrhagie cérébrale, il est difficile de déterminer le siége de la déchirure de la substance du cerveau. M. Serres a cru que la vue ne se perd que lorsque l'hémorrhagie a son siége dans les couches optiques, au niveau de la commissure, mais M. Andral et d’autres médecins encore ont rapporté des exemples de l'hémorrhagie du cervelet donnant lieu à Famaurose.

L'ouïe peut être affaiblie ou abolie complétement. Diffé- | rentes lésions de l'oreille externe et de l'oreille interne peuvent amener ce résultat; mais nous n’allons pas nous en OCCuper : nous n'avons à dire que deux mots sur ces altérations survenant dans le cours des maladies. On appelle dysécie l'affaiblissement de l'ouie, et cophose la surdité complète, Toutes les deux s’observent quelquefois dans le cours des fiévrés graves. Autrefois méme on les regardait comme critiques, mais si nous jugeons d’après quelques cas que nous avons observés nous-même, nous serons obligé de reconnaître dans cette opinion une idée émise au hasard pour favoriser certaines idées préconçues. On a observé encore la surdilé dans les embarras gastriques avec la présence des vers dans l'estomac , et même M. Itard l’a Temarquée sans aucune cause appréciable chez les individus trés lymphatiques. |

La surdité est, dans toutes ces maladies, tantôt le résultat d'un trouble nerveux, survenu dans le nerf acoustique ou dans la portion du cerveau où ce nerf prend naissance, ou e le dépend de l’inflammation développée secondairement dans l'oreille. Ainsi, dans deux ou trois cas où nous ayons observé la surdité dans l’entéro-mésentérite typhoïde , il y avait en même temps un écoulement purulent par l'oreille. Ce phénoméne ne serait-il pas alors comme une nouvelle preuve de la loi établie par M. Louis, que toutes les fois que | mouvement fébrile persiste long-temps, il se développe des inflammations secondaires sur différents points de l’économie.

Le goût peut également, quoique moins fréquemment, Offrir un affaiblissement ou même une abolition ;il en est de: même de l’odorat. Ces deux symptômes s’observent quelquefois dans les affections cérébrales profondes » mais bien plus

SENSATIONS ANORMALES. g15 souvent ils dépendent de lésions plus diréctés de là cavité nasale ou buccale.

Au lieu d'être augmentée ou diminuée, la sensibilité générale peut étre pervertie. Ainsi, il y a des personnes qui res: sentent quelques jours, quelquefois quelques mois avant l'attaque de l’hémorrhagie cérébrale, et surtout avant le ramollissement du cerveau, des fourmilléments des deux côtés ou seulement du côté qui sera plus tard paralysé. Une autre fois, et dans les mêmes circonstances, les malades ressentent un froid glacial aux extrémités des doigts ét des orteils.

Dans les fiévres intermittentes les malades éprouvent une sénsation générale de froid ; dans l’hystérie les femmes ressentent souvent une sensation glaciale au sommet de la tête. Dans la même affection encore, les malades ont la sensation d’une boule qui aurait remonté depuis lPhypogastre jusqu'au cou, où elle leur produit la Sensation d’étouffements. C’est par ce signe que débutent souvent les accés hystériques.

Dans les épilepsies, les maladés ressentent souvent aù moment où l'attaque va commencer, ou quelque temps auparavant, une sensation de froid ou de brûlure sur un point quelconque, et qui remonte ensuite vers la téte au moment où ils perdent connaissance. C’est ce qu’on appelle aura

epileptica.

La vue peut étre troublée de manière à ce que les malades voient les objets entourés d’un cercle rouge ; cela s’observé surtout dans là méningite, dans lés fièvres éruptives. Une autre fois on croit voir sans cesse des tachés noires devant

soi: ce phénoméne s'observe surtout dans laffaiblissement du nerf optique, à la suite dés éxcès vénériens, chez des pérsonnes anémiques. Une autre fois les malades éprouvent des éblouissements; cela s’observé toutés les fois qu’il y à une congestion un peu sensible au cerveau: par conséquent on les rencontre dans la plupart dés maladies aiguës au début, et surtout dans l’entéro-mésentérite typhoïde, dans les fiévres éruptives , etc.

‘Il en est de mémé du tintéement d'oreilles. |

Ces troubles ne sont qué passagers, et ils font croire qu'il en ést de mémé des lésions qui leur correspondent. | Outre lés sensations attachées aux cinq sens, il yena d’autres intérnés qui se répêten£ périodiquement et qui constituéné des besoins, Gest ainsi qué l'on a besoin dé manger,

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