APPÉTIT
de boire, d'évacuer les fèces, de respirer, d’uriner, le besoin du coït, etc.
Tous ces besoins peuvent présenter des modifications qui constituent quelquefois à elles seules des indispositions, et qui d’autres fois peuvent servir de guide pour le diagnostic des maladies.
Appétit. 11 est rare que l'appétit soit augmenté dans le maladies. Néanmoins on observe quelquefois cette particularité même dans la gastrite chronique, où l’on voit les malades éprouver une vraie fringale, à plusieurs reprises, dans l’espace de vingt-quatre heures; mais ce désir de manger s’apaise ordinairement avec facilité dès que les malades prennent un peu d’aliments.
Dans les affections aiguës fébriles, l'appétit se perd en général ; ainsi l’anorexie n'indique pas plus l'affection de l’estomac que celle de tout autre organe.
Dans la gastrite aiguë cette sensation est seulement trés prononcée de maniére à inspirer même quelquefois aux malades du dégoût pour les aliments. Dans la gastrite chronique l'appétit ne se perd pas complétement ; s’il arrive cependant que très souvent, dans cette affection, les malades désirent. beaucoup de nourriture, cela tient plutôt au raisonnement qu’à un véritable besoin, ils sont obligés de s'arrêter après en avoir pris un peu; souvent il leur semble que leur estomac est plein, ce qui est pour eux un motif pour ne plus manger, quoiqu’ils se sentent encore, disent-ils, avoir besoin. « Ainsi se traduit par des sensations diverses cette sorte de lutte qui s'établit entre l'instinct de conservation qui pousse l’homme à réparer ses pertes par l’assimilation de nouveaux matériaux de nutrition, et l'estomac qui se refuse à admettre des aliments qu'il ne pourrait digérer. » { Andral, Clinique médicale.)
M. Piorry aremarqué quel’appétit se conserve assez souvent dans les affections carcinomateuses qui n'occupent que la région pylorique.
Nous devons encore à ce médecin laborieux une remarque très juste que nous avons eu l’occasion de confirmer plusieurs fois, savoir que la présence des enduits sur la langue détruit souvent la sensation de faim, et que dans beaucoup -de cas il suffit de les ôter pour éveiller cette sensation.
. Aussitôt que l'affection aiguë diminue d'intensité, l'appétik
SOIF. 917 revient; mais le mode de traitement influe beaucoup sur cette réapparition. Les évacuants, en général, et les saignées , en particulier, lorsqu'on les répête coup sur coup, ôtent tout -àfait le sentiment de la faim, de sorte, comme le remarque M. Piorry, que si on ne se guidait que d’après le désir des malades pour leur donner des aliments, souvent on les laisserait mourir d'inanition. Il nous est'arrivé, plus d’une fois, qu'en accordant un peu de bouillon et de vin aux malades atteints de maladies graves et saignés abondamment, nous avons éveillé chez eux la sensation de la faim,et généralement ils s’en sont très bien trouvés. La diète extrémement prolongée n’est pas favorable à la résolution des maladies. Rien ne favorise au contraire autant la résolution que d’accorder ua peu d'aliments bons et sains, faciles à digérer, aprés avoir employé les évacuants. Par ce procédé nous prévenons toujours ces engouements passifs du poumon qui succédent souvent à la pneumonie, et nous raccourcissons la durée de la convalescence.
L'appétit peut encore être perverti dans les maladies. Ainsi, les chlorotiques demandent souvent les substances les moins alimentaires et les moins salubres, comme de la terre, du charbon , de la craie, des excréments, etc. Les mêmes désordres s’observent quelquefois au début de la grossesse, ou pendant la menstruation.
Soif. La soif est, en général, augmentée dans les affections fébriles , et il survient de la polydipsie. En général, elle est d'autant plus vive que l’on perd davantage de liquide par les urines ou par la transpiration cutanée. C’est ce qui s’observe même à l’état de santé chez les personnes d’un tempérament nerveux et extrêmement actives.
. D'après ce que nous venons de dire il est facile de voir que état de la soif ne peut servir de signe diagnostic. Il ne faut pas pourtant croire qu’il soit tout-à-fait indifférent pour Île médecin que le malade soit altéré ou non; si la soif ne sert pas à grand’chose comme signe positif, elle peut souvent jeter dujour sur le diagnostic comme signe négatif. C'est ainsi que si un malade présente de la douleur à l’'épigastre et des vomissements, il est presque sans exemple que ces deux symptômes soient dus à une gastrite si ce malade n'est pas en même temps altéré. Eee
Dans la gastrite chronique la soif est quelquefois si vive que
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les malades avaleñt dès quantités énormes dé liquidé, &ù point de donner quelquéfois lieu au diabété. M. Dézéiméris 4 cité plusieurs exemples de ce genre, et M. Andfal én cite uñ malade M. Andral vit disparaître tous les signés dé diabèté dès qu'il parvint à guérir l’inflammation gastrique par les sangsues et les émollients:
Le besoin d’évacuer les sellés ne revient ordinairement qu'une fois dans vingt-quatre heures à l’état de santé; quel: quefois même, comme nous avons dit ailleurs, il se répête moins souvent. Dans les maladies, ce besoin peut se répéter trés souvent. Dans la diarrhée les malades vont à la selle plu : sieurs fois par jour : dans la dysenterie ils se présentent au | pot quelquefois jusqu’à 200 fois, et ont des épreintes contiruelles. On donne le nom de ténesmes à ces contractions ex pulsives de l'intestin.
Asthme. Le besoin de respirer l'air revient également d’une manièreintermittentecomme toutes les autressensations anas logues, mais il se fait sentir plus souvent. A l’état normal, il y a à peu prés dix-huit inspirations par minute. Ce nombre peut augmenter considérablement, comme nous avons dit ailleurs; lorsqu'il ne dépasse pas de beaucoup le chiffre de l’état normal, et que l'air pénètre librement dans les poumons, les ma= lades ressentent un bien-aise qui fait place, dans les circons stances contraires, à une gêne, à une sensation de fatigue, d’essoufflement analogue, devenant surtout marqué lorsque le malade marche un peu vite ou lorsqu'il monte. C’est ce qui constitue la dyspnée, et à un degré plus grand l’orthopnée. Enfin, la gêne de la respiration peut être si prononcée que les malades éprouvent un sentiment impérieux d'introduire de l’air frais dans les poumons,c’est ce qui constitue l'asthme. Cette affection, regardée long-temps comme essentielle , fut bientôt par les travaux des anatomo-pathologistes modernes assignée, dans le plus grand nombre des cas, aux lésions orga=: niques du cœur et des gros vaisseaux , et à l’'emphyséme pulmonaire. Mais si ces deux affections peuvent rendre compte, au moins dans certains cas, des symptômes de l’emphysème, dans beaucoup d’autres circonstances le même trouble de la respiration ne présente aucune lésion organique capable de s'expliquer d'une manière physique, et l’on est obligé de regarder alors ce vif besoin d'inspirer l'air frais comme le ré-
ASTHME. 9 sulfat d'un troublé nérveux qui, dans d'autres nérfs destinés à d'autrés sensations, produit souvent dès éxaltatiôns analogues. Pour nous, lés accès de l'asthme sont pour la réspirâtion ce qu'est la nymphomanie pour l'utérus, là fringale ou polydipsie pour certaines affections d'estomac ; toùs céé troubles fonétionnélé peuvent se présenter isolément, ét devoir leur existence âu trouble nerveux primitif, mais bien plus souvent ils succédent aux lésions organiques de l'utérus, de l'estomac, été. Voici quels sont les symptômes de l'asthme. Cetté maladie à un grand rapport avec d’autrés’affections nerveuses en cé qu’elle a une fmaréhe intermittente , et que, comme elles, elle revient par accès. Ceux-ci se montrent ordinairement le soir, là nuit, ou dans Îles premières heures du jour. Les malades sont réveillés brusquement par un sentient d'oppression, courent auprès de la fenêtre, appelant
. Fair frais, et l’aspirant de toutes leurs forces. La respiration
ést précipitée, haletante , entrecoupée ; l'inspiration et lexpiration sont bruyantes, accompagnées d’un sifflement dû au rétrécissement des voies aériennes; la parole est difficile, bréve; la figure exprime l’effroi, elle est pâle, fatiguée, maigre, dans l’asthme purement nerveux ; elle est aucontrairé livide, vultueuse,dans les affections organiques du cœur etdansl'em- . physème. Enfin, aprés un temps qui varie depuis quelques minutes jusqu’à quelques heures, Ces troubles se calment, la respirationredevient de plusen plus libre, les malades expectorentuné certaine quantité d’un mucus compacte vermieculaire, portant l'empreinte dés cerceaux bronchiques, et le sommeil succéde à l'agitation. Les urines coulent aussi abondamment et offrent un sédiment copieux : ordinairement les accès se répétent plusieursjours de suite pout disparaître enfin totalement. Les attaques reviennent irréguliérement, tantôt aprés un intervalle de plusieurs mois, de plusieurs années, elc.
Cette affection, lorsqu'elle est simple, ne présente pas la méme gravité que l’angine de poitrine.
L'asthme n’est étranger à aucun âge. Ce que M. Guersent appelle laryngite striduleuse ou faux croup ressemble en grande partie à l'asthme, et cette affection à MÊME été décrite par Millar sous le nom d'asthme aigu des enfants , et admise comme telle par beaucoup de médecins.
‘L’évacualion de l'urine est précédée également d’un senti-