‹ Précis pratique et raisonné du diagnosticChapitre 228 sur 240 · DÉLIRE · texte numérisé non relu

DÉLIRE

ment de besoin de rendre ce liquide, qui se répète ordinairement plusieurs fois par jour. Du reste, les différentes circonstances du régime, telles que l’ingestion de boissons alcooliques, de diurétiques, etc., influent sur la fréquence de cetle évacuation.

Dans les maladies, ce besoin peut se faire sentir plus souvent ou plus rarement qu’à l’état normal.

Dans les inflammations de la vessie les malades urinent très souvent ; la sensibilité de la vessie est si grande, que cé besoin se fait sentir aussitôt qu'une petite quantité de ce liquide se trouve contenu dans sa cavité, de maniére qu’on y observe de véritables ténesmes : ceux-ci sont trés prononcés et fréquents dans la distension de la vessie par l’urine.

Dans les affections cérébrales, comateuses , et dans les lésions profondes de la moelle épinière, la sensibilité de la vessie participe à la paralysie des autres parties, et la membrane muqueuse supporte impunément le contact de ce liquide

sans sentir le besoin de son évacuation, de sorte que la vessie ne se distend et l’urine ne s’écoule que par regorgement.

Délire. Le cerveau, l’organe exclusif des facultés intellectuelles, est constamment en rapport avec tous les autres organes de l'économie au moyen des communications nerveuses et d'autres moins rapides, vasculaires.

Par conséquent les affections des différents organes peuvent produire le dérangement dans les facultés intellectuelles, comme si le cerveau lui-même était malade.

On a donné le nom général de délire au dérangement des facultés intellectuelles, qui indique toujours leur aberration de l’état normal. Le délire peut avoir des formes trés variées, être aigu, et accompagné de fiévre et de quelques affections des différents organes, ou consister dans un déraisonnement dans la plupart des cas, chronique, apyrétique, compatible avec l'exercice normal des fonctions de la nutrition. C’est à la premiére variété qu’on a réservé, presque exclusivement, le nom de délire ; l’autre variété appartient à la vaste classe des aliénations mentales.

Les excitations directes du cerveau donnent lieu le plus promplement au délire; ainsi on observe ce phénomène au début des inflammations des méninges et de l’encéphalite. Le délire, dans ces maladies, ouvre à peu près la scéne

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symptomatologique conjointement avec d’autres troubles + des fonctions cérébrales, tels que la céphalalgie, les soubresauts des tendons, les convulsions, les vomissements, etc. - Une autre fois le délire survient encore rapidement, quelquefois même il éclate tout d’un coup, au milieu d'une parfaite santé, et sans que, comme dans le cas précédent, l’apparition de la fiévre, la céphalalgie, le vomissement , etc., indiquassent un travail morbide préalable du cerveau, Cette farine aura lieu lorsqu'une substance narcotique , narcoticoâcre ou toute autre ayant une action énergique sur le cerveau, lui sera portée en assez grande quantité par la voie de la circulation. C’est ainsi que l'alcool, le datura, les racines, les feuilles et les fleurs de jusquiame noire, les feuilles du sumac coriaria , le solanum de jardin, l’opium, le conium, les matières putrides, etc., produisent le délire lorsqu'ils s trouvent en assez grande quantité dans le sang.

Enfin les organes plus ou moins éloignés du cerveau étant malades, peuvent réagir sur cet organe de manière à donner lieu au délire.

Il est important, dans la pratique, de savoir distinguer ces trois espéces de délire.

Le délire de la méningite se manifeste ordinairement dés le début de la maladie, et est accompagné d'autres symptômes dont l’ensemble rendra facile le diagnostic.

La chose ne sera plus également facile lorsque le délire se présente dans le cours d’une affection, comme, par exemple, une entéro-mésentérite typhoïde, une preumonie , etc. Combien alorsil est difficile de savoir si le délire est dû à une inflammation des méninges ou à uneexcitation sympathique? Ne voit-on même pas assez souvent survenir, dans le cours de ces deux affections, tous les symptômes de la méningite, sans qu’à l’autopsie on en trouve la moindre trace ! Heureusement que l’erreur du diagnostic n’a pas ici des conséquences très graves, et que, dans les deux cas, on sera obligé d'agir comme s'il y avait de la méningite, vu que l'excitation fébrile du cerveau indique, en général, l'emploi des évaeuants et des affaiblissants.

Les symptômes de la méningite, et, en particulier, le délire, arrivent si souvent dans le cours de l’entéro-mésentérite typhoïde que, fréquemment, on se trouve d’abord embarrassé dans le diagnostic; cependant l'examen du tube digestif, fait

“attentivement, ainsi que les renseignements fournis par les

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