‹ Précis pratique et raisonné du diagnosticChapitre 229 sur 240 · DÉTIRE · texte numérisé non relu

DÉTIRE

assistants , suffiront presque toujours pour éclairer cette question.

Soit que le délire résulte d’une excitation directe du cér+

veau ou de son excitation sympathique , il n'a rien de particulier dans aucun de ces deux Cas, pour qu’on puisse en juger sur Ja nature de la maladie. Il est susceptible d’une foule dé modifications comme la pensée elle-même; par conséquent personne n’est én état de décrire tous les symptômes du délire. La figure des malades en délire offre, en général, une excitation : elle est plus ou moins animée ; les yeux sont brillants, injectés, exprimant quelquefois la fureur; une autre fois fermés, ne pouvant supporter la lumiére. Le délire Juiméme consiste dens une révasserie continuelle, en dés cris, des visions, tantôt en une fureur, des vociférations, des éclats de rire, ète. En même temps les sensations né son£ pas toujours complétement émoussées; il y a des malades qui demandent à boire, d’autres se découvrent ou se couvrent lorsqu'ils ont chaud ou froid.

Le délire ne débute pas avec sa plus grande intensité; ordinairement on commence à apercevoir quelques traces d’excitation cérébrale, dans la vivacité du regard, dans la briéveté des réponses, l'agitation, les mouvements insolites des sourcils, etc.

il est encore important de savoir distinguer le délire proprement dit de la folie. Dans cette derniére, et dans la manie en particulier, il y a également un délire roulant sur différents objets, mais le plus souvént celui-ci n’est pas accompagné de fièvre, ou s’il l'est, la fièvre cesse presque toujours én peu de temps, et laisse persister le délire. En outre, dans le délire proprement dit, on rencontre très souvent quelques troubles du côté du tube digestif, de l’appareil respiratoire; urinaire, ete. , ce qui ne s’observe dans là manié que d'une maniére tout-à-fait accidentelle.

Il y à des délires dus à l’action de causes spéciales qui conservent constamment un caractére particulier d'aprés lequel. il est facile de reconnaître leur nature. Ce que nous venons de dire s'applique surtout au délire tremblant, delirium treméns, et au délire nerveux de Dupuytren; ces deux espèces de délire s’observent chez les sujets adonnés aux bois: sons alcooliques, ou chez ceux qui ont souffert béaucoup pendant dés opérations douloureuses, surtout chez ceux dont l'imagination 4 été vivement frappée ou qui se sont retenus

ALTÉNATION MENTALE, ÿ28 de crier. L'invasion de ce délire est subite; celui qui est occasionné par l’abus des boissons alcooliques commence ordinairement au moment d’une orgie ; il roule sur les occupations habituelles des malades; il est doux ou furieux, mais il ne les empêche jamais de reconnaître les personnes de leur connaissance et de répondre même juste à la plupart des questions; cependant le délire reparaît aussitôt que l’on cesse de fixer leur attention. Quelquefois les malades, au lieu d’un babil ordinaire, poussent des cris, des vociférations, et l’on est obligé de les contenir.

Outre les troubles de l'intelligence, on observe dans cette affection une agitation des membres, et surteut des membres thoraciques, qui présentent un tremblement plus ou moins prononcé. La mâchoire inférieure est aussi agitée quelquefois convulsivement ; dans quelques cas même on a vu de l’écume se montrer sur les lévres. Avec tout cet appareil de symptômes, il y a absence de fièvre , le pouls n’est pas accéléré,

souventäil est ralenti, et il y a presque constamment de la

constipation.

Aliénation mentale. La folie ou l’aliénation mentale con-

siste dans un dérangement des facultés intellectuelles, etse présente sous différentes formes.

” Les actes des facultés intellectuelles consistent en déterminations dont la source n’est pas toujours la même; dans l'homme il y en a deux bien distinctes : l’une donne lieu aux déterminations brusques, violentes, irréfléchies, non raisonnées : ce sont les déterminations instinctives ; l’autre donne lieu aux déterminations consenties, raisonnées, amenées par la volonté, etc., ce sont les déterminations raisonnées.

Le cerveau est la source de ces dernières; sans cet organe il n’y a pas de réflexion, de comparaison, de jugement, de volition, etc.On peut facilement s’en assurer par les expériences

sur les animaux, et par les observations des monstruosités..

En se représentant la moelle allongée et la moelle épiniére comme le premier levier destiné à produire tous les actes de la motilité, de la locomotilité, de la sensibilité, etc., on conçoit assez facilement la production des déterminations raisonnées par l’action du cerveau sur ce levier (1).

(a) Pathologie générale de M. Frédéric Dubois, tom. IT, p. 202,

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