HYPOCONDRIE
personnes une maladie là où il n’y en a aucune, ou qui fait aggraver considérablement les plus légéres indispositions. Les fonctions du tube digestif sont le plus à la portée de l’observation des personnes étrangères à la médecine: d’où il arrive que c’est dans l'appareil digestif, et surtout dans l'estomac, que ces malheureux voient leur maladie ; de là vient aussi qu’on a donné à cette maladie le nom del’ hypocondrie, car on la croyait provenir du tube digestif; telle était encore parmi les auteurs plus récents l'opinion de M. Villermay. Cependant il est démontré aujourd’hui que si les organes supposés malades par les hypocondriaques ,et les organes digestifs en particulier présentent quelques altérations graves, celles-ci étaient toujours précédées par le désordre intellectuel. Ce n’est qu'en trouhlant sans cesse les fonctions par l'examen conlinuel des évacuations, par le choix malheureux des aliments, et surtout par l'emploi maladroit des différentes espèces de drogues irrilantes pour rémédier à la dyspepsie, la gastralgie, l'obstruction du foie, etc., imaginées, que l’on parvient à lalongueà créer cesallérations mêmes, ou au moins quelque chose de semblable.
Les troubles de la digestion ne sont pas les seuls qui occupent l'esprit des monomaniaques ; il y a des monomanies pneumo-cardiaques,encéphaliques, dans lesquelles les malades se croient alors affectés des poumons, du cœur, etc.
Les autres «se voient dépérir tous les jours, et se plaignent de faiblesses générales, d'anéantissement, de sensations vagues et douloureuses , de la perte de courage, de la volonté, etc.; ils donnent le plus souvent une cause trés éloignée à leurs maux , soit l’hérédité, se prétendant issus de parents malsains, soit à la masturbation à laquelle ils se sont livrés à une époque souvent fort reculée, soit à la syphilis, dont jadis ils ont eu quelques signes, etc, »
La monomanie nostalgique constitue une autre variété de Fhypocondrie ; elle se développe sous l'influence de l'expatriation ; lexilé à toujours sa patrie devant ses yeux; les plaisirs du présentne sont rien pour lui; il ne vit que des souvenirs, tout ce qui l'entoure d’agréable est déprécié dans son … esprit par la comparaison avec ce qu’il avait dans sa patrie: de tristes pressentinents lui persuadent qu'il vit au milieu de la destruction ; il devient complétement indifférent à tout ce