DES SIGNES TIRÉS DE L'APPAREIL MUSCULAIRE
La principale fonction de l’appareil musculaire est la locomotion. Cette fonction reste en plus grande partie , comme on le sait bien, sous la dépendance de l’innervation, de sorte qu'abstraction
faite des troubles produits par des lésions trauma-
tiques des muscles et des os, toute lésion de la lo-.
comotion indique celle de l’innervation.
Les troubles de la locomotion se présentent sous deux principales formes : 1° sous la forme de paralysie; 2° sous la forme de convulsions.
La paralysie est une abolition plus où moins complète de la contractilité musculaire. Les convulsions consistent dans un désordre de cette faculté, désordre qui soustrait la locomotion à l’em-
pire de la volonté.
$ I. Paralysie.
La paralysie peut être complète ou incomplète,
PARALYSIE GÉNÉRALE, 361 générale, occuper une des moitiés du corps, ou être partielle.
Toute paralysie de la locomotion prouve l’affaiblissement ou l’abolition de linnervation locomotrice dans les parties affectées. C’est la seule défi nition que nous croyons applicable à toutes les formes de paralysie. Il n’y a pas, eneffet, toujours une lésion de la substance nerveuse dans les cas où il ya paralysie. Dans les cas où cette lésion existe, c'est ordinairement une déchirure, une rupture, une compression ou toute autre lésion, en un mot, qui peut, d'une manière quelconque, empêcher le fluide nerveux de circuler librement depuis le centre jusqu'aux parties où la volonté le dirige, Mais il y a aussi d’autres causes qui agissent directement sur l’innervation, qui la rendent, si je peux m’exprimer ainsi,un mauvais conducteur de celle partie de la volonté, et qui l’empêchent par conséquent d'imprimer son influence aux parties affectées.
IT est important pour le diagnostic de savoir si la paralysie survient tout d’un coup ou lentement, si elle n’a pas été précédée par des troubles dans d’autres fonctions de l’innervation , telle que la sensibilité ou l'intelligence.
a) Paralysie générale. — Ta paralysie qui arrive tout d’un coup est-elle générale? Elle reconnait pour cause une hémorrhagie cérébrale
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très considérable dans un hémisphère ou dans les deux à la fois, un coup de sang on une congestion violente vers le cerveau, un épanchement séreux ou une apoplexie séreuse; ou enfin un troublé purement nerveux, ou l’apoplexie nerveuse. Ces deux dernières causes sont si rares compar ativemeht aux deux premières, que lorsque la paralysie générale survient tout d’un coup, on peut l’atiribuer soit à une hémorrhagie du cerveau, soit a une violente congestion.
1 ) Hémorrhagie cérébrale. — Pour que l'hémorrhagie du cerveau donne lieu à uné paralysie générale, il faut, comme nous avons déjà dit, que les deux hémisphères soient compromis de mänière à interrompre le passage de l'innervation du centre à là circonférence. Cette interruption peut alors survenir de deux manières : tantôt les deux hérnisphères sont déchirés, et alors l’hémorrhagie est double; tantôt la déchirure n’a lieu que dans un
seul hémisphère; maïs le sang, extr avasé en grände quantité, comprime l'hémisphère opposé, ou même sy rend quelquefois par des communications ventriculaires, ou après avoir rémpu le septum lucidum. Enfin, ce qui peut Servir au diagnostic de cette forme d’hémorrhägie cérébrale ; c'est la terminaison fatale qui suit ordinairement de près cette espèce de parälysie, ou la réduction de
PARALYSIE SÉNÉRALE, 363 la paralysie générale en hémiplégie qui persiste. 2) Coup de sang. — Une congestion forte vers le ceryeau , ou ce qu'on a appelé le coup de sang, donne assez souvent lieu à une paralysie : générale. C’est même la forme que le coup de sang affecte presque constamment, vu qu’ordinairement les causes des congestions agissent également sur les deux hémisphères. Mais alors la maladie n’est presque jamais suivie de mort, et comme le remarque très bien M. Rostan, la paralysie ne dure que peu de temps, quelques minutes, ou plusieurs heures au plus, excepté dans des cas irès rares tenant probablement aux dispositions individuelles. Lorsqu’elle disparait, elle fait place à l’état normal, mais elle ne se réduit pas en hémiplégie.
3) Apoplexie nerveuse. —1l est impossible de dire, pendant la vie, si la paralysie est due à l'apoplexie nerveuse, |
4)4poplexie séreuse. — I est également difficile de diagnostiquer si la paralysie est due à un épanchement de sérosité dans les ventricules. On peut seulement présumer cette cause lorsque le malade paralysé est en même temps porteur de quelques épanchements dans d’autres cavités, et lorsqu'il n'offre pas de signes extérieurs de congestion sanguine vers la tête.
9) Paralysie des aljénés, —D ans d'au
tres cas, la paralysie générale survient lentement; elle est précédée d’un certain ordre de symptômes qu’il importe beaucoup de connaître pour pouvoir diagnostiquer sa nature. C’est ainsi qu’il est une période d’aliénation mentale connue sous le nom de démence, dans laquelle aux troubles de lintelligence se joint une paralysie. Cette forme ne sera pas difficile à diagnostiquer; elle se montre chez les aliénés; sa marche est très lente, progressive, et en même temps qu’elle se développe on voit du côté de l'intelligence, l'excitation faire également place à l’imbécillité. Cet état indique un désordre profond du côte du cerveau , désordre qui se termine généralement par la mort, suivant d’assez pres cette fâcheuse complication.
6) Paralysie de l'état comateux de la meningite. — La paralysie générale s’observe encore pendant le coma dans la méningite. Il ne sera pas difficile de la diagnostiquer en s’informant des antécédents. D’après quelques auteürs, elle indique alors, de même que la paralysie de la sensibilité et de l'intelligence qui accompagnent, la compression du cerveau par un épanchement. Cependant, tout en accordant à cette cause la faculté de produire un pareil effet, nous sommes obligé de reconnaitre qu’elle est loin d’être la seule, et d’être con-
cluante, La science possède des faits où l’état comar