FIÈVRE INTERMITTENTES
est l’abus de boissons alcooliques, les douleurs oc casionnées par quelques opérations, les fractures des membres, etc.
Le mercure et le plomb peuvent également, par leur introduction dans l’économie, donner lieu à la longue au tremblement des membres. Il ne sera pas très difficile de reconnaitre alors la véritable nature de l'affection. Le plus souvent, les renseignements sur la profession des malades peuvent conduire sur la voie du diagnostic.
h) Fièvre intermittente. — Les symptômes de la fièvre intermittente présentent trois périodes principales, connues ordinairement sous le nom
Yi
de stades. -
Le premier stade est caractérisé par une sensation de froid qui commence d’abord au dos et aux extrémités ; en même temps, il survient des bâillements, des pendiculations, le sentiment d’une
oppression générale. La peau est généralement pâle,
et prend l'aspect de chair de poule ou de chair
d’oie; les lèvres et les ongles deviennent livides, Le tremblement est plus ou moins prononcé; quelquefois les malades claquent des dents, le plus souvent ils se rapetissent dans leur lit; la respira-
| tion devient gênée et accélérée, La durée ordinaire
de ce stade est d’une demi-heure à une heure ; elle peut se prolonger pendant plusieurs heures ; en— suite les frissons se dissipent graduellement, et
alors arrive le deuxième stade, caractérisé par le sentiment de chaleur générale; toute la peau devient chaude , le visage est quelquefois injecté, les yeux brillants; on observe le battement des carotides , en un mot, tous les symptômes qui caractérisent la fièvre 2nflammatoire.
La durée de ce stade est à peu près égale à celle du premier.
Le troisième stade se caractérise par une {ranspiration plus ou moins abondante; sa durée est variable, elle va rarement au-delà de trois ou quatre heures.
Une fois que le troisième stade est terminé, les
malades rentrent dans les conditions normales,
mais ordinairement pour un temps plus ou moins
long, au bout duquel les mêmes symptômes reparaisssent, |
L'espace de temps qui sépare les deux pa roxysmes s'appelle apyrextie. L'apyrexie peut être plus ou moins longue, et selon sa durée on dis: tingue différentes espèces de fièvre.
1° Fièvre intermittente &erce, dans laquelle l’'apyrexie dure quarante-huit heures, et dans laquelle les paroxysmes reviennent tous les deux jours,
29 Fièvre intermittente quotidienne , dont l’& pyrexie ne dure que vingt-quatre heures, et les paroxysmes se répètent tous les jours. |
3° Fièvre quarte ; qui présente l’apyrexie la
FIÈVRE INTERMITTENTE. 595 plus longue de ces trois variétés, et les jours de paroxysmes laissent entre eux deux jours d’intervalle,
4° Fièvre tierce double, dans laquelle on voit lés paroxysmes revenir tous les jours, différant sous le rapport de l'intensité, de la durée ou de l’époque de leur appar ition, mais se correspondant tous les deux jours.
bo Fièvre tierce doublée, offrant, le même jour, deux paroxÿmes qui se répètent sous le type de la fièvre tierce.
6° Fièvre triple, lorsqu'il y a deux paroxÿsmes tous les deux jours, et un le jour intercalaire,
Outre les variétés que nous venons d’énumérer, on en a distingué encore d’autres, telles que : quadruple tierce, double quarte, quarte doublée, quarte triplée, les fièvres quintanes, sextanes, hebdomadaires, octanes, nonanes, decimales, quatuordécimales , trimestrielles, annuelles, etc., etc. De toutes ces variétés, la fièvre tierce est la plus fréquente; viennent ensuite la fièvre quotidienne et quarte. Les fièvres tierce doublée et double-tierce, sont plus rares, et les autres le sont tellement, que leur existence est même problématique pour beaucoup de médecins.
Quelle que soit la forme de la fièvre, les pa roxysmes se composent ordinairement des mêmes
symptômes que nous avons décrits ci-dessus:
Cullen a remarqué qu’en général la durée de l’apyrexie est en raison directe de celle du froid, et en raison inverse de celle des paroxysmes pris en totalité. C’est ainsi que, d’après lui, la quarte, qui à une très longue apyrexie, a en même temps, le stade de froid le plus long et le plus violent; mais, en général, le paroxysme le plus court. La fièvre tierce ayant une apyrexie plus courte, a le froid plus court, mais son paroxysme est plus long. Enfin, dans la fièvre quotidienne, où l’apyrexie est la plus courte, le froid est aussi très court, mais le paroxysme très long. Il a observé également, ce qui n’est que la conséquence de ce que nous venons de dire, que plus le paroxysme est long, plus il a de tendance à se répéter (1).
Dans certains cas, un des stades de la fièvre intermittente manque, ou, ce qui arrive plus souvent, l'ordre de succession des stades est plus ou moins troublé; c’est ce qui constitue les fièvres intermittentes anormales des auteurs.
Voici quelles sont les formes les plus fréquentes des désordres musculaires. Elles sont loin d’épuiser complétement la faculté contractile des muscles. Mais, comme nous avons dit déjà ailleurs, un livre ne suffirait pas pour consigner toutes les nuances des désordres de la motilité, Nous n’avons donc
(a) Znstitutions de médecine pratique, tom, T, pag, 14.
FORMES RARES DES NEVROSES. 397 fait que signaler les variétés principales ; il faut en être bien convaincu, et ne pas s'attendre à trouver toujours dans la nature les portraits complétement fidèles des tableaux que nous avons dépeints.
Dans quelle classe mettrons-nous l'affection que nous avons eu occasion d'observer chez une malade qui perdait instantanément connaissance et présentait quelques convulsions dans les muscles de la face et des bras ? Du reste, cette malade restait debout , mais elle marchait à reculons, et elle ne tombait que lorsque ses pieds allaient se heurter contre quelque obstacle.
Dans quelle classe rangerons-nous l’exemple de l'individu chez qui M. Piorry nous disait avoir observé une perte instantanée de connaissance sans chute, accompagnée de mouvements des membres superieurs tout-à-fait analogues à ceux que l’on fait pour se déshabiller. Chez l’un comme chez l’autre de ces malades, après quelques minutes, les désordres musculaires disparaissaient, et au bout d’un - bon quart d'heure ils reprenaient complétement leur connaissance.
Certes il n’y a pas là ressemblance parfaite avec les symptômes d'aucune des formes què nous avons décrites, ei pourtant, si on les examine lune après l’autre, on verra par la voie d'exclusion que l'affection dont il s’agit ne peut être placée
que dans la catégorie des épilepsies; ce que nous ve-
nons de dire pour lépilepsie s’applique à toutes.
les autres formes des désordres musculaires.
Dans un autre cas quenous avons encore sous les yeux el qui estintéressant sousbeaucoup de rapports, l'affection se présente sous la forme d'accès irréguliers; chacun d’eux débute comme nous avons vu débuter les accès d’hystérie. On observe aussi , comme dans cette dernière affection, des convulsions étendues, expansives, des frottements de la région antérieure du cou avec la main. Cette scene se termine également par quelques sanglots ou quelques inspirations profondes; certes, jusque là,
tout ressemble à ce que nous avons décrit dans
lhystérie , mais ce n’est aussi que là que com-,
mence l'embarras de notre diagnostic, lorsque nous voyons les symptômes qui viennent d’être décrits faire place immédiatement à un délire très gai,
roulant sur les occupations ordinaires de la ma-
lade ( une danseuse), sur $es conversations avec
différentes personnes, chantant de nombreux morceaux d'opéra, récitant des dialogues, exécutant avec les jambes les mouvements de divers pas, et malgré cela, étrangère à tont ce qui se passe autour d'elle, insensible aux bruits très forts et à de profondes piqures d'épingle, ne manifestant des
signes de souffrance que lorsqu'au milieu de
SIÉGE ET NATURE DES NÉVROSES. 999 son délire elle exagère la flexion du genou qui est malade. Le délire ne disparait qu'au bout d'un bon quart d’heure ou une demi-heure ; les yeux s'ouvrent alors , mais les idées restent encore
troubles quelque temps. Pendant toute la premiére
période de l’accès la figure est animée comme dans
lhystérie, et dans la deuxième période, elle reprend son teint normal.
Cet exemple est extraordinairement curieux ; nous n'avons jamais lu la description d’un accès
semblable d’hystérie, et cependant nous ne pouvons
placer la maladie en question ailleurs qu’à côté de
cette névrose.
Ayant fait sentir l'insuffisance des divisions
scolastiques des troubles de la locomotion, nous
ailons continuer leur diagnostic par quelques con-
| sidérations sur leur localisation et leur nature.
$ 3, Considérations sur le siége et la nature des affections nerveuses.
Dans tous les exemples de convulsions cités cidessus , le système musculaire est évidemment mis en exercice fmais il est lié au désordre de l’inner-
| vation autant que la locomotion normale est liée
aux conditions normales du système nerveux. , Pour pouvoir bien se rendre compte des différents phénomènes observés dans les diverses for-
mes des convulsions que nous avons rapportées pour exemples , il ne faut jamais perdre de vue le mécanisme de la locomotion normale, ni oublier qu’il se compose de plusieurs éléments.
Toute contraction musculaire, telle circonscrite qu’elle soit, suppose l'influence d’un agent particulier qui parcourt les nerfs et arrive jusqu’à leurs dernières ramifications, se perdant dans les fibres musculaires. Cet agent, quoique nous ignorions sa nature, doit avoir quelque analogie avec le fluide électrique, qui, mis en rapport avec les
muscles, sollicite également leurs contractions.
Nous supposons que Île système cérébro-spinal,
est la principale source de l’innervation, et nous
croyons que de lui partent toutes les influences ca-
pables de donner lieu à la contraction musculaire. Mais ces influences peuvent être provoquées diversement, vu que le cerveau agit tantôt comme siége de stimulation directe, tantôt comme instrument de perception , de volition et de coordination de la faculté motrice. Par conséquent, l’excitation peut partir de n'importe laquelle des sources que nous venons d'indiquer , et son résultat sera toujours le même , savoir la contraction.
Ainsi, il est facile de prévoir que les troubles de la locomotion, que nous avons observés dans les
différentes névroses, peuvent reconnaître un siége