SIÉGE ET NATURE DE L'ÉPILEPSIF
de leur soustraction à l'influence du cerveau que les convulsions acquièrent une si grande intensité. D'après ce médecin distingué, il s'y passe alors ce qui a lieu ordinairement dans les phénomènes instinctifs. « Qu'un danger ordinaire menace Vhomme, c’est son intelligence qui lui inspire Îles moyens de salut, qui hâte et règle ses mouvements; en un mot, qui se charge de le soustraire à ce péril. Aussi, dans ce moment, l’homme intelligent l’emporte-t-il sur l'homme médiocre; mais qu'un plus grand danger bouleverse tout-à-coup son entendement, qu’il anéantisse toutes les forces de son âme, il serait perdu si, par une prévoyance admirable de la nature, il n’existait en lui, et comme en réserve, un autre principe de déterminations, un principe tout organique, tout-puissant, qui ne raisonne pas, mais qui agit, qui ne crie pas à l’homme de se sauver, mais qui le pousse en arrière et l’arrache à la mort........... Rien de plus opposé que la voix de l'intelligence et celle de la puissance vitale; pour s’en faire une idée, il n’est pas même besoin de recourir aux divers états morbides. Écoutez le cri instinctif et articulé de l’homme qui mesure ‘un danger et qui appelle ceux dont il attend un prompt secours, c’est le cri de la raison; il est accentué et soutenu par l'intelligence; aussi va-t-il
éveiller tous ceux qui ont vécu eñ société avec lui.
Écoutez, au contraire, le cri de ce même homme, lorsqu'un affreux danger a frappé de stupeur ou aboli son intelligence ; c’est le cri sauvage de la puissance vitale; il est percçant, douloureux, terrible ; non seulement il va droit au cœur de tous les humains, mais, comme l'a remarqué un naturaliste profond, les animaux eux-mêmes ne peuvent l’entendre sans terreur. »
Après l'explication que nous venons de rapporter, on peut se rendre compte des convulsions de
l’hystérie et de la différence qu’elles présentent dans
les deux degrés, tout en admettant son point de.
départ et son siége principal dans le système nerveux de l'utérus,
Nous n'ignorons pas qu'on oppose beaucoup d’objections à cette dernière opinion, entre autres celle de la rareté des accès hystériques chez les
femmes après l’âge climatérique, époque où les
lésions de l’utérus deviennent, au contraire, très.
fréquentes, Cette objection, si c'en est une, n’est rien moins que spécieuse. En effet, tout en plaçant .lhystérie dans l'utérus, les partisans de cette opie » s e nion n'ont aucunement la prétention de la placer dans le tissu même de cet organe, mais dans le système nerveux qui l’entoure. Toute lésion de lhystérie consiste dans le trouble de ce système, Plus sa
sensibilité est grande, plus il sera facile d'y pro-