DES SIGNES TIRÉS DU SOMMEIL
Le sommeil normal peut être quelquefois plus ou moins empêché dans les maladies. Les insomnies
s’observent surtout dans le cours des affections ai-
SÔPORs CÔMA, 133 gués très douloureuses, ou donnant lieu à un mou vement fébrile prononcé. Mais il est difficile, même impossible, d’en tirer quelques inductians pour le diagnostic des maladies.
Quelquefois le sommeil présente des formes qui méritent d’être notées, étant plus particulières à certains genres d’affections.
On distingue : 1° La somnolence ou l'assoupissement. C’est un état intermédiaire entre le sommeil et la veille; il s’observe surtout dans la méningite et dans quelques fièvres graves. On dirait alors que les malades désirent dormir, maisqu’ils en sont empèchés par des excitations incessantes pas assez fortes pour les réveiller complétement, cependant suffisantes pour les réveiller à demi.
2° Le sopor ou cataphora. Le sommeil est lourd , et le réveil difficile.
3° Le coma, degré d'assoupissement encore
| plus prononcé que dans la forme précédente, On
en distingue deux variétés : Coma vigil, assou-
- pissement accompagné de délire, Le malade parle
seul, ses yeux sont fermés il les ouvre lorsqu’on appelle, et les referme aussitôt. Coma somnolentum. Assoupissement sans délire , accompagné de taciturnité. Le malade ne parle que lorsqu'on le réveille, il se tait et reste immobile dans leg intervalles,
14 SoMMETL:
"46 Carus. Tnsensibilité complète dont rien ne pas tirer les malades.
© 5° Léthargie. Sommeil dans lequel les percep-. tions extérieures ne sont pas complétement abolies; mais il y a immobilité absolue et impossibilité de réaction. Toutes ces formes de sommeil morbide se rencontrent assez souvent dans les affections cérébrales, dans les fièvres graves, etc.
D’après le témoignage de quelques auteurs, la léthargie paraît aussi constituer par elle-même une, maladie que l’on doit placer à côté des autres névroses , telles que la catalepsie, l'hystérie, que nous avons vues exister comme essentielles, puis comme symptomatiques. Nous avons lu plusieurs faits de ce genre, dans une thèse pleine d'intérêt, Soutenue à la Faculté de Médecine de Paris, en 1833, par M. le docteur Pfendler de Vienne. Pour donner une idée de l'affection qui nous occupe; ‘nous. allons rapporter en abrégé un cas très curieux, qui se trouve consigné dans ce travail (1).
Mademoiselle J. M., âgée de 15 ans, réglée à 14 ans, d’une santé par He d’une bonne conformation, de tempérament sanguin ; très blanche,
avec des couleurs fraiches et vermeilles, fut soup*
te 1) Quelques observations pour servir à Phistoire de la lea thargiés Thèse soutenue à Paris, le 0 août 1883.