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DES SIGNES TIRÉS DE LA RESPIRATION

$ I. Des signes tirés des; mouvements respiratoires.

La respiration est facile, douce et égale à l’état nor

mal. Dans l'enfance, elle «est principalementexécutée |

en donnant surtout la préfére nce aux travaux que distinguent la logique et la sévérité du jugement, — Nous recommandons particulièrement à nos lecteurs, l’excellent article déja cité du Dictionnaire en 15 volumes, par M. Bouillaud, et le travail de M. Fr. Dubois, intitulé : Examen historique et raisonné des expériences prétndues magnétiques faites par la commission de l Académie ro: yale de médecine.

Nous devons également à notre très bon ami, M. Dechambre, un des plus disting ués internes des hôpitaux, deux lettres très intéressantes publiées dans la Gazette Médicale

{ 12 septembre 1835 et 22 avril 1857 }. M. Dechambre ne

se contente pas de nous mwiontrer jusqu’à l’évidence les.

exemples de supercherie des magnétiseurs; mais, ce qui est plus curieux, il nous apprend que la veuve Brouillard et Pe-

tronille, deux célèbres héroïne s des expériences magnétiques

de Georget, bases sur lesquelles, d’après M. Dechambre;

M. Rostan a bâti en partie son article Magnétisme du Dicte

en 21 vol, observations que M. Andral regarde dans ses

Lecons, comme les seules valables de toutes celles quà Ÿ ÿ Là 4

par les muscles intercostaux, comme l’observe M. Landré-Beauvais (1); chez les adultes, autant par les muscles intercostaux que par le diaphragme, tandis que c’est ce dernier muscle qui agit le plus dans la respiration des vieillards. :

Le nombre des inspirations n’est pas le même chez tous les individus. Chez les enfants de la première année, le thorax se dilate et se resserre ordi-

# nairement trente-cinq fois par minute, vingt à la puberté, et dix-huit-chez le plus grand nombre des adultes. En général, on peut compter une respiration sur quatre pulsations.

ont été publiées; il nous apprend, dis-je, que ces deux femmes se sont constamment moquées des magnétiseurs, — Une d'elles, Pétronilie, est morte phthisique, à la Salpétrière, en 1833. M. Gorré, praticien à Boulogne-sur-Mer, était alors interne de la salle, et M. Perrochaud, actuellement in+ terne à l’'Hôtel-Dieu, faisait le service d’externe. Eh bien, ces deux messieurs m’autorisent à déclarer, dit M. Dechambre, et s'offrent d’attester au besoin, que dans les der- | miers temps de sa vie Pétronille leur a souvent avoué n’a- | voir jamais éprouvé le moindre symptôme de somnambu- … lisme, et s'être constamment moquée (c’étaitson expression) WE Georget et des autres. Elle affirmait avoir passé avec Brouillard plus d’une délicieuse soirée à énumérer toutes les mystifications de la journée, et à préparer celles du lendemain.

(1) Séméiotique, où Traité des signes des maladies, Paris, 1815, 3e édition.

La respiration des femmes parait être plus fréquente que celle des hommes. Le sommeil sans rêves pénibles la ralentit un peu; elle peut être influencée par une foule de circonstances , telles que larrivée du médecin , la crainte ou la préoccupation de la part des malades , une position gênée.

‘Pour bien apprécier la respiration , le médecin

ne doit sen occuper qu’ après avoir habitué le ma-…

LÀ

lade à sa présence par quelques questions sur d’autres fonctions de l’économie. La position assise où couchée est la plus favorable pour l'observer. Le médecin ne doit pas, comme le font quelques pra-

ticiens, dire aux malades de respirer. Cet ordre

fait naître dans l'esprit des malades une préoccu-

pation capable de modifier la respiration. On évite.

cet inconvénient en comptant le nombre des inspi- Yations immédiatement après avoir compté le pouls et sans quitter le bras.

Les changements pathologiques de la respiration, appréciables à l'œil, se rapportent 1° au nombre des respirations dans un temps donné; 2° a la vitesse avec laquelle s’exécutent les mouvements d'inspiration et d'expiration ; 3° à la quantité d’air inspiré; 4° à la difficulté des respirations ; 5° à leur inégalité. Ces différentes modifications constituent

Ja respiralion rare et fréquente, vite, prompte et

lente, laborieuse, suffocante, haute ou sublime, inégale, etc.

1° Elle devient fréquente dans les inflammations accompagnées d’un mouvement fébrile , et surtout dans celles des organes thoraciques et du péritoine, dans les obstacles mécaniques de la respiration, et encore davantage, comme l’observe M. Andral dans ceux de la circulation. Le degré de fréquence n’est pas toujours le même; quelquefois il n’y a que vingt-quatre à trente inspirations par minute; une autre fois de trente à quarante, quarante-cinq, cinquante, même soixante, Dans un cas nous avons vu la respiration tellement fréquente qu’elle imitait parfaitement celle d’un chien fatigué d’une longue course , sous un soleil ardent, et cependant chez le malade qui fait le sujet de cette observation, il n’y avait aucune lésion dans les poumons ni dans le cœur; il était affecté d'un rhumatisme des muscles thoraciques et abdominaux, compliqué de

douleurs de cuivre.

Ainsi, il est facile de voir que la fréquence plus ou moins grande de la respiration ne peut pas conduire par elle seule au diagnostic du siége ni de la nature de l’affection.

Fa respiration rare est l'opposé de la variété précédente. Elle n’a pas non plus une grande importance sous le rapport du diagnostic. Toutefois elle

indique l'oppression des forces. On la trouve assez souvent dans les affections cérébrales, surtout dans leur deuxième période ou la période d’affaissement. Celle dont les intervalles ont une très longue du= rée indique la gravité de la maladie, et appartient presque toujours à l’agonie.

9° La respiration vite a lieu lorsque les mouvez

ments d'inspiration et d'expiration s’exécutent avec

rapidité; elle sera lente dans les conditions oppo=

sées. En général, la vitesse coïncide avec la fré=

quence , et la lenteur avec la rareté. Cependant le contraire arrive. Ainsi, dans les pleurésies, la douleur étant très violente , les expirations seront très promptes quoiqu'il puisse n’exister aucune accélération sensible.

La combinaison de, la respiration prompte avec

‘la rare s’observe dans l’agonie où les muscles in=

spirateurs se contractent presque convulsivement ?

où les puissances expiratrices étant affaiblies succombent instantanément , et l'expiration est aussi courte que l’inspiration a été rapide.

. 39 La respiration grande est celle qui consiste

dans des mouvements étendus de Pinspiration et

de l'expiration. Elle suppose en général Pintro=

duction d’une grande quantité d’air dans les pou=

mons. Les conditions opposées constituent la res+

piration petite. Elle indique presque toujours la

perméabilité des poumons à l'air et l’état normal des puissances inspiratrices et expiratrices.

Une seule inspiration grande suivie d’un long intervalle s’observe assez souvent dansles affections cérébrales, M, Lardré-Beauvais dit avoir remarqué ce signe dés le deuxième ou troisième jour de ces affections,

4° La difficullé de li respiration est désignée par le mot dyspnée. Elle présente différents degrés. Le moins prononcé est la respiration simplement laborieuse , lorsqu'il y a de l'oppression sans que les malades soient forcés de quitter la position horizontale, Une autre fois, pour pouvoir respirer sans étouffements , les malades se tiennent assis ou debout, c’est l’orthopnée. Dans d’autres cas, les mouvements respiratoires sontempêchés par la violence de la douleur, comme, par exemple, dans la pleurésie, c’est la respiration entrecoupée. La respiration haute, sublime, existe lorsque le malade est contraint de rester assis, et lorsqu’en même temps il élève les côtes comme dans la respiration grande.

Enfin, la gène de la respiration peut être si grande que les muscles inspirateurs se contractent à peine; le thorax et le ventre s’élèvent alternativement, le cou renversé en arrière, erecta cervice.

- L'oppression qui caractérise le premier degré de

la dyspnée s’observe dans les inflammations du oumon, dans les bronchites capillaires, dans Îles

pleurésies indolentes avec épanchement. La respi-

ration entrecoupée se voit, comme nous avons ,

déjà dit, dans les affections accompagnées de douleurs vives dans les parois thoraciques.

Les trois dernières formes de lorthopnée se rencontrent surtout dans les affections organiques du cœur avec un obstacle prononcé à la circulation, dans l’emphysème pulmonaire, l'asthme, l’'œdème de la glotte, l'anévrisme de l'aorte.

On appelle inégale la respiration dans laquelle se trouve une inégalité dans la force ou la durée de

plusieurs respirations successives; lorsque, par

exemple, une petite respiration succède à une.

grande, el vice versé.

Elle est irrégulière quand les intervalles qui séparent les mouvements d'inspiration et d’expiration ne sont pas égaux. /nterrompue, quand linspiration et l'expiration ne se font qu'a moitié, et lorsque la dernière commence déjà à se faire, quoique l'inspiration ne soit pas achevée. Saccadée, lorsque la dilatation et le resserrement du thorax se font par saccades, comme dans certains accès d'hystérie.

Aucune de ces variétés ne peut servir de guide

“pour Le diagnostic. Elles peuvent exister dans plu-

RIRE, BAILLEMENT, HOQUET. 453 sieurs affections différentes. L’inégalité s’applique encore à la différence dans le degré de dilatation des deux côtés , ou des divers points du même côté du thorax. En général dans les maladies du poumon qui rendent cet organe imperméable à l'air, la région correspondante à la lésion ne se dilate pas, ou se dilate moins que celle du côté sain. En se servant de ce caractère, ou pourra souvent

diagnostiquer à l’œil le siége des pneumonies, des pleurésies, etc.

Le rire, le bâillement, l’éternuement et le hoquet constituent des actes plus ou moins compliqués, effectués, au moins en grande partie, par les muscles respiratoires. Ils peuvent tous se présenter sous la forme pathologique, mais il est dif ficile d'en tirer quelques inductions pour le diagnostic,

Le rire pathologique peut être volontaire ou indépendant de la volonté. La première forme s’observe dans les aliénations mentales; elle suppose l'exercice désordonné de la pensée, un délire.

Le rire involontaire est convulsif; il accompagne Spécialement les accès de l’hystérie,

Le bâillement se lie souvent aux pendiculations; c’est dans cette association qu’il se montre fréquement pendant l'invasion des accès des fièvres inter-

mittentes ; quelquefois on l’observe pendant la

grossesse, Nous l'avons vu souvent au début des accès hystériques; M. Double dit avoir remarqué plusieurs fois l’épilepsie s’annoncer par des bäille-

menis plus ou moins fréquents. Il indique en gé-

néral une faiblesse; il précède, dans beaucoup de

cas, la syncope résultant d’une saignée abondante,

L’éternuement se répète assez souvent'dans le

coryza, au début de la rougeole. Il peut, jusqu'à |

. un certain point, servir de signe pronostique dans

les maladies. L’ expérience et l'observation démon

trent qu’on voit rarement éternuer Îles malades fai

bles et ceux qui sont près de mourir, et qu’on en:

tend au contraire souvent éternuer ceux qui sont

près de guérir.

Le hoquetaccompagne quelquefois certaines af- |

fections du foie, de coliques hépatiques, néphrés

tiques, la péritonite, la péricardite. Il se rencontre

dans les fièvres graves, l’étranglement intestinal, ete.

Cependant la valeur du hoquet, ainsi que celle de

tous les actes précédents, ne peut être déterminée

par lui seul , mais d’après l’ensemble des signes con-

comitants. Il n’en est pas tout-à-fait de même dé

la toux.

La toux est tantôt le résultat d’une irritation di recte des voix aériennes, ce qui constitue la éoux idiopathique; tantôt elle est excitée par l'affection

TOUX. 455 d’un organe éloigné, et c’est alors la foux sympathique. | |

La première de ces-espèces contient plusieurs variétés. C’est ainsi qu'ondistingue la toux gutturale, laryngée, trachéale, pectorale, selon qu’elle a son point de départ dans tel ou tel des organes énumérés.

On appelle sèche, celle qui n’est accompagnée d'aucune expectoration; et humide, célle qui coïncide avec l’expectoration d’une certaine quantité d'humeur.

La ouf férine est la toux sèche excessivement opiniâtre; selon la forme que présente la toux, on distingue celle qui revient par accès, et celle qui paraît sous la forme de quintes. C’est la première forme, lorsqu'elle ne se répète qu’une ou deux fois, et qu’elle cesse pour revenir à une époque plus ou moins éloignée. Les quintes sont caractérisées par la répétition plus ou moins nombreuse des accès , se succédant rapidement l’un après l’autre. Dans quelques cas , une seule inspiration est suivie de cinq à six expirations successives, se terminant par l'expec-

toration de matières plus ou moins abondantes,

surtout dans la coqueluche.

ÀÂ56 APPAREIL RESPIRATOIRE.

$ II. Des signes tirés des sécrétions et des exhalations liquides par les voies aériennes.

La membrane muqueuse des voies aériennes est le siége de différentes secrétions et exhalations, offrant de nombreuses modifications dans les maladies. En outre, elle donne quelquefois lieu à des exhalations accidentelles qui n’appartiennent pas à. | ’état de santé.

Le produit de toutes ces sécrétions et exhalations, si nous en exceptons quelques cas d’épistaxis, sort en dernier lieu par la bouche, d’où ilest. expulsé par le crachement, et se présente sous la forme de matières d'aspect varié, auxquelles on donne le nom de crachats.

On appelle expectoration l’action par laquelle

-les matières contenues dans les bronches ou la trachée sont expulsées par les efforts de la toux pectorale; et expuition, Vaction qui, à l’aide de la toux gutturale, rejette au dehors les matières amassées dans l’arrière-gorge.

L'épistaxis où rhinorrhagie est parfois le résultat de la déchirure ou de lulcération des vais: seaux capillaires de la membrane muqueuse, plus souvent elle est produite par une simple exhalation,

‘C’est cette dernière variété qui doit nous occuper, La première, étant presque toujours l'effet de causes

ÉPISTAXIS, 459 traumatiques, d'opérations, etc., appartient à la chi. rurgie. L'épistaxis n’est le signe constant d’aucune affection; par conséquent, elle n’a pas une très grande valeur par elle-même dans le diagnostic, On lobserve assez souvent au début de la rougeole , dans les congestions cérébrales. Alors l’hémorrhagie est généralement précédée d’un ensemble de symptômes indiquant une fluxion sanguine vers la tête et le nez, molimen hemorrhagicum. Il n'en est pas de même dans d’autres circonstances, Assez souvent le sang coule à travers les parois des vaisseaux , parce que sa consistance a diminué, comme dans le scorbut et la chlorose; ou parce que Îa circulation éprouve des obstacles considérables , comme dans quelques maladies du cœur et du foie.

Dans les fièvres typhoïdes, les épistaxis sont tellement fréquentes , que si, chez un malade que l’on soupçonne être atteint de cette affection > une rhinorrhagie est survenue dans les premiers jours de la maladie, on peut, au moins jusqu’à un certain point, changer la probabilité du diagnostic en certitude,

C’est une seule ou les deux narines, à la fois, qui peuvent être le siége de P’hémorr rhagie. La quantité de sang varie depuis quelques gouttes jusqu’à | plusieurs cuvettesÿ Quelquefois il est si peu abone

dant , qu'à peine les malades en mouchent quelques petits filets; ce n’est pas moins un signe important, quand il faut surtout assumer des arguments en faveur de l’existence de la fièvre typhoïde. Presque toujours le sang de l’épistaxis s'écoule par une des marines antérieures ; le contraire ne pourrait avoir lieu que si le point de départ de lhémorrhagie se trouvait très en arrière; comme alors le sang s'écoule par la bouche , on pourrait éprouver quelque difficulté reconnaitre le véritable siége de lhémorrhagie; mais il suffira de pencher le

malade en avant, ou de le coucher sur le ventre,

pour que dans le cas d’épistaxis le sang coule par :

les narines antérieures.

Crachats. On appelle ainsi toutes les matières

qui, ayant pris leur origine dans les voies aériennes” |

ou qui, ayant passé par ces voies, sortent en der !

nier lieu par la bouche.

Les crachats provenant directement de dla bouche sont ordinairement blancs et séreux , quelquefois filants. Ils sont dus à l’irritation de la membrane muqueuse, comme dans les aphthes ot dans le muguet, ou à l'excitation sympathique des

glandes salivaires. Dans ce dernier cas , les malades

érachent très souvent, et sans aucun effort, une

certaine quantité de salive séreuse de laquelle ils

CRACHATS: .. 4beg

remplissent quelquefois plusieurs crachoirs par jour. C’est ce qui constitue la sa/ivation. |

La salivation est un accident très fréquent pendant l'emploi des préparations mercurielles , et surtout du calomel et de l’onguent napolitain. On l’observe assez souvent dans la troisième période de la variole, surtout confluente, où elle a été regardée par les anciens, et par Sydenham en particulier, comme un signe de bon augure.

Quelquefois la salive séreuse offre une légère teinte rouge, due au mélange d’une certaine quantité de sang provenant des gencives.

Les, crachats de l’'isthme du gosier sont clairs et filants, quelquefois mêlés à de petits grumeaux de matière caséeuse, fournis par les follicules de tonsilles, ou contenant du pus et des débris de fausses membranes, comme cela s’observe dans quelques variétés d’angine.

Les crachats provenant du larynx et de la trachéeartère sont séreux , peu abondants, et contiennent assez souvent des grumeaux caséeux de sécrétion folliculeuse , quelquefois même des concrétions cartilagineuses ou calcaires, dont nous parlerons

plus tard.

Les bronches et les poumons sont les deux sources les plus riches des crachats.

Le premier caractère que nous devons envisa-

ger dans les crachats, est leur quantité, Elle peut varier depuis quelques grumeaux, jusqu’à remplir plusieurs crachoirs en vingt-quatre heures. Il faut, en outre, lorsqu'on observe des crachats abondants, distinguer s’ils sont le résultat d’une expectoration souvent répétée, ou si le liquide qui les compose a été rejeté en une seule fois.

Dans une forme de catarrhe, connu sous lenom de bronchorrhee ou de phlegmorrhagie, les malades expectorent peu à la fois, mais souvent, de manière à remplir deux ou trois crachoirs en un seul jour.

L'expectoration aussi abondante peut encôre résulter d’un seul effort violent tout-à-fait semblable aux efforts du vomissement, comme cela s’observe dans les hémoptisies foudroyantes, dans la rupture des vomiques, etc.

Indépendamment de leur origine et de leur quantité, les crachats se distinguent entre eux : 1° par la matière qui les forme, 2° par la couleur, 3° par l'odeur, 4° par la saveur, 5° par la forme; 6° par la consistance. Nous allons nous borner , pour le moment, à signaler la différence entre les qualités visibles à l'œil , les plus importantes pour les médecins.

Les différentes espèces de crachats que l'on peut établir, d’après la matière qui les forme, sont :

CRACHATS SÉREUX 46x

19 Crachats séreux. — On appelle ainsi ceux qui sont clairs, semblables à de l’eau de savon. lls peuvent provenir de la bouche, des bronches et de la cavité pleurale. Dans le premier cas, ils sont provoqués par le mercure, par une stomatite aphtheuse ou de toute autre nature, par sympathie ;, comme chez quelques femmes enceintes , hystériques, etc.

On a vu des malades rendre par la muqueuse de la bouche , pour ainsi dire périodiquement, une certaine quantité d’eau claire et glaciale. Gabanis, dans son mémoire sur les Affections catarrhales, rapporte deux exemples de ce genre, dont l'un s'applique à une femme âgée de cinquante-cinq ansë une dartre, qu’elle avait gardée assez loug-temps sur la joue droite, disparut un jour d’elle-même. Elle fut aussitôt remplacée par un vif sentiment de froid dans toute la mâchoire supérieure du même côté , et bientôt il s’y établit, dans l'intérieur de la première grande molaire, qui était cariée, un écoulement d’une eau claire et glaciale que la malade rejetait par gorgées , de moment en moment. Cette excrétion, toujours précédée de la même sensation de froid, revenait presque tous les matins, et duvait une demi-heure ou trois-quarts d’heure.

L’expectoration séreuse des bronches s’observe dans certaines bronchites aiguës , consistant plutôt

dans un élément fluxionnaire (hypercrinie), que dans tune véritable inflammation ; elle a lieu également dans quelques bronchites chroniques auxquelles on a donné le nom de flux bronchique, bronchorrhée (Andral) ou phlezmorrhagie (Laënnec). Dans ce cas, souvent l’expectoration devient excessivement abondante, exténue les forces des malades, amène à sa suite l’émaciation, des sueurs , et tous

les symptômes de la consomption.

Enfin lexpectoration séreuse peut tirer son ori-

gine de la cavité de la plèvre et être constituée par le liquide de l’épanchement. Ce phénomène peut survenir de deux manières ; le plus souvent, il se forme dans une portion des poumons avoisinant ‘épanchement , un abcès dont la rupture dans la cavité de la plèvre ouvre une issue au liquide qui

sort alors au dehors par les bronches , soit en pe-

tites quantités, soit tout en une seule fois, comme. MM. Andral et Cruveilhier en ont cité des exemples.

La rapidité de ce phénomène coïncidant avec les signes négatifs de toute autre lésion du poumon

capable d’en rendre compte, et suivie de la dispa-

‘rition immédiate de ceux d’une pleurésie avec

épanchement, nous fera distinguer la véritable nature des crachats etnous mettra à même de remonter

\ à leur source.

Dans quelques cas plus rares, on a vu l’'épan-

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