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CRACHATS MUQUEUX

chement pleurétique disparaître tout d’un coup, et puis, malgré l'absence de toute communication en-

tre la cavité de la plèvre et le poumon, être évacué en une seule fois par les bronches (1). Ne diraiton pas alors que le liquide a été résorbé dans le torrent circulatoire, et que de là, au lieu d’être envoyé vers les émonctoires ordinaires, il a été dirigé vers la muqueuse des bronches par laquelle il s'est évacué.

Crachats muqueux.— Ils peuvent provenir des fosses nasales, du pharynx , du larynx ou des bronches. Souvent, dans de légères irritations de larrière-gorge, plus ou moins compatibles avec la santé, les personnes crachent, en se réveillant, quelques morceaux de mucosités arrondies et desséchées venant des fosses nasales, et qui sesont endurcies sur le bord libre du voile du palais.

Ceux du pharynx sont collants, peu abondants et

non aérés ; leur expuition est ordinairement accom- pagnée d'une sensation plus ou moins douloureuse que les malades rapportent au pharynx.

Le larynx est aussi quelquefois le foyer de cra- Chats muqueux , mais alors ils sont rarement abondants; presque toujours ils sortent en petits grumaux arrondis, qu’il est difficile de rapporter à

leur véritable siége, si les malades ne manifestent

P (à) Andral, Précis d’anat. pathol., tome 1, pe 5424 }

pas en même temps , par d’autres signes, l'affection de l'organe de la voix, comme, par exemple, par l'enrouement ou l’aphonie. Sans cela, on peut aussi bien rapporter cette sécrétion aux follicules muqueux de l’arrière-gorge et du pharynx.

La membrane qui revêt la face interne des bronches est celle qui fournit le plus de crachats muqueux. Quelquefois on voit des personnes à poitrine grasse, comme on le dit vulgairement, expectorer habituellement, à l’état normal, quelques pelotons de mucosités. Mais ordinairement il faut que l'inflammation s'empare de la membrane muqueuse des bronches pour fournir des mucosités aux crachats. Ils appartiennent, d’après ce que nous venons de dire, à la bronchite, etselon l’époque à la-. quelle on les examine , ils présentent des caractères variés.

Au début d’une bronchite , la sécrétion est ordinairement suspendue, la toux est sèche; mais bientôt les mucosités sont sécrétées en quantité plus considérable qu'à Pétat normal; elles sont blanches, visqueuses, transparentes, aérées, ressemblant à du blanc d’œuf battu. Si l’on essaie de les verser d’un vase dans un autre, elles coulent en une seule masse d’une ténacité extrême, ou elles

filent comme du verre fondu. Quelquefois la vis-

cosité de ces crachats est tellement grande, quils

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adhèrent par bandes aux parois du vase, comme on le voit surtout dans la bronchite intense, accompagnée d’un mouvement fébrile ou pendant les redoublements.

L'écume qui les surmonte alors est plus ou moins abondante; elle est en raison directe de leur viscosité et de la difficulté de leur expectoration, Elle est en plus grande quantité sur les mucosités rejetées à la fin d’une quinte prolongée.

Quelquefois les crachats blancs d’une bronchite sont surmontés par quelques petits filets de sang, provenant de l'érosion superficielle des vaisseaux 3; mais ces stries sont en trop petit nombre pour qu’on puisse confondre ces crachats avec ceux d'une pneumonie.

Dans d'autres cas, comme le fait remarquer M. Andral, on trouve au milieu de mucosités transparentes des petits grumeaux d’un blanc mat

qui viennent des follicules du pharyux et de l'arrière-gorge.

Les crachats que nous venons de décrire durent tant que la bronchite conserve son intensité primitive. Aussitôt qu’elle marche vers la résolution, leur aspect change. Les mucosités qui les forment perdent peu à peu leur transparence, s& mêlent à des plaques opaques, blanches, jaunûtres ou verdâtres, devenant, de plus en plus, nom-

466 | APPAREIL RESPIRATOIRE breusés, mais dont la quantité diminue à mesure U que l’inflammation s'approche davantage de la ré solution complète. À Si, au lieu de se terminer ainsi, la bronchite aie. guë diminue seulement d'intensité et passe à l'état. chronique , lexpectoration conserve les mêmes car hi ractères qui viennent d'être décr its ,et l’on voit 1e

plaques opaques blanches, jaunes ou verdätre ii

surnager au milieu d’un liquide ressemblant à ui solution de savon plus ou moins concentrée ; ou, mélées ensemble, former une espèce de purée.

Plus rarement, l’inflammation ne diminue pa sensiblement d'intensité; on dirait que sa périod aiguë se prolonge indéfiniment , et l’expectoration offre pendant long-temps les mêmes caractères qué nous avons assignés à la bronchite aiguë; est € -qui arrive surtout très souvent dans le cours d l’emphysème.

Crachats purulents. Le pus peut posséder qué quefoistous ses car actères dans les crachats, de m nièrequ’il nesoit pas difficile de le découvrir à l'œil:

Il peut être expectoré en abondance d’un seul cou

et alors il provient presque toujours, surtout S1, s'écoule en flots, de la cavité de la plèvre; plusrä}, rement , OR à une rupture rapide d’ une eaverne, et si cela est, on peut apercevoir dans les Hi:

| ÉRACHATS PURULENTSS 467 crachats quelques grumeaux de matière tübercu+ leuse.

Une autre fois, le pus est rejeté en petite quantité à la fois, etil provient tantôt dela même source que précédemment; tantôt d’une caverne, tantôt des amygdales, du pharynx, enfin des abcès de la bouche. L’examen oculaire de toutes ces parties, joint à l'exploration du thorax , nous fournira les lumières nécessaires pour diagnostiquer le siége de la suppuration. L’auscultation apprendra, par les signes de l’hydrothorax , ou par ceux de la caverne, quand le pus est fourni par la cavité de la plèvre, et quand il s'écoule d’une excavation tuberculeuse.

Enfin, le plus souvent, il n’est pas aussi facile de constater la présence du pus dans la matière ‘expectorée, malgré l'apparence purulente des crachats.

‘ Quelques médecins attachent une grande impor= tance à la présence de pus dans l’expectoration : d'après eux , il indique toujours l'affection tuberculeuse. S'il en était ainsi, il serait très important de savoir le distinguer des mucosités; malheureu- Sement , malgré tous les efforts, il sera le plus souvent impossible de distinguer Îles crachats d'une simple bronchite, des crachats des tubercules, Nous Savons bien, en effet, que, dans le cours de

V’affection tuberculeuse, l'inflammation des bron : ches joue un rôle très important, et que, par conséquent, la sécrétion de mucosité constitue un élément plus ou moins abondant des matières de l’expectoration. Or, il peut exister quelques époques dans le cours de la phthisie pulmonaire où , la matière tuberculeuse s'étant complétement évaeuée, il nereste plus pour tout élément d’expectoration qu’une quantité plus ou moins considérable de mucosités, comme s'il ne s'agissait que d’une bronchite simple chronique.

D'un autre côté, l’analogie entre le pus et le muus sécrété par les membranes enflammées, telles que les conjonctives, lamuqueuse de l’urètre, etc., est trop grande pour que nous puissions espérer de parvenir un jour à préciser à l'œil nu des limites.

entre le degré le plus élevé de la transformation

purulente du mucus et le pus proprement dit.

Néanmoins, nous Jugeons nécessaire de signaler ÿci Les recherches qui ont été faites à ce sujet. On peut les diviser en physiques et chimiques. La plus ancienne épreuve consiste à faire le mélange, avec les différentes proportions, de matières expectorées et d'eau pure ou d’eau salée; le pus, dit-on, rapporte M. Landré-Beauvais, se précipite dans l'eau distildée, la matière muqueuse puriforme surnage. Le

pus qu'on agite dans Veau donne à ce liquide ung

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