PUS ET MUCUS
couleur laiteuse , ce que ne fait point le mucus, Le pus se délaye sans donner des filaments; il en existe quand on dissout une matière puriforme, Le pus jeté sur des charbons ardents donne une odeur plus ferte et plus fétide. En faisant bouillir dans de l’eau la matière dont la nature est inconnue, la mucosité se réduit en petites coagulations globu leuses ou filamenteuses ; le pus trouble l’eau , ne se coagule point, et donne à la surface du véhicule des globules huileux en une masse blanchâtre (1).»
Cependant ces distinctions sont loin d’être aussi concluantes qu’on pourraitle croire à priori. M. Andral ayant répété à plusieurs reprises les mêmes expériences , a vu le pus sécrété par la plèvre et par le péritoine se précipiter au fond de l’eau sous forme de gros flocons , ainsi que la matière tuberculeuse recueillie au fond des cavernes, avec la différence que cette dernière se divisait alors en une foule de petits grumeaux d’un blañc mat, en même temps que l’eau prenait une teinte laiteuse et ne redevenait transparente qu'après un repos de plusieurs jours.
Le mu cus de lamembrane pituitaire d’un homme
| se précipitait également après être resté suspendu
pendant quelque temps dans l’eau,
{1) Ouvrage cité,
h70 CRACHATS.
1 en était encore à peu près de même de celui qui était recueilli sur la membrane muqueuse des bronches. M. Andral en mit une petite quantité, mélée de bulles d'air , sur la surface de l’eau, et il la vit surnager d’abord ;mais, peu de temps après ; aussitôt que l'air arrêté à ses filaments se dégageait , le mucus se précipitait au fond ; d’autres fois, il l'a remarqué gagnant aussitôt le fond comme, d’après les auteurs, aurait dû faire du véritable pus. I1 n’y avait dans toutes ces expériences qu'un seul caractère distinctif assez constant entre le mucus et le pus, c'est que le premier ne troublait la transparence de l'eau que par une agitation forte et prolongée , tandis que le second se comporte différemment.
Ces faits étant admis, voyons comment on en pourrait faire l'application à lexamen de l’expectoration... M. Andral a observé que les crachats d’un grand nombre des malades atteints d’une bronchite chronique se comportaient de la même manière que nous avons vu:se comporter le mucus simple. Il en était encore de même chez beaucoup dé malades affectés de tubercules à différentes périodes. Chez d’autres, ces crachats se divisaient en deux parties, dont l'une surnageait l'eau d’abord , et nese précipitait que plus tard, tandis que l’autre allait immédiatement au fond.
PUS ET MUCUS. 7x . M. Andral a voulu ensuite savoir si la quantité respective de mucus et de pus , mêlés ensemble dans les crachats , n’influe pas sur les résultats des expériences de cegenre. À yant fait un mélange de mucus et de matière tuberculeuse en différentes proportions , et l’ayant jeté sur la surface de l’eau ,ila remarqué que toutes les fois qu’il n’ajoutait que peu de pus à une assez grande quantité de mucus, le mélange restait suspendu, etil n’a obtenu de précipité qu'après avoir agité pendant quelque temps le vase; ce n’est qu'alors que le pus se séparait en forme de grumeaux et diminuait la transparence de l’eau. Au contraire, toutes les fois qu’il mettait beaucoup de pus et une petite quantité de mucus, il a vu, après un temps ordinairement court, les deux substances se précipiter au fond et l’eau prendre une teinte laiteuse.
Ainsi, il est facile de voir qu’il n’y a pas de caractère vraiment pathognomonique par lequel on puisse distinguer dans les crachats le pus des mucosités; presque tous ceux que nous observons dans lun peuvent également se rencontrer dans les autres.
Néanmoins, une précipitation prompte en forme de grumeaux, accompagnée d’une teinte laiteuse de l’eau, indique en général la présence d’ une quantité plus ou moins considérable de pus. Mais
peut-on, dvec ces connaissances ; préfendré détermirer toujours, d’après les crachats, si le malade est atteint de tubercules ou d’une simple bronchite ? Certes non, les tubercules sont presque constamment accompagnés d’une bronchite; les deux sécrétions se trouveront par conséquent presque toujours mélangées en différentes proportions , et il pourra arriver plus d’une fois qu’aussitôt que la masse tuberculeuse ramollie sera expectorée, les parois de l’ulcèreln’en sécrèteront plus que mèlée à beaucoup de mucus, ce qui n’empêchera pasles crachats de faire dominer les propriétés de celui-ci.
En résumé, nous pouvons conclure queles expériences physiques que nous venons de décrire ne sont pas toujours suffisantes pour éclairer la différence entre le pus et le mucus, et que si, dans la plupart des cas où les crachats auraient indiqué la présence des tubercules, le diagnostic peut être vrai; d'un autre côté il sera souvent faux, n'admettant pas de tubercules là où la sécrétion muqueuse prédomine sur le pus, et surtout là où elle forme par elle-même toute la matière des crachats.
La chimie ne remplace pas complétement les lacunes que nous laissent sur ce sujet les expériences physiques. Si l'on verse , comme l’a fait M. Andral ,
de l'acide nitrique sur du pus comme sur du
. matière purulente.