CRACHATS DE PNEUMONIE
traces de son expectoration; et d’un autre côté, mais plus rarement, on voit cette dernière survivre à tous les symptômes physiques,
Dans quelques cas, l’expectoration se supprime avant la mort , ou elle prend une teinte d’un gris rougeûtre sale. D’autres fois, mais plus rarement, elle conserve jusqu’à la mort son caractère pathognomonique.
Lorsque la pneumonie se termine par suppuration ou lorsqu'elle arrive au troisième degré, les crachats ne changent pas d’aspect, ou bien ils deviennent tout-à-fait purulents, grisâtres, inodores et
s’écoulant en nappe; ou bien encore, ce qui se voit le
. plus souvent, ils sont diffluents, de la consistance
de l’eau de gomme, d’un rouge brunâtre, plus ou moins foncé, quelquefois même entièrement noir, assez semblables à du jus de réglisse ou de pruneaux. Cette, dernière forme d’expectoration est la plus fréquente au troisième degré de la pneu-
monie, elle est pourtant loin d’en être le caractère
pathognomonique. M. Andral, qui le premier l’a
décrite avec beaucoup d'exactitude , dit lavoir chservée quelquefois chez des individus dont les poumons n'étaient qu'en hépatisation rouge.
Nous ne pouvons terminer la description des crachats de la pneumonie sans prévenir nos lec-
teurs, que quelquefois les malades ne crachent pas
{is
du tout pendant tout le cours d’une pneumonie , qu’il en est d’autres chez qui l’expectoration conserve les caractères de celle d’une bronchite pendant toute la durée de la maladie.
Crachats gangréneux. Lorsque la pneumonie se termine par gangrène, les crachats deviennent
d’abord verdâtres, puis d’un gris sale, ou de cou-
leur de lie de vin, ressemblant au détritus de la,
rate ramollie, d’une odeur fétide, rappelant celle
de la gangrène des parties externes.
Crachats composés du tissu propre du pou-.
mon. Quelquefois , mais rarement, on apercoit dans les crachats, dansla phthisie tuberculeuse, des,
morceaux détachés du parenchyme pulmonaire, de
sorte que l’on peut dire alors avec le vulgaire que
les malades crachent leurs poumons.
Expectoration des, fausses membranes. Elle s'observe dans des circonstances différentes ; d’abord dans le croup, et dans les angines diphthéritiques; souvent les malades rejettent, avec les efforts de la toux, des peaux plus ou moins éten-
dues et d’un blanc jaunâtre. L'ensemble des
symptômes qui se présenteront simultanément
conduira facilement au diagnostic du siége de
l'affection.
On a vu aussi les malades expectorer des fausses
membranes dans le cours d’une bronchite chronis
ACÉPHALOCYSTES. 487
que ou de l'affection tuberculeuse. M. Andral en cite surtout un exemple curieux, où il s’agit d’un phthisique qui rendait pendant plus d’un mois des fausses membranes avec des crachats.
Expectoration d'hydatides. Ii faut savoir distinguer les fausses membranes de lexpectoration des débris d’hydatides qui s’observe quelquefois dans la bronchite ou dans lPaffection tuberculeuse, et qui d'autres fois est idiopathique. M, Andral a observé un fait de ce genre, etil en rapporte trois autres, donti'un lui a été communiqué par M. Fouquier, l’autre publié dans les Transactions philosophiques de Londres, et le dernier enfin communiqué par M. le docteur Smith à une société de médecine de Paris.
Les acéphalocystes peuvent occasionner tous les symptlômes raticnnels de la phthisie tuberculeuse ; tout-à-coup les malades expectorent une certaine quantité de vésicules rompues ou entières, commencent à se trouver mieux, et entrent en convalescence.
Expectoration de calculs. Les malades expectorent quelquefois, surtout pendant l'affection tuberculeuse, des calculs de forme et de volume variés. Le plus grand nombre égale ordinairement la grosseur d’un grain de millet; d’autres ont le
volume. d’un haricot. Morgagni dit avoir observé
un calcul pulmonaire aussi gros que la première phalange du pouce.
Toutes ces concrétions se rencontrent le plus souvent, comme le remarque M. Andral, chez les sujets jeunes. Leur grosseur est en raison inverse de leur nombre. On a vu des malades qui en rendaient 20 à 30 dans l’espace de trois mois.
Les calculs pulmonaires sont tantôt mollasses, analogues à des morceaux de plâtre mouillé, s’écrasant assez facilement entre les doigts, tantôt ils ressemblent à des grains de sable, et ont une consistance pierreuse.
La forme des concrétions pulmonaires n’est pas constamment la même. Une fois elles sont cylindriques , ovalaires, globuleuses , pysiformes ; une autre fois elles offrent des embranchements, et plus souvent encore des aspérités à leur surface. La couleur de la plupart de ces concrétions est d’un blanc grisâtre. M. Andral dit en avoir observé une fois qui étaient tachetées d’une foule de petits points noirs. Leur origine n’est pas toujours la même; souvent ils paraissent se former dans les bronches, comme on peut en juger d’après la forme rameuse de ces concrétions, imitant les divisions bronchiques. Tel était probablement , comme Île remarque l'observateur que nous venons de citer , le cas de ces
personnes, mentionnées par différents auteurs, qui
CALCULS, 489 crachaient de temps en temps de petites pierres après quelques efforts de toux, sans que leur santé en füt manifestement dérangée. Une autre fois il est facile de voir, par la forme des calculs, qu’ils ne sont que des morceaux des anneaux cartilagineux détruits et ossifiés. Il en est qui paraissent partir de l’intérieur des cavernes. M. Andral a vu deux fois des concrétions de ce genre au milieu de vastes excavations. Enfin, dans d’autres circonstances, les calculs paraissent consister dans une forme de terminaison des tubercules pulmonaires, et avoir leur siége dans le parenchyme du poumon. En effet, au lieu de se ramollir , on voit quelquefois la matière tuberculeuse prendre de plus en plus de consistance par suite de la résorption des matières liquides , et se changer, au bout d’un certain temps, en une véritable concrétion plâtreuse.
Forme des crachats. —Les crachats peuvent présenter des formes très variées qui dépendent d’une foule de circonstances, telles que le diamètre et la forme des bronches dont ils proviennent, de la facilité ou de la difficulté del’expectoration, de leur viscosité plus ou moins grande “etc. Sont-ils médiocrement visqueux, comme dans une bronchite aiguë ou une pneumonie au premier degré, ils se tiennent ensemble comme du blanc d'œuf battu, et