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partie son humidité normale

(x) Ouvrage cité, p. 195 etsuivantes,

3° Il he parait guère probable à cet auteur que la sécheresse puisse être due à l'absorption active sur ja surface de la langue; il lui semble impossible de regarder l’inhalation comme la cause principale de ce phénomène.

4° Enfin, il l’attribue à l’évaporation de son humidité. « Placée à l'entrée des voies aériennes, et sur le passage de Pair, la langue, dit M. Piorry, est sans cesse en contact, lorsque la bouche est ouverte, avec un courant d'air. Tantôt celui-ci entre dans le poumon , et tantôt il en sort. Sur son passage, il dissout beaucoup de liquide; ets’empare de celui qui recouvre la face supérieure de la langue (1). »

Par conséquent, tout ce qui activera le courant d'air, dans le conduit buccal, causera la sécheresse de la langue, et l'accélération de la respiration déterminera principalement ce phénomène. De sorte que «c’est plutôt la souffrance des organes respiratoires que celle de l'appareil digestif qui cause la sécheresse de la langué. »

59 Que les enduits noirs que l’on observe sur la

langue, les dents, et souvent en même temps sur les

(x) De la langue considérée sous le rapport du diagnostic. Ce mémoire est contenu dans l'ouvrage intitulé : Du procédé 72 « * , . pe opératoire à suivre dans l'exploration des organes par la per-

cussion médiate, par P,-A. Piorry, Paris, 1855, 1 vol, in-8°.

levres, sont encore soumis aux mêmes lois, et

qu’ils doivent être attribués à la dessiccation de la

“salive.

M. Piorry, ayant exposé une certaine quantité de ce liquide à l'air d’une étuve sèche à 31° R., la vu, au bout de vingt-quatre heures, former une masse grisâtre, molle, semblable aux enduits que lon voit habituellement sur la langue, Plus tard , elle s’est solidifiée, et a pris une couleur grise dans un vase, et dans l’autre une couleur jauuâtre. L’odeur de cette espèce de concrétion ressemblait tout-à-fait à l’odeur fétide que présente l’enduit de la langue dans les fièvres graves. Si l’on y ajoutait de l’eau, la substance desséchée se ramollissait, et formait une pâte molle offrant tous les attributs physiques de la couche dont la langue est souvent revêtue.

6° Enfin leur coloration tient, d'après M. Piorry, tantôt à la durée de leur séjour sur cet organe, et à leur dessèchement plus ou moins complet, tantôt au mélange des molécules de la bile ou du sang avec la salive et les mucosités, etc. L’abstinence joue, selon le même auteur, un grand rôle parmi les causes des enduits. Souvent ils disparaissent aussitôt qu’on accorde aux malades des aliments.

Nous devons le dire, les opinions de M. Piorry,

que nous venons d'exposer, ont un assez haut degré

de probabilité - elles sont fondées sur des lois phy-

siques qui trouvent très bien leur application dans

les enduits de la langue. Cependant il s’y passe

simultanément d’autres phénomènes qui peuvent

influer bien plus sur leur formation, et plus tard sur leur dessiccation, et dont M. Piorry n’a tenu

aucun compte.

C’est un fait incontestable que le courant d'air.

tarit les liquides en enlevant sans cesse de nouvelles molécules et en favorisant leur évaporation : nous en voyons tous les jours des preuves dans les faits

qui se passent en dehors de nous et dans nous-

mêmes. Ainsi, il est démontré par l'expérience

que le courant d’air dessèche souvent une certaine

quantité d’eau en stagnation, que les sécrétions modérées; telles que celles de la surface d’un vésicatoire, d’une légère écorchure de la peau, etc., se des-

sèchent plus facilement à l'air : mais le même mé-

canisme peut-il être appliqué à la dessiccation simple de la langue ou de ces enduits anormaux? Non;

vous convenez que l'humidité de cet organe dé-.

pend, en grande partie, de la salive ; or, si la cause

de dessiccation consistait tout simplement dans le.

courant d’air, comme vous le dites, à mesure que.

celui-ci emporterait quelques molécules, les glandes

salivaires en fourniraient bientôt d’autres, et Fhu-,

rmidité serait permanente : de même que le vent

aurait beau souffler, la terre ne conserverait pas

LANGUE. 517 moins son humidité si en même temps il pleuvait toujours.

Nous ne pouvons nous empêcher de voir dans l'opinion de M. Piorry une idée & priori. L’ayant une fois établie, ce médecin distingué a vouiu ensuite trouver, à tout prix, des faits pour la soutenir; aussi beaucoup de cas qu’il cite pour exemples portent le cachet de la violence. IL n’est pas plus exact de dire d’une marñière absolue que l’accélération de la respiration déterminera principalement la dessiccation de la langue, qu'il n’est vrai de dire que la pneumonie, la pleurésie, etc., sont les affections qui occasionnent le plus souvent sa sécheresse.

Nous n’aurons pas de meilleurs arguments à opposer à la première assertion de M. Piorry, que de répéter ce que nous avons dit, que toutes les fois que la source de l'humidité est continuellement en action, le courant d’air ne peut pas produire de sécheresse, et c’est précisément ce qui se trouve . dans la langue. Je demande quelle est la maladie dans laquelle la fréquence de la respiration peut | égaler celle d’un chien fatigué d’une longue course, | sous une chaleur excessive d'été, Certes, on serait | embarrassé pour en trouver une seule, et pourtant la langue de lanimal que nous prenons pour exemple est loin d’être sèche, On dirait, au

b18 APPAREIL DIGESTIF.

contraire, que le courant d'air, en emportant des molécules de la salive à la surface de la langue , exeite la sécrétion d’une quantité plus considérable qui nou seulement suffit pour l’humecter , mais qui encore s'écoule au dehors. II n'est pas vrai, avons-nous dit, que les pneumonies et les pleurésies soient les affections dans lesquelles la langue offre le plus souvent de Ja sécheresse. Or, le nombre des cas de ce genre n’est presque rien comparé à celui des fièvres graves dans lesquelles la langue est sèche et présente un enduit croûteux, quoique la fréquence de la respiration soit dans ces affections bien moindre que dans une pneumonie, une pleurésie, etc.

Enfin, en exposant la salive à la température de

31°, M. Piorry n’a pas songé qu’alors lévapora:

tion et la dessiccation consécutive de ce liquide dé: pendaient non du courant d'air, mais de la chaleur ; en faisant donc l'application de ce résuliat aux enduits de la langue comme il l’a fait, il aurait dû plutôt les expliquer par l'augmentation de sa température; ce qu'ayant une fois admis, il aurait pu facilement résoudre le problème suivant ; pour: quoi dans les fièvres graves la dessiccation et l'état eroûteux de la langue se rencontrent le plus sou vent, La réponse était ioute prête ; c'est. qu'il est

prouvé par l'observation et l'expérience que, dans

les fièvres graves, la température anormale atteint très souvent son plus haut degré, et que, dans ce genre d'affections, il se développe en foule des inflammations secondaires, Passons maintenant aux opinions de M. Louis, Ce médecin distingué s’occupe de la langue dans le deuxième volume de so Ouvrage sur la gastro-entérite (1), lorsque, après avoir étudié dans le premier volume les lésions anatomiques que présentent les différents organes dans le cours de la fièvre typhoïde et des autres affections aiguës , il s’est convaincu que beaucoup d'organes qui étaient d'abord intacts au début de ces maladies se sont enflammés consécutivement, lorsqu'il a élabli en Conséquence cette loi générale, « que, quand une af- » fection de cette espèce (aiguë) donne lieu à un » mouvement fébrile de quelque durée, la plupart » de nos viscères sont bientôt le siége de lésions » plusou moins profondes... Loi importante, con- 5 tinue M. Louis, qui peut, si je ne m’abuse, simk blifier beaucoup l’étude de la pathologie, qu’on » aurait peut-être dû trouver & priori; car, quelle cause en apparence plus capable de produire

(1) Recherches anatomiques, pathologiques et thérapeutiques sur la maladie connue sous les noms de gastro-entérite, fièvre putride , adynamique, etc,, par P.-Ch,-A, Louis, 2 vol, in-8, Paris, 1829.

» toutes sortes de maladies et de lésions, qu’un » mouvement fébrile plus ou moins viclent, et » quelquefois de longue durée (1}?» ; On peut dire que cette loi a préparé, en quelque sorte , les opinions de M. Louis sur les différents aspects de la langue. Îl ny voit qu'un plus ou moins haut degré d’inflammation, et il regarde la plupart des états de la langue non comme tout-afait indépendants des affections dans lesquelles ils se présentent, « mais comme n'y tenant que par une loi commune à tous les organes , et qui , Suivant la disposition des sujets, les rend plus ou moins aptes à telle ou telle lésion : en sorte que}, chez l'un c'est une inflammation de la muqueuse À du gros intestin, chez l’autre une inflammation de la langue , chez un troisième une gastrite (2). » Cette observation ne s'applique pas seulement à un état dela langue se présentant avec l’épaississe= ment, l’ulcération de cet organe, et l'éruption de plaques couenneuses , caractères incontestables de l'inflammation, mais encore ceux qui ne se manifestent que par une simple rougeur, avec ou sans picotements. «Tous ces états de la langue, dit » M. Louis , doivent être considérés comme les ré-

» sultats d’une seule et même cause, qui leur est

(1) Ouvrage cité, tom. [, pag. 451.

(2) Idem, tom. IT, pag. 75.

LANGUE. Part

» commune avec toutes les lésions secondaires qui » se manifestent , comme eux, à des époques plus » ou moins éloignées de la maladie principale. Et » C'est comme cela, sans doute, qu’on peut expli- » quer la différence qui existait dans l'état de la » langue, chez les malades qui ont succombé du » huitième au quinzième jour de l'affection, et chez » ceux qui ont étéemportésaprès cette époque. Chez » les premiers , en effet, la langue fut sans rougeur » et sans sécheresse, si ce n’est dans les derniers » jours , et nous avons vu , dans la seconde partie » de cet ouvrage, que quelques lésions secondaires, » les ulcérations du pharynx , celles de l'œsophage, » la destruction partielle de l’épiglotte, manquaient »ÿ dans les mêmes cas (1). »

Parmi les exemples de fièvre typhoïde, qui se sont terminés par la mort, M. Louis a observé sur la langue dans plus de'la moitié des caractères de Vinflammation , tels qu’une rougeur plus ou moins vive, avec ou sans sécheresse et sans épaississement ; une rougeur accompagnée de croûtes d’une épaisseur variée, de sillons plus ou moins profonds, l’exsudation pultacée ou couenneuse, un épaississement plus ou moins marqué de la langue, etc. « cest-à-dire que l’inflammation de la langue fut aussi fréquente que celle de beaucoup d’autres

(1) Ouvrage cité, tom, IT, pag. 74.

292 APPAREIL DICESTIF.

organes , et s’offrit sous des formes non moins variées (2). »

Des sujets chez qui la fièvre typhoïde avait été grave, mais qui ont tous guéri, 15 avaient la Jlangüe humide sans augmentation de la rougeur qui lui est naturelle, les autres offraient un état quis’écartait plus ou moins de l’état normal, et qui, dans la plupart des cas, avait les caractères de l’inflammation. Chez ces derniers les altérations ne $e sont jamais manifestées avant le onzième jour de l'affection , et avaient toujours persisté de quatre à vingt jours ; et nous y voyons prouvé que l’état de la langue suit exactement la marche dés lésions secondaires qui ont lieu dans le cours des maladies aiguës se terminant d’une manière funeste.

L'examen de la langue, chez les sujets morts de maladies aiguës non typhoïdes, va nous fournir de nouveaux faits en faveur de l’analogie de son état avec les altérations des autres organes dans les af fections fébriles.

Chez seize des trente-cinq sujets qui succombérent à la péripreumonte, la langue fut dans l’état naturel ou seulement jaunâtre ou blanchâtre; sèche ou roussâtre chez huit, soit dans la plus grande

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