‹ Précis pratique et raisonné du diagnosticChapitre 82 sur 240 · MUCUS ET MUCO-PUS UTÉRIN. LEE · texte numérisé non relu

MUCUS ET MUCO-PUS UTÉRIN. LEE

comme plus clair, plus visqueux, transparent et limpide comme l’albumine d'œuf , tenace et filant entre les doigts. Cependant ces caractères ne se rencontrent que dans le mucus tout-à-fait normal, M. Donné l’ayant soumis à l'observation microscopique, l’a vu représenter un liquide uniforme sans opacité et sans globules. Mais il est rare que dans les affections donnant lieu à un écoulement morbide du mucus utérin, celui-ci conserve les qualités qu'il possède à l’état sain. Le plus souvent, il devient alors ce qu’on appelle vulgairement le muco-pus, c'est-à-dire, qu'il est plus ou moins opaque. M. Donné ayant examiné ce liquide au microscope, y a distingué une multitude de globules muqueux ordinaires, de ces globules qui ont tant de ressemblance avec ceux du pus.

Jamais le mucus utérin ne présente aucune sorte d'animalcules à l’état de muco-pus, il paraît entièrement composé de globules qw'il est impossible de distinguer de ceux du pus ; ils sont seulement lies entre eux, et comme emprisonnés dans une matière visqueuse, qui en fait une masse filante et tenace (1). En

(2) Recherches microscopiques sur la nature des mucus et la matière des divers écoulements des organes génilo=urinaires chez l'homme et chez la femme. Description des nouveaux animalcules découverts dans quelques uns de ces fluides, par

Al. Donné, 1837;

Gra mMüeus £T MUGO-BUS VAGINAL.

outre, le mucus utérin, à l’état de pureté corré à l’état de muco-pus, est constamment alcalin et bleuit le papier de tournesol rougi préalablement par un acide,

Îl est vrai que le mucus et le muco-pus de Purèthre présentent, d’après les expériences de M. Donné, les mêmes caractères que ceux que nous venons d'attribuer au muco-pus utérin, cependant la différence chimique n’a pas une aussi grande importance dans ce cas, vu qu'on peut déjà à l’œil, en écartant les grandes lèvres, voir si l’'urèthre est le siége d’un écoulement ou non.

La sécrétion du mucus vaginal peut quelquefois devenir très abondante et couler en dehors sous la forme de fleurs blanches ; c'est ce qui s'observe assez souvent chez les femmes enceintes, dans la chlorose, chez des jeunes filles, quelques semaines ou quelques mois avant l’éruption des règles, etc., ele. Ce mucus ne diffère que par la quantité, du mucus vaginal à l’état normal ; il est, du reste, comme lui, acide, seulement à un degré un peu plus fort, etson acidité croit à mesure que l'irritation sécrétoire s'approche de plus en plus du degré d’inflammation sans changer néanmoins sa pature en celle de pus,

Examiné à cette période au microscope, le mueus vaginal n’a jamais présenté à M. Donné des

globules, mais illui a paru entièrement composé

MUCO-PUS VAGINAL: 613 de petits corps ovalaires, quatre ou cinq fois plus gros qu'un globule muqueux, ayant quatre à cinq centièmes de millimètre dans leur grand diamètre, offrant l’aspect de pellicules, de petites écailles détachées de la membrane muqueuse.

Lorsque l’inflammation augmente d'intensité, le mucus simple se change en r7uco-pus. L'examen oculaire ne suffit pas encore pour distinguer l’état purulent de ce liquide de l’état qui n’offre qu'une simple augmentation dans la sécrétion du mucus vaginal. Les praticiens les plus expérimentés ne savent pas faire cette distinction, Cependant ayant soumis cette variété d'écoulement au microscope, M. Donné l’a vu présenter des caractères communs au mucus et au pus, c’est-à-dire, qu’il a vu dans ce liquide des globules nager en même temps que des pellicules. « Le mucus vaginal pur ne se prend pas en masse filante et visqueuse quand on le traite par l’ammoniaque, tandis qu'une petite quantité de pus lui donne immanquablement ce caractère. »

Enfin la matière purulente peut être tantôt le résultat d’une simple irritation mécanique, d’une inflammation ordinaire, ou être spéciale, blennorrhagique. Ilest impossible de distinguer à l'œil ces deux variétés.

M. Donné a tenté l'examen microscopique, et il

614 PRICOMONAS.

a vu que là sécrétion purulente blennorrhagique offre très souvent, outre les gobules, la présence d’animalcules particuliers qu'il à décrits le premier sous le nom de tricomonas vaginale.

Sur 2/4 femmes atteintes incontestablement d'une vaginite blennorrhagique, 19 lui ont offert cette disposition de sécrétion vaginale. Cependant, comme M. Donné na pas encore fait d’expériences pour la contre-épreuve avec du mucopus vaginal excité par une inflammation ordinaire, nous ne pouvons, pour le moment, nous prononcer sur a valeur réelle des tricomonas, quoique M. Donné soit porté à croire que leur présence est particulière aux sécrétions blennorrhagiques. Il est donc facile de voir que désormais, avec l'inspection microscopique, on pourra distinguer, ce qui est de la plus haute importance dans là pratique, si la matière des fleurs blanches est purément le résultat d’une congestion légère, d'uué irritation sécrétoire de la muqueuse du va* em, ou si elle est le résultat d’une véritable inflame mation; car, dans un €as, on ne verra que des pelliculés du mucus vaginal, dans l’autre, celles- ci xévont mélées de globules du pus. Enfin nous espér ôns que, grâce aux efforts Jouables du labo: rieux confrère que nous venons de citer à plusieurs

reprises, nous pourrons bientôt savoir jusqu’à quel

Page 1