PERTES SÉMINALES
- Il est prouyé aujourd’hui par les recherches. de M. Lallemand que le sperme peut aussi s’écouler par l’urèthre d’une manière morbide, et constituer ce que ce célèbre médecin appelle spermatorrhée, ou dégénérer même en véritable diabètes spermatique, tant par la quantité et la qualité du fluide sécrété, que par la fréquence de son émission (1).
* La cause de cet écoulement consiste dans une irritation des vésicules séminales, consécutive auxmaladies des organes génitaux externes, M. Lallemand met ingénieusement en parallèle cesaffections avec celles des voies urinaires que lon rencontre dans les mêmes circonstances. Lorsque les reins et la vessie sont irrités, l’urine est sécrétée en abondance ; mais aussitôt qu’elle arrive dans la vessie, elle se trouve aussitôt expulsée par les contractions de cet organe dont la sensibilité a augmenté; c’est a son court séjour dans la vessie et à Pabondance de la sécrétion que l'urine doit la limpidité extrême trouvée dans des cas analogues.
« On observe exactement les mêmes phénomènes dans les organes spermatiques, lorsqu’ils sont sou-
mis à lPinfiuence d’une irritation semblable. Les
(1) Des pertes séminales involontaires, par M, Lallemand,. Paris, 1836 in-8e,
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testicules sécrètent une plus grande quantité de sperme, parce qu'ils sont irrités ; ce sperme est plus aqueux parce qu’il est moins élaboré, et qu’il séjourne moins long-temps dansses réservoirs ; il est plus promptement expulsé, parce que les vésicules séminales sont plus sensibles à l'impression produite par la présence de la liqueur spermatique, et entrent plus facilement en action. »
» Les contractions spasmodiques dont elles deviennent le siége commencent par provoquer trop promptement l’éjaculation, soit dans l’acte vénérien, soit à la suite de rêves lascifs, ce qui rend le coïit précipité, incomplet, et les pollutions nocturnes très fréquentes. Plus tard la faiblesse et l’exaltation de la sensibilité augmentent, le sperme devient plus abondant, plus liquide encore, les contractions convulsives des vésicules séminales sont plus répétées ; alors les approches d’une femme ou seulement une image voluptueuse, une pensée érotique, suffisent pour provoquer une éjaculation; mais le sperme n’est plus lancé avec force, l'érection n’est jamais complète, et le plaisir est presque nul.
» Ces contractions fatales finissent par être provoquées par des causes encore moins directes ; les malades les sentent venir au moment où ils y pensent le moins; ils en redoutent les conséquences,
et cependant, ils ne peuvent les empêcher, Enfin, il
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est des cas dans lesquels l’affaiblissement et la susceptibilité des organes génitaux sont portés au point de constituer un véritable diabètes spermatique’ (1).»
(1) Nous rapportons avec quelques détails la description des symptômes qui accompagnent la spermatorrhée, parce qu’il nous paraît important de connaître la nature de ceite maladie, même à l’époque où l’on ne peut rien conclure de l'aspect de l’écoulement. Nous attachons beaucoup de prix au travail de M. Lallemand : ce savant médecin a bien mérité de la science pour avoir fixé l’attention de ses confrères sur une maladie si obscure, et qui peut si souvent amener les malheureux au tombeau. Nous avons la conviction que c’est par suite de cette maladie qu’a succombé un de nos malades à qui nous donnions nos soins il y a 15 mois, conjointement avec les médecins les plus distingués de la capitale. C'était un officier au service du roi des Belges, d’une constitution forte, athlétique. Des excès vénériens (le malade n’accusait pas cette cause, mais j'ai su depuis qu'elle était la principale ) l'avaient réduit à un affaiblissement tel, qn'il pouvait difficilement traîner son corps. Les muscles s'étaient atrophiés, et il en était resté à peine une mince enveloppe qui couvrait les os. Les veux étaient excavés, les pommettes couvertes d’un masque jaune; la constipation était opiniâtre; inappétence, insomnie presque complète, quelquefois une légère transpiration , tous les symptèmes de l’hypocondrie, et en même temps un léger écoulement d’un liquide laiteux par l’urètre.— Impossibilité d’érection, le tableau le plus voluptueux ne pouvait pas même exciter le désir du coît,
À ces symptômes, un médecin vit les tubercules miliaires