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EXPLORATION DE LA CHALEUR

calorification de ces parties ou de l'énergie avec laquelle elles résistent au froid. Tout le monde connaît l'expérience de Hunter avec l'oreille d’un lapin qu’il parvint facilement à geler, maïs qu'il ne put geler une seconde fois, lorsqu'elle fut préalablement enflammée par la réaction dn dégel. Lorsqu'on tient à découvert deux parties dont la température est égale à l’état normal, et dont l’une est affectée d’érysipéle, la température de la partie saine s’approche de plus en plus de celle de l'air ambiant; la tenfpérature de l'érysipèle, au contraire, reste à peu prés stationnaire. C’est là le motif principal de l'augmentation de chaleur que ressent si souvent la main appliquée sur les régions enflammées ou Correspondant aux organes enflammés. Souvent alors la chaleur peut nous paraître très intense, sans qu’elle le soit réellement. Le thermomètre n’indique qu’une faible différence entre le degré actuel et celhi de l'état de santé; cependant cette différence n’en est pas moins prononcée relativement à d’autres parties qui, n’étant pasenflammées, perdent plus facilement leur calorique par le contact avec des corps plus froids.

La calorification générale peut, comme celle des parties isolées , devenir quelquefois plus énergique. Mais, dans ce cas comme dans le précédent, l'augmentation de chaleur sensible au thermomètre consiste, à peine, en quelques degrés de différence. D’aprés des expériences assez nombreuses faites par M. Donné, il paraîtrait que, dans les affections même les plus fébriles, telles que la pneumonie ou la fièvre typhoïde, la chaleur générale ne dépasse jamais 40 c.

Lorsqu'on songe à la difficulté qu'éprouvent les malades atteints de ces affections à calmer, au moyen de boissons rafraîchissantes, la soif excitée par la chaleur, on est très porté à croire que la force de résistance au froid doit être augmentée dans ces maladies, comme nous l’avons vue augmenter dans les parties enflammées. Quoique l'augmentation de la chaleur générale se lie assez souvent à l'accélération du pouls et de la respiration, les expériences de M. Donné ont démontré ce que l'observation tant soit peu attentive pouvait déjà nous faire présumer , qu’il n’y a pas de rapports intimes entre ces trois fonctions de l’économie. Ayant choisi un chiffre qui représente le nombre des pulsations par mifute, et un autre lui correspondant qui représente le degré de la chaleur, on voit dans les tableaux de M. Donné (Loco

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citato), que le plus souvent il n’y a aucun rapport entre le pouls, et le degré d’élévation ou d’abaissement des deux chiffres, que le chiffre du pouls restant le même ou ayant diminué, celui de la chaleur augmente, et vice versd : et si quelquefois on voyait la température s'élever avec l’accroissement de fréquence du pouls, ce n’était que dans les maladies qui n’affectaient pas spécialement les organes de l’hématose, et qui ne troublaient pas d’une manière notable le système nerveux. Et encore il faut ajouter qu'alors même, il n’y avait pas de rapport entre le degré de diminution ou d'augmentation de la fréquence du pouls. C’est ainsi que le pouls étant, par exemple, à 90, le thermomètre marque 39°, et dans un autre cas, le pouls étant à 108, ce qui ne constitue pas encore un chiffre trés élevé dans l’échelle des pulsations , la chaleur montait à 400, ce qui est le maximum de la chaleur anormale. Les mêmes disproportions s’observent encore entre la chaleur et la fréquence de la respiration. Pour le‘prouver, il nous suffirait de rappeler les cas des affections organiques du cœur où la respiration est souvent très génée et extrémement fréquente, lorsque la chaleur, au lieu d’être élevée , peut subir quelquefois un abaissement sensible, au moins dans certaines parties, Mais une circonstance remarquable, c’est que le même défaut de rapport s’observe encore dans l'énergie de lhématose et la chaleur. Ainsi dans les tubercules où la fonction de l’hématose est extrêmement génée, chacun sait que la chaleur subit un accroissement considérable, au point d'occuper le plus souvent, le degré intermédiaire entre 38 et 390, et quelquefois même on l’a vue atteindre 400.

Au lieu d'augmenter, la température générale ou partielle peut diminuer plus ou moins sensiblement. — Dans les maladies du cœur avec un obstacle considérable à la circulation, les extrémités deviennent généralement plus froides que le reste du corps. Ilen est encore de même dans quelques affections aigües. Tout le monde même sait que c’est un signe d’un pronostic très fâcheux, comme l’a déià remarqué Hippocrate (in acutis, frigor extremitatum malum).

Dans la gangréne, on observe aussi l’abaissement de température dans toute l'étendue de la portion gangrenée. Si de deux membres, l’un tombe en gangrène, la différence ne sera pas seulement entre la température de la portion gangrenée.

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et celle de la partie correspondante du membre sain, mais elle se remarquera encore, quoiqu'à un plus faible degré, un peu au-delà des limites de la gangrène. (Voyez les expériences de M, Blandin faites à l’'Hôtel-Dieu, publiées par M. Boinet, un des internes des plus distingués (Gazette médicale, 1836).

L'abaissement de la température s’observe encore dans les membres paralysés, ce qui nous porte à penser que si le systéme nerveux n’est pas tout dans la calorification, camme le prétendait Brodie, son influence joue au moins un grand rôle dans l’accomplissement de cette fonction.

Une sensation de froid, un peu forte et durable, sur le sommet de la tête, est, d'aprés M. Double, un des principaux

signes des affections bystériques. Dans quelques maladies

graves, et surtout dans les fiévres continues, la répartition de la température est tellement inégale, que des parties du corps exposées aux mêmes circonstances, quelques unes paraissent trés chaudes, tandis que les autres font éprouver un froid glacial. C’est un signe mortel que le froid de lextérieur du corps dans les fièvres continues, pendantque les malades ressentent une chaleur brûlante à l'intérieur. {In febribus non intermittentibus , si partes exteriores frigeant , interiores urantur, et sitim habeat , lethale. Hipp.)

Au lieu de se borner à certaines parties du corps, Fabaissement de température peut quelquefois devenir général. En effet, un des caractères de la période algide du choléra, est le froid de la périphérie du corps et de l'intérieur de là bouche, sensible au tact et au thermomètre. Gel abaissement notable de température peut s’expliquer, comme le remarqué M. Bérard, par la suspension ou diminution considérable de la calorification, ou en d’autres termes, par l’affaiblissement de la faculté de résister à l'influence de la température des corps ambiants. (Répertoire des Sciences Médicales , art. Calorification ). Enfin le froid ou la chaleur peuvent suivre une marche continue, rémittente ou intermittente. La pres miére forme s'observe, en général, dans les fièvres conti nues. Dans beaucoup de maladies accompagnées de l’augmentation de température, on voit celle-ci, calmée pendant le jour, s'accroitre de nouveau vers le soir ; c'est ce qui

. constitue les redoublements de la fièvre.

Selon Gattenhoff, cité pax Dance, dans son Guide pou

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