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aîûés donnent aux jeunes tendresse, compassion et protection, là fleurissent aussi toutes les vertus, et la nation est en sûreté. La dégénérescence nationale commence avec la décadence de la vie de famille, et le manque de respect envers les parents précède Lanarchie dans la nation.
Les liens naturels qui existent entre les membres d^une même famille sont le modèle de tous les autres. On se sert du nom de « Père » lorsqu’on fait appel à la puissance et à la compassion divines ; le nom de « Mère » est celui que Ton emploie lorsqu’on recherche la tendresse divine ; le nom de « Frère » est celui avec lequel on demande assistance au Dieu incarné ; le nom de « Fils » exprime la douceur la plus compatissante envers le pécheur et envers celui qui souffre. Ce qui est dû à Dieu dans le monde, au roi dans l’État, est dû aux parents dans la famille, et le respect filial donne naissance à la loyauté dans FÉtat et à la piété dans le monde.
Le RESPECT envers les maîtres est l’expression naturelle de la gratitude dont nous débordons pour ceux qui nous ouvrent les portes de la connaissance et aplanissent la voie à nos pas mal assurés. L’office d’éducateur est, après
celui de père et de mère, le plus important par son influence capitale sur l’avenir de la nation. YJobéissance, la volonté de se laisser instruire, sont des vertus que fait naître aisément chez l’enfant l’éducateur digne de ce nom, et la confiance vient facilement Iqrsqu’elle est amenée par la douceur et la patience, qui sont les vertus correspondantes chez l’éducateur.
Mais les rapports de l’enfant avec les parents et les maîtres sont empoisonnés et détruits lorsque la crainte (qui est la forme revêtue par la haine vis-à-vis des supérieurs), prend la place de l’amour. La crainte transforme ces rapports naturellement agréables et joyeux,en rapports tristes qui font naître chez les jeunes ces vices nombreux, tous dérivés de la crainte, qui sont la lâcheté, la fausseté, la méfiance, le soupçon, la servilité. Lorsque la crainte est moins forte c’est Y arrogance et Yinsolence qui gâtent les rapports avec les parents et les maîtres, et celles-ci provoquent l'exercice de la force sous forme de tyrannie, de sorte que l’abîme se creuse de plus en plus entre les aînés et les plus jeunes.
Les vieillards forment la dernière catégorie de nos supérieurs naturels, et un tendre respect pour eux est une des plus charmantes
qualités de la jeunesse vigoureuse et forte. Le respect de l’âge a toujours été considéré comme un devoir dans les civilisations antiques, et il conduit à cette gracieuse vertu la modestie qui n’est qu’une forme de Vhumilité.
Lorsque cette vertu existe chez les jeunes gens, les vieillards mettent facilement leur propre expérience au service de ceux-ci. La douceur respectueuse que témoigne la force physique à l’égard de la faiblesse physique, est récompensée par le don de l’expérience et de la pensée mûries, qui viennent alors enrichir la légèreté de la jeunesse. Le manque de respect, la vanité et Yimpatience sont des vices qui gâtent les rapports entre les vieillards et les jeunes gens, et font que ces rapports deviennent désagréables, au lieu d’être utiles aux uns et aux autres.
Celte catégorie de vertus provenant des rapports avec les supérieurs est, au total, celle qui manque le plus dans notre civilisation moderne, laquelle a tendance à déprécier plutôt qu’à admirer la supériorité. Ces vertus appartiennent surtout à une société bien ordonnée, hiérarchisée, et accompagnent les loisirs plutôt que la hâte. Ce sont les vertus qui donnent de la grâce et de la douceur à la vie, les ver-
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tus qui caractérisent rbomuie et la femiae bien élevés, à tous les degrés de la société. Ceux qui les possèdent ne sauraient être ni vulgaires, ni vils, quelle que soit leur position ; ceux qui ne les possèdent point sont vulgaires et mal élevés quel que soit leur rang social. Elles appartiennent à la vie chevaleresque et noble, qu'elles se rencontrent dans la chaumière ou au château, et elles sont la marque de la culture par opposition au seul savoir.
L'homme savant peut être brusque, rude, et avoir de mauvaises manières ; l’homme cultivé est toujours poli, doux et affable. Elles accompagnent le respect et la maîtrise de soi-même, et distinguent l'âme hautement développée. Si la démocratie moderne ne veut pas faire des divers pays de véritables fosses aux ours (et beaucoup de signes dans la façon dont sont conduites de nos jours les luttes publiques, semblent indiquer un pareil retour à la sauvagerie), ces vertus devront être sérieusement inculquées à Técole et dans la famille, pendant les périodes si plastiques de l’enfance et de la jeunesse.
« Car les bonnes manières ne sont pas choses superflues,mais le fruit d'une nature loyale »
et d'un noble esprit*.