Saint Luc, VI
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tus qui proviennent de la bonté et qui font aimer celui qui les possède de tous ceux qui rapprochent ; chaque jour répand sur notre chemin des occasions de les mettre en pratique. Aider une mère embarrassée en faisant monter à ses enfants Tescalier d^une gare, porter un paquet pour un étranger trop chargé, guider une personne qui a peur de traverser une rue encombrée, toutes ces petites choses font du bien au cœur de ceux qui souffrent, et rapprochent les humains les uns des autres.
U hospitalité est de la bonté vis-à-vis des étrangers, c’est l’amour qui s’épanche sur ceux qui ne sont jias de la famille, ou, suivant Texpression biblique fréquemment employée, sur « Tétranger qui est dans tes portes », ou encore, ainsi que le dit Plslam, sur « le fils de la route ». Dans l’encombrement de la vie moderne, cette gracieuse vertu est par trop tom bée en désuétude^ et l’hôte imprévu, loin d'être le bienvenu, est reçu avec ennui. Et cependant il est écrit : « De Pherbe (pour s’asseoir), de la place, de Peau, et quatrièmement une bonne parole, ces choses ne manquent jamais dans la maison des justes T »
LES RAPPORTS AVEC LES ÉGAUX lit)
La TOLÉRANCE la plus large a sa source (ainsi qu'on Ta indiqué au chapitre IV) dans le respect du Dieu qui vit et se meut en tous. Nul homme n’a le droit de dominer son égal, ni de restreindre, ne fût-ce qu’en paroles, la pleine liberté de pensée et d’action d^autrui. Le Soi a mille façons de s’exprimer dans l’homme, et imposer à autrui ses propres opinions et sa propre manière d’agir est une impertinence. L’individualité est le précieux résultat acquis grâce à l’évolution dirigée par ce Soi ; elle doit être respectée dans toutes ses manifestations divines. L’autorité légitime, exercée par le chef de l’État, a le devoir de retenir l’individu quand celui-ci se mêle activement et à tort des affaires de ses voisins ; chacun a le droit de repousser les atteintes dirigées contre la souveraineté du Soi qui est en lui, mais il ne doit pas davantage attenter à la liberté du Soi dans les autres.
La tolérance n’implique pas l’acquiescement passif aux torts infligés aux faibles par les forts ; une intervention active pour empêcher ces torts a pour but de protéger et de respecter la souveraineté du Soi encore trop peu affermie pour se protéger elle-même ; une telle intervention est par conséquent du devoir de
tous les membres de la société, elle n"est en somme autre chose que la 'protection que nous devons à tous nos inférieurs, et n^a nullement pour effet d^attaquer la souveraineté du Soi ni son expression, mais au contraire de les garantir toutes deux.
Vient ensuite un groupe de qualités de la même famille, qui sont toutes des formes de I’honneur (lui-même un des aspects principaux de la vérité), à savoir : la droiturCy la franchise^ V honnêteté y la loyauté^ la probité^ la fidélité^ la solidarité; ce sont les qualités inestimables qui caractérisent le bon citoyen dans ses rapports avec ses semblables. 11 est franc, ne cache jamais son jeu, ne cherche jamais, dans les affaires, des profits malhonnêtes, ne trompe jamais son voisin pour gagner quelque chose; ses actes sont honnêtes, on peut se fier à sa parole, il tient ses engagements, et est toujours prêt à coopérer au bien général.
Les voisins de Mahomet, avant que celui-ci ne fût devenu le Prophète, l'appelaient « le loyal », ce qui était la plus haute façon de reconnaître ses vertus sociales, et quand tout étonné, il doutait encore de Tappel divin, sa femme Kadijah lui fit comprendre que Dieu ne
voudrait pas tromper un homme qui n’avait jamais trompé les autres.
Là où se trouvent ces qualités, la communauté ou la nation est prospère et respectée ; car si pour un temps il semble que riionnêteté absolue soit un désavantage lorsqu’on a affaire à des âmes viles, et que dans ce cas il vaudrait mieux se mettre à leur niveau et répondre à la ruse par la ruse, aux tromperies par les tromperies, en fin de compte pourtant, c’est la vérité qui triomphe, non l’imposture, et le perfide qui a semé le déshonneur récolte une moisson de ruines.
La MAGNANIMITÉ, l’iNDULGENCE sout des vertus qui neutralisent le mal que font les membres malfaisants d’une communauté, en causant des torts aux autres. La magnanimité est lente à s’apercevoir du mal, elle fait toujours crédit de bons motifs, n’est point soupçonneuse. Quand le mal est fait, elle le voit avec sa véritable nature et ses véritables proportions; elle reconnaît, qu’appartenant au niveau du soi inférieur, il est de peu d’importance, et indigne d’attirer vraiment l’attention de celui qui s’occupe des réalités. L’homme magnanime a de la vie une vue large ; il fait une part généreuse aux faiblesses de la nature humaine, tout en s’effor-
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çant, lui, de vivre à un niveau plus élevé.
L^indülgence (la magnanimité en action), redonne à Toffenseur Tégalité qu^il avait perdue par sa mauvaise action, et comble Tabîme qu’il avait ouvert. Toutes deux sont la conséquence de la GÉNÉROSITÉ qui garde le souvenir de tous les bienfaits reçus, et oublie les torts causés, sachant que les bienfaits viennent de rEsprit, du Soi, et sont par conséquent d’essence permanente, tandis que les torts appartiennent à la matière, au Non-Soi, et sont par conséquent transitoires.
Vnrhanité est l’expression extérieure, physique de la nature généreuse, magnanime ; elle est le résultat, la preuve du respect pour le Dieu qui est en tous, en nous-mêmes comme chez les autres. Elle est à la base des bonnes manières, et réussit à unir les cœurs, à mettre de l’huile dans les rouages de la machine sociale, de façon à ce que celle-ci travaille facilement, et avec le moins de frottement possible.
Les vices provenant de Témotion-haine entre égaux, se montrent chez les sauvages sous forme de meurtrej de voly de violence physique de tout genre. Mais ce sont là les formes de la COLÈRE portée à son paroxysme physique et
elles ne se trouvent guère parmi les gens civilisés. Cependant la colère dans ses manifestations moins excessives se trouve à la base de la plupart des troubles qui désolent familles et nations. « Triple est la porte de cet enfer, et destructrice du Soi, la luxure, la colère et l’envie ; que Thomme renonce donc à ces trois choses S
A la bonté s’oppose directement la dureté qui commence par de mauvaises pensées au sujet des autres, et se manifeste par des paroles malhonnêtes et blessantes, par Idimauvaise humeur^ VirritabilitéaigreuryVimpatience^ etc., qui toutes désunissent les hommes, et grâce à la loi d’action et de réaction, tendent à se perpétuer. Ce sont là des fautes communes dans la famille et dans la nation, et elles répandent le malaise et la tristesse dans toutes les directions.
En opposition à la courtoisie et à Tamabilité, nous trouvons Vimpolitesse et la rudesse ; ce sont les signes d’une nature faible et peu développée, qui a conscience de sa propre infériorité et qui revêt un aspect agressif, afin de faire croire aux autres qu’elle est forte.