RENAISSANCE ET RÉGÉNÉRATION
L'idée d’avoir placé ces deux grands personnages, en manière de conclusion, à l'issue de la Renaissance italienne et au seuil de l'avenir, me
| paraît singuhèrement haute. En se mirant l'un dans l’autre, ils résument leur propre vie ; et en la résumant, ils prononcent une sorte de jugement dernier sur leur siècle. Ce jugement est a la fois la condamnation de l'idéal social de la Renaïsnaissance et l’apothéose de son rêve d'art, mais au nom d’un principe nouveau qui lui fut étranger.
Que voulut en effet la Renaissance ? Elle découvrit l'antiquité grecque el latine, elle sut l'évoquer et la faire revivre à l’œil et à l'esprit des temps modernes, comme un principe d'humanité libre et d’impérissable beauté. Elle inventa l’humanisme et l’hellénisme : c’est sa gloire immortelle. Par malheur les grandes époques traînent de grandes erreurs derrière leur char de triomphe. La Renaissance crut pouvoir appliquer l’art et la beauté, comme un vêtement de luxe, sur sa vie féroce et corrompue pour se rendre forte et belle. De là ces tyrans platoniciens, ces condottières dilettantes, ces prélats érotiques, ces peintres athées de la