‹ Précurseurs et révoltésChapitre 119 sur 148 · TT A · texte numérisé non relu

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Vierge et du Christ, ces humanistes, valets de princes criminels, ne parlant que de Tite-Live et de Plutarque, déclamant sur Brutus et Caton. De là enfin la banqueroute morale, sociale et politique de cette civilisation, où un faux hellénisme recouvrait un christianisme hypocrite,

Que firent, au contraire, Michel-Ange et Vittoria Colonna, chacun dans sa sphère ? Chez eux, on trouve le double effort de la Renaissance et de la Réforme fondu en une seule ét même vie. Ils transformèrent leur propre nature jusque dans ses racines, ils se renouvelèrent de fond en comble par l’effluve mystérieux de Îa vie intérieure, par la puissance du sentiment et de la volonté. L’une fit de l’amour et de la charité un art, l’autre fit de l’art un exemple de force, un moyen d’ennoblissement, une religion. C’est en quoi ils dépassent l'idéal de leur temps et atteigent l'idéal des temps nouveaux.

Au principe incomplet de {4 renaissance par l'art ils ont ajouté celui de {a régénération par l'äme. Devançant leur époque de trois 6u quatre siècles, ils ont résolu le plus difficile des problèmes en accomplissant en eux-mêmes Ia fusion de l’hellénisme et du christianisme, de la beauté et de la spiritualité, de l’action et de la vie transcendante. Et qui a opéré ce miracle en eux ? Leur foi consciente et active au principe immortel de l’âme, en ses pouvoirs infinis. Par elle, ils furent des condensateurs de force, des maîtres d’énergie et de beauté.

Peut-on dire que notre temps ait mieux appliqué cette vérité que la renaissance ? Nullement.

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