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Gans doute le xrx° siècle l’a formulée plus glorieusement qu'aucun autre par ses musiciens-prophètes, par ses, poètes de génie et par quelques rares penseurs-comme Émerson, Carlyle où Amiel, qui ont eu la divination des forces secrètes et transcendantes de l'être humain. Pas plus que le xvr° siècle, le xix° siècle n’a réalisé son programme. Bien des causes, parmi lesquelles la plus lourde est son matérialisme scientifique, l’en ont empêché. Voici la confession loyale d’un des plus crands positivistes de noire, temps : « L'humanité, dit Herbert Spencér dans son dernier livre (1), s’abrutit et se démoralise, elle se sert de l’enseignement pour désapprendre à être honnête et noble. Et cela vient de ce que nous ayons identifié la vie avec la raison. Nous avens attribué à la pensée une importance qu elle est loin d’avoir dans notre vie intérieure, et. nous avons tout subordonné. au culte de la raison, qui,en réalité, ne Joue et ne peut jouer qu'un rôle secondaire. L'élément essentiel de la vie n’est pas la raison, mais le sentiment dans son double rôle de sentiment (il faudrait dire ici d’intuition) et d'émotion. » Cet aveu est précieux de la part d'un penseur qui a fondé sa philosophie sur l'intellectualité pure et. sur la science de: la matière. Notre temps, qui réclame ce qu’ilappelle la justice sociale, comme la Renaissance réclamait la beauté par l’art, ne se doute pas que celle-là n’est pas plus possible que l'autre sans la connaissance profonde des âmes, qui établira leur hiérarchie par leur degré d'évolution.
(1)-Facts and comments (1903).
Les grands exemples héroïques sont restés presque tous isolés etimpuissants dans l’histoire. Ils rayonneront davantage lorsqu'on aura mieux compris leur source.
Cette fo1 superbe dans l’âme, dans sa vertu créatrice ét régénératrice, est une exception dans l’œuvre de Gobineau lui-même. Car elle est en contradiction avec sa théorie exagérée et décourageante des races, avec le pessimisme noir qui assombrit toute son œuvre. Ne lui en sachons que plus de gré d’avoir su, en un Jour d'inspiration, exprimer cette noble foi, à travers les grandes figures de Michel-Ange et de Vittoria Colonna, qui lui apparurent, lumineuses consolatrices, au pays scandinave, où l'aurore boréale darde sa couronne d'éclairs vers le sud comme l’éternelle nostalgie du pôle glacé vers le midi brûlant.
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