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dans de moi ». Sur le devant, la plus fière des neuf Muses élève dans sa main une branche de laurier, qu’un griffon au bec crochu regarde avidement. Dans cette grave descente des sœurs mélodieuses, tout exprime l'inspiration divine qui s’aténue et se matérialise en s'éloignant de sa source. Le peintre accentue l’idée par la gamme des couleurs, qui va du bleu pâle, dans le haut, en un ruissellement de jaunes et de violets sur les robes des Muses, jusqu’au pourpre foncé du sol, qui rougeoie au soleil couchant. L’œil glisse de l'éther de la pensée au sang chaud de la vie.
| Une idée parallèlement inverse éclate dans Île | pendant de ce tableau, Hésiode et les Muses. Le | jeune berger s’est éveillé par une fraîche matinée | près d'une source de l’Hélicon, aux accents déli- | cieux de voix cristallines, mêlées au frémissement | de la cithare. Il se lève ébloui. Neuf jeunes filles, | d’une grâce et d’une audace virginales, l'entourent de leurs jeux adorables et de leurs voix sono- | res comme d’une guirlande vivace et parfumée. Les unes cueillent des narcisses près de la source; | une autre agenouillée lui tend une couronne de roses ; une autre lui offre la lyre. Toutes ont l'air de lui dire : « Prends ces trésors, tu es le poète élu des Dieux » ! Hésiode lui-même rayonne de tout le charme de la jeunesse, de la force et de l'innocence. Dans ce chœur de jeunes filles, ivres d’un dieu invisible, lui-même a l'air d’une grande vierge déguisée en adolescent, pirginius tnler virgines, La tête inclinée, les bras ouverts, 1l regarde la Muse agenouillée qui lui présente la couronne et n'ose la prendre, inconscient encore de sa haute î
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