EM “4 RES
SPP RE M RES RER ee ee EE OS GE té RE SES SE COS DORE EE PO STRESS OS CCR: OUR de
montagnes du Cithéron, mais dans l’espace sans bornes. L’audacieux qui a voulu conduire le char du soleil dégringole entre les constellations du Lion et du Serpent. Ses chevaux ont pris peur, le chat s’est renversé. La main du conducteur essaye de s’accrocher aux rênes, mais tout s'effondre sous lui. Ses jambes raidies, ses bras étendus ne touchent plus rien. D'épouvante, ses yeux lui sortent de la tête. Echevelé, il tombe — il tombe dans le vide. Les deux constellations, le Lion et le Serpent, changées én monstres, le poursuivent dans sa chute. D’en haut, un lion de feu, un lion-soleil fond sur lui pour le brûler. D'en bas, une salamandre noire se drésse pour l’engloutir. Ainsi, dans la chute éperdue, labime ténébreux et le ciel étoilé ont pris corps et hallucinent l'infortuné. Car il tombe — il tombe toujours dans l’espace vertigineux et sans fond. Et sous lui, ses chevaux affolés, déchirant les harnais, piaffent dans léther enflammé. Le coursier blanc se cabre vers le ciel, le coursier noir se précipite tête baissée dans l'abîme comme pour écarteler le char avec son maitre. — Une page de Platon serait le seul commentaire digne d’ane telle peinture. Rappelez-vous, dans Phèdre, PAme et son attelage. Rappelez-vous encore celui où le maître parle du voyage cosmique de FAme, qui, après avoir contemplé les pures essences du Vrai et du Beat, à la suite (des dieux, est forcé dé se réincarnér dans un corps terrestre. Chute effrayante ! Quoi, toujours descendre pour remonter et toujours monter pour redescendre encore? Si Pâmé n'est qu'un souffle éphémère, pourquoi la consciéence qu'elle a de Dieu ? S1 elle est immor-
y sam -
telle, où commence, où finit son voyage ? Pour évoquer, à travers un mythe, de telles pensées, 1l faut une singulière puissance plastique. Ici, Moreau nous donne à la fois l'ivresse et le vertige de l'Infini, le désir et l’effroi de la vie éternelle.
3. Jupiter et Sémélé. — La légende thébaine raconte que Sémélé, fille de Cadmus, aimée de Jupiter, lui demanda de se révéler à elle dans sa majesté divine. Le dieu consentit. Sémélé mourut foudroyée de l’étreinte ; mais de leur union naquit Dionysos, l'enfant des saints mystères, l'initiateur des célestes renaissances. — Dans l’œuvre de Moreau, Jupiter, porté sur l'aigle de son désir qui franchit le temps et l’espace d’un vol égal, trône dans la pénombre du ciel étoilé. Le serpent du feu astral ceint sa tête d’un triple anneau ; les signes du zodiaque gravitent autour. Sa droite, élevée à la hauteur du front, tient le sceptre ; ca gauche est posée sur la lyre qui règle l'harmonie des sphères. Sa face rayonne de majesté ; sa bouche respire la volupté créatrice ; ses yeux fixes remplis du rêve des mondes, sont doux comme l'amour et terribles comme la foudre. Une femme nue gît renversée sur le genou droit de Jupiter. Sa taille est d’un enfant auprès de celle du dieu gigantesque, mais sa beauté est d'une déesse. D'un geste et d’un regard extasiés elle mesure son époux prodigieux. Mais déjà un torrent de feu l'enveloppe ; ses pieds et ses mains ne sont plus que des flammes et son corps lumineux va se dissiper dans l’espace comme une comète. Cependant du regard de l’Ineffable, qui l’a fait mourir, un
a tn me tm + mt er 2 0
uns À 4 Le
OL en LRO SEE RE SR O7 DR RUES +
me