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tôt que de fonder la fortune de sa ville natale et la sienne sur l’empoisonnement des étrangers, se brouille avec tout le monde et se fait lapider par les prétendus honnêtes gen is, [bsen n'est jamais plus fort que lorsqu'il combat l'hypocrisie sociale et la lâcheté des G'est lorsqu'il s’agit de faire vivre ses héros de leur vie nouvelle et de prouver la fécondité de leurs idées que commencent ses incertitudes et ses tatonnemeñts. Bientôt il devait s’en rendre compte lui-même.
Il oi qu ‘après tous ces draés de combat, avec lesquels Ibsen remporta ses premiers succès dans sa pairie, deux symptômes inquiétants se produisirent dans les pays scandinaves. D’une part, dans le monde des femmes émancipées ou qui prétendaient l’être, le mouvement féministe s’enfla jusqu à une haine furieuse et comique du sexe masculin. D'autre part, un certain nombre d’éner: sumènes et de névropathes, à la tête desquels se plaça Strindberg, détlarèrent une guerre sans merci au sexe féminin. La. littérature ‘scandinave laisatt alors de la société une 8i sombre peinture qu à l'en croire on eût pu se demander si la lugubre prédiction d'Alfred de Vigny, dans La Colère de
Samson, n'allait pas se réalisér bientôt :
Et se jetant de loin un regard irrité Les deux sexes mourrônt chacun de son côté.
Ibsen s'effraya de cet état de choses, et ce fut pour lui l’occasion de cette volte É dont j'ai parlé plus haut. Cette marche en arrière, qui caractérise la deuxième période de son combat
social, se marque surtout dans Le Canard saupage et dans /ledda (Grabler.
Si intéressantes que soient ces œuvres, au point de vue psychologique et dramatique, Ibsen nous déconcerte et nous déçoit. Car il a l’air de brüler ce qu'il avait adoré et dé tourner en ridicule, en la personne de Voerlé, « le jeune ütopiste atteint d'une fièvre de justice aiguë », cet idéalisme réformateur dont il avait arboré le drapeau. L'idéalisme de Voerlé, un chimérique et un raté, s'exerce sottement sur des êtres vulgaires et faibles, quin en avaient que faire. Si l’auteur a voulu duré, dans Le Canard sauvage, qué les hommes sont des malades qui ne peuvent se passer de leurs maux, on se demande s’il a voulu se moquer de son propré idéal. Il en est de même dans Hédda Gabler. Cette satire de la romantique égoïste, perverse ét malfaisanie, semble presque renier Nora. Le coup de pistolet par lequel Hedda met fin à ses flirts glacés et perfides, n’étant contrebalancé par rien dans la pièce, ressemble par trop au suicide de la femme émancipéé én général.
Celui: dont Loevherg, l’intellectuel distingué mais sans caractère, se châtie lui-même, nous laisse sous l'impression fausse et désolante d’un suicide de l’idéalisme masculin tout entier. Les commentateurs les plus autorisés du grand dramaturge not= végien;, M. Brandès et le comte Prozor, dont les lumineuses traductions et les suggestives préfaces ont tant fait pour la compréhension d'Ibsen en France, nôus tépondraient sans doute que le poëte n’àa voulu montrer ici que la banqueroute de l'individualismeégoïste et anarchique, non de lindividuus
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