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Maeterlinck est comme Ibsen un individualiste
irréductible. Autant que lui :il méprise Îles apparences et les conventions sociales, autant que lui 11 sest affranchi du joug écrasant de l'opinion, de la tyrannie du troupeau. Comme le Norvégien, le Belge à suivi une route écartée sans autre guide, que sa voix intérieure, sans autre but que la vérité chère à son cœur, sans crainte du ridicule, avec un profond dédain du quand dira-t-on et le calme des grands originaux en parfaite harmonie avec eux-mêmes, calme si déconcertant pour les mondains et les snobs, qui ne se dirigent que d’après les autres. Par ses défauts comme par ses qualités, Maeterlinck n’en est pas moins l’antipode d’Ibsen. Car, au lieu de s engager dans l’âpre lutte contre les vices d’une société en décadence, il s’est laissé ghsser à la dérive sur le lac enchanté de son rêve. pour aborder à cette patrie mystique de l’Ame et de l'Amour, qui est devenue pour lui une source de vie et de rénovation.
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D'après ceux qui le connaissent, comme d’après ses livres, Maeterlinck est une nature délicate et profonde, un caractère droit et renfermé, aux énergies latentes. Son compatriote, le pale et transparent Rodenbach, offrait le spectacle afiligeant d’une âme morbide, qui se désagrège sous nos yéux en sensations hallucinantes et finit par se dissoudre dans son rêve. Maeterlinck est une âme plus forte dans un corps vigoureux et sain. Sans doute, il a, lui aussi, trainé ses rêveries d'enfant le long des canaux de la Belgique, des eaux dormantes et des cités mortes, où l'âme des choses semble se dégager comme uün brouillard flottant des vieilles forêts et des maisons silencieuses. Le volume de vers, les Serres chaudes, qui fut son début en littérature, ne noùs montre encore qu'un rêveur éperdu, submergé par les fleurs du songe, curieuse et troublante végétation de fantastiques orchidées,
Sous l’eau du songe qui s'élève Mon âme a peur, mon âme a peur...
Et cette terreur de l'inconnu sera l'inspiration dominante de son théâtre. Mais lisez les livres où Maeterlinck s’est complètement révélé et vous verrez une lampe briller dans cette pénombre et rougeoyer un foyer brülant dans ce brouillard de Flandre, C’est qu'il y a chez Maeterlinck ce qu'il n'y à pas chez Rodenbach: un centre ceristalisateur et une orientation, j'entends une volonté et un idéal. Avoir un idéal veut dire avoir la foi en une vérité transcendante et absolue. Maeterlinck marche vers elle d’un pas sûr, à travers
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