‹ Précurseurs et révoltésChapitre 92 sur 148 · LE TRIOMPHE · texte numérisé non relu

LE TRIOMPHE

La représentation de fidelio et la parole animatrice du maître avaient été pour WilheÏmine Schræder le baptême du feu. Elle venait de trém per dans cet éther brülant, où le geste expressif se confond avec la musique. Elle savait parler

maintenant cette langue #; éd ite, irrésistible et universelle, si voisine du verbe divin qu'elle n’en est à vrai die que la forme humaine, non moins créatrice que l’autre, à la fois image et son, lumière et mélodie. Tous les théâtres d’ Allemagne et d'Europe s’ouvraient. À elle les hommages de l’élite et le cœur mouvant des foules ; mais qu’allait devenir son propre cœur au milieu de ce tourbillon ? Elle avait conquis le royaume mervéilleux qui s'étend au-dessus de la réalité et la dédouble en formes grandioses, mais cette réalité ne la lâchait pas. Les intrigues qui l’entouraient, le vice hideux et ricanant, aperçu dans son nilieu corrompu, lui faisaient horreur. Dès le début de sa carrière, elle éprouvait la nostalgie d'une vie intime et familiale, nostalgie qui la consuma jusqu'à sa mort, tandis que son besoin créateur et

son désir de progrès incessant trouvaient le monde

À La ;!

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