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trop étroit. Si grand était déja son dégoût des dessous de la vie de théâtre que souvent, au sortir des répétitions, elle se dérobait à ses camarades, pour se glisser en cachette dans la première église venue et prier des heures entières à genoux derrière un pilier, en versant des torrents de larmes. « Si j'avais été catholique, dit-elle, je me serais réfugiée alors dans un couvent. »
Elle se réfugia dans le mariage. À dix-neuf ans, Wilhelmine Schrœder rencontra l’acteur Charles Devrient, un fort bel homme, aux manières séduisantes, qui sut la capter entièrement.
La cérémonie nuptiale fut célébrée, en 1823, à l’église Jérusalem, a Berlin. Elle croyait avoir trouvé le port et la patrie rêvée. Claire de Glümer ne nous apprend rien sur les péripéties de cette union, si ce n’est qu’elle fut malheureuse. Parvenue au sommet de la gloire, la cantatrice avait l'habitude de dire plus tard : « Il faut que l'artiste soit malheureux pour recevoir la consécration du
énie ». Le divorce entre Wilhelmine Schrœder et Charles Devrient fut prononcé cinq ans plus tard. « Je devais me libérer, dit-elle à son amie, pour ne pas sombrer comme femme et comme artiste. » Et, pour être libre, elle ne recula devant aucun sacrifice. Elle consentit, aux yeux du monde, à prendre la faute sur elle seule et même à se séparer de ses enfants qu'elle aimait passionnément. Ils l’adoraient tous et lui revinrent plus tard. M"° de Glümer aflirme, du reste, que, malgré son humeur changeante et sa nature orageuse, la grande artiste avait tous les goûts et tous les dons d’une femme de foyer. Rien de
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